Sur Bernanos encore
SOMBREVAL -  2001-11-27 20:09:51

Sur Bernanos encore

Merci pour cet intéressant entretien. Je pense que l'incompréhension dont pâtit Bernanos tient aussi à la difficulté extrême de ces livres. A ce titre Celine est plus facilement récupérable car plus accessible pour le lecteur moyen. Le Journal d'un Curé de campagne qui pose moins de difficultés de lecture fait partie des livres qui bénéficient de cette consigne d'admiration que tout un chacun se doit de réspecter. C'est presque un classique. Pour ma part je place très haut La joie dont on a pas fini d'épuiser la valeur. Ces essais sont intéressants mais à mon avis un peu gachés par le style. Il n'avait pas le génie polémique d'un Léon Daudet et son style est moins puissant que celui de Léon bloy par exemple. Ce n'est pas un style qui vous bouscule, qui vous remue les tripes. Il reste académique mais sans atteindre à la splendeur cristalline qui est la marque du style de Cioran. Bizarrement je le trouve aussi un peu moralisateur, prompt à dénoncer quiconque ne s'accorde pas avec ses conceptions du moment. Le problème c'est qu'il vocifère mais sans nous faire rire, au rebours de Léon Bloy. Bref au risque de choquer, je dirais que son ton parfois est déplaisant.
Quant aux critiques qui lui sont consacrées, j'ai pu vérifier qu'elles sont inintéressantes au possible. Cela n'a rien à voir avec la Sorbonne et ne peut être imputé à l'incompétence des critiques. Seulement quelque chose dans son oeuvre n'est pas réductible à l'analyse rationnelle. L'essai du théologien allemand Balthasar est à périr d'ennui. De tous les écrivains que j'ai étudiés, c'est sans doute celui qui se prête le moins à la critique littéraire, et à la critique tout court. Il faut s'en tenir à ses textes, exclusivement
Cordialement