d'envoyer des missionnaires là où ils étaient persécutés?
Pourtant, on devait secouer la poussière de nos chaussures, et s'éloigner avec un grand air de Dignité offensée (non la nôtre, Celle de Dieu), non?
"Dieu ne veut pas la mort du pêcheur", et son salut passe par l'Eglise.
L'Eglise cherche donc à rassembler les hommes. Pour cela, il faut leur parler, et pour les comprendre, il faut aussi les écouter.
On ne peut pas convaincre quelqu'un si on ne fait pas attention à ce qu'il sait, pense, croit.
Tout profeseur sait qu'il ne peut répondre utilement à un élève que s'il a compris ce qui gêne celui-ci.
Il l'écoute donc, et essaie de le comprendre. Et pourtant il ne fait appel qu'à la raison de celui-ci.
Pensez alors quelle capacité à écouter sans se décourager devrait être déployée pour montrer à quelqu'un ne serait-ce que les erreurs dans l'ordre naturel que contient sa religion (au sens actuel du mot).
Il n'y a peut-être (personnellement, j'en doute) pas de résultat avec les musulmans (voyez pourtant les déclarations de M. Boubakeur sur Assise 2002).
Mais contre tout espoir, il y en a eu récemment avec une branche protestante, après des siècles de discussions, débats, ou massacres. (Pourtant, on devait arrêter de leur parler, car ils n'étaient pas franchement bien disposés à notre égard).
Ce n'est peut-être pas un hasard si justement cette déclaration commune a pu être publiée dans un contexte d'écoute et de compréhension (compréhension critique, certes, mais ouverte à la discussion (sans rien concéder finalement, cette attitude n'en était pas moins nécessaire)).
Ce n'est pas parce qu'on ne nous écoute pas que nous devons cesser d'enseigner, et ce n'est pas parce qu'ils ne nous répond pas que nous devons arrêter de leur dire que nous les aimons.
Ce n'est pas parce que le professeur cherche à comprendre où l'élève se trompe, qu'il va nier ce qu'il a précédemment exposé.
De même l'Eglise peut chercher à comprendre les systèmes philosophiques ou théologiques (et elle le doit - cf Pie XII Humani Generis) qu'elle va oublier le Révélation, les Saintes Ecritures et la divine Tradition.