Veuillez accepter ma réponse misérable...
ATHANASE -  2001-12-30 17:47:26

Veuillez accepter ma réponse misérable...


Sur le latin, la position de l'Eglise, si je me réfère à un manuel peu suspect d'hérésie, est la suivante: "Au point de vue doctrinal, l'Eglise a condamné comme hérétiques ceux qui prétendaient que la messe ne doit être célébrée qu'en langue vulgaire. Conc. Trident., sess. XXII, can. 9; Denzinger-Bannwart, n. 956. C'est la seule chose définie." (DTC, 2588).


L'Eglise ne fait donc pas du latin un article de foi, mais Elle reconnaît une certaine connexité entre la défense de la Foi et la langue liturgique. Une langue immuable rend de grands de services, aussi bien sur le plan de la doctrine que sur celui de la prière. Le latin favorise le recueillement et la prière.

Il faut se garder de l'idée que, même traduite dans un langage compréhensible, la liturgie est mieux vécue et que les difficultés seraient comme aplanies. A l'heure actuelle, on voit bien que les liturgies entièrement en vernaculaire conservent un caractère hérmétique. Le paradoxe du vernacularisme est qu'il ne supprime pas le fossé, mais tend même à le renforcer. Même traduite, la liturgie pose problème et de nouvelles difficultés se posent. Je me permets toujours de citer le Dictionnaire de thélogie catholique ("DTC"), particulièrement pertinent, mais aussi prophétique: "Sur ce point d'ailleurs, un changement de discipline risquerait d'avoir des conséquences d'une extrême complexité (...). Et, pour se mettre à la portée du peuple, l'Eglise, ayant modifié sa langue, devrait modifier son texte, rompant ainsi avec sa tradition, commençant une série de variations qui ne s'arrêteraient plus". C'est en effet ce qui fut fait dans les années 60...

Quels que soient l'étendue de la crise post-conciliaire, reconnaissons un aspect positif de la situation: la question du latin a cessé d'être taboue et l'on admet parfaitement que la rectitude de la foi . L'époque est révolue où certains désertaient les églises pour une simple cause de langue liturgique.

Sur la rectitude du NOM, malgré toutes les difficultés qui peuvent se poser, tant sur la plan partique que textuel, il n'y a aucun doute à avoir: on ne peut le considérer comme hérétique. Instinctivement, le dernier des fidèles (encore que vous ne soyez que catéchumène...), sait que l'Eglise ne peut approuver une liturgie hérétique. Votre phrase ne fait que confirmer ce sensus fidei: "n'y aurait-il pas la moindre étincelle de Vie Divine dedant ?" Cette impossibilité de l'Eglise de dévier dans sa doctrine et dans son culte n'est rien d'autre que la promesse faite par Son Seigneur d'être avec Elle jusqu'à la fin des temps.

Que faire ?
Comme dans votre démarche catécuhuménale, il faut bien commencer par un commencement: pas plus qu'on ne peut ingurgiter toute la Foi catholique d'un coup (en réalité, le pourra-t-on ?), il est difficile d'imaginer que l'on puisse, d'un coup, saisir dans toute sa portée le rite tridentin sans un minimum de préparation. Il serait utile de réflechir à des liturgies préparatoires: on peut même admettre que les liturgies actuelles puissent jouer ce rôle. Certains gestes, minimaux, peuvent se révéler essentiels. L'autel tourné vers l'Orient ne serait-il pas une solution ?

Bien sûr, toute cela reste de l'ordre du moyen: je ne veux pas que vous angoissiez à l'idée que vous seriez moins bonne chrétienne au motif que le latin vous rebute.

Bon courage

ATHANASE

PS: je n'ai pas fait non plus de latin dans mon cursus scolaire. Je sens que je vais me faire tirer les oreilles...