Bien que n’ayant jamais partagé l’exaltation des poètes du dimanche devant l’éternel féminin, je constate avec effroi que les femmes se plaisent toujours plus à renoncer à leur féminité. Je constate aussi que las de déchoir, usées des flagorneries et de la soumission des hommes qui par abdication de leur virilité se voient réduits à l’état de hommasses, elles ne laissent pas de soupirer après la poigne virile qui les remettra dans le droit fil. Certaines idées de mon message sont sans doute contestables. Mais ce qui vous a surtout exaspéré dans ce texte, c’est la fermeté du ton où vous avez reconnu cette voix de l’autorité dont vous frustre l’égalitarisme ambiant. Elle vous révulse en même temps qu’elle vous subjugue. Tout votre message respire cette attente d’une réponse franche et brutale, propre à ravaler votre exubérance provocatrice qu’en fait il ne vous déplairait pas de troquer contre la douceur féminine. Voilà pourquoi il me semblerait malvenu de réagir à vos piques dont une seule dans une situation normale eût dû échauffer ma bile. Je conçois les terribles débats qui vous déchirent. La pratique de l’impertinence vous a conduit à ce point de saturation qui vous fait envier toutes les formes de maltraitance. Avide d’être contemnée, vous désespérez de la faiblesse avec laquelle les liseurs souffrent vos insolences. C’est pourquoi vous m’avez désigné comme le plus propre à vous rembarrer et rabaisser votre claquet. Je vous en suis gré. Mais je me vois obligé de décliner votre invite, car il me déplairait d’être l’instrument de votre mortification.
Cordialement