Vos analyses ne permettent pas à mon sens de dépasser la vieille dichotomie entre la Justice de Dieu et la Miséricorde. On est en quelque sorte contraint de choisir : les jansénistes ou Thérèse. Je préfère franchement les analyses de saint Thomas sur la crainte de Dieu et son rapport à la vertu d'espérance. Il faut savoir en effet qu'il distingue la crainte servile de la crainte filiale. C'est cette dernière qui se rapporte à la vertu d'espérance. " La crainte servile et la crainte filiale n'ont pas le même rapport avec Dieu, la crainte servile le voit comme le principe qui inflige des peines, et la crainte filiale le regarde, non comme le principe actif de la faute, mais plutôt comme le terme dont on redoute de se séparer par la faute" ( S.T, IIae, question 19, art 5 )
C'est à cette crainte filiale qu'il faut tendre. " La crainte de Dieu, comptée parmi les sept dons du Saint-Esprit, c'est la crainte filiale ou chaste" et encore : " pour la crainte filiale il est nécessaire qu'elle grandisse quand la charité grandit... en effet plus on aime quelqu'un, plus on craint de l'offenser ou d'être séparé de lui".( article 1O ). on voit que la crainte servile a pour principe la peur de la peine et la crainte filiale a pour principe la charité. Cordialement