Mgr Thuc
PAU Rémi -  2001-11-02 20:52:25

Mgr Thuc

Attention! J'ai trouvé ces informations (qui semblent cependant crédibles) sur le site un peu "olé olé" Episcopi Vagantes, dont il avait été question il-y-a quelque temps, et qui répertorie les "petites Eglises" dont certaines parfaitement farfelues et/ou hérétiques. On ne sait jamais s'il faut en rire ou en pleurer.

Mgr Ngo-Dinh-Thuc (1897-1984)


Mgr Thuc est né à Phu-Cam, en Indochine, le 6 octobre 1897. Sa famille était noble, d'origine mandarinale et profondément catholique. À douze ans, il entre au petit séminaire d'Anninh ; puis poursuit ses études au grand séminaire de Hué, et enfin, à Rome et à Paris. Il obtiendra des doctorats en philosophie, en théologie et en droit canon à l'Université Grégorienne et il sera aussi diplômé de la Sorbonne. Ordonné prêtre le 20 octobre 1925, il rentrera à Hué en 1927 comme professeur de séminaire. Le Vatican commençant à créer, à cette époque, un épiscopat autochtone, choisit Mgr Thuc pour être le troisième évêque vietnamien. Il fut sacré le 4 mai 1938 par Mgr Dumortier, vicaire apostolique de Saïgon, après que Pie XI l'eut préconisé évêque titulaire de Saesina le 8 janvier de la même année. Mgr Thuc a été particulièrement actif dans le diocèse de Vinh-Long, qui avait été confié à ses soins pastoraux. Et c'est à lui également que l'Église vietnamienne doit la fondation (à Dalat) de sa première Université Catholique. En 1954, Ngo-Dinh-Diem, frère de Mgr Thuc, devient chef du gouvernement et l'année suivante premier chef d'État et président du Vietnam du Sud. Catholique et nationaliste, il était farouchement opposé au gouvernement français.

En 1960, le 24 novembre, Mgr Thuc reçoit le titre d'Archevêque de Hué (ancienne capitale de l'Annam) et celui d'Assistant au Trône Pontifical. Avec l'ouverture du concile Vatican II il part pour Rome. Le Président Diem est renversé par un coup d'État le 1er novembre 1963. Peu après Diem et toute sa famille sont odieusement massacrés. C'est à son départ pour Rome que Mgr Thuc doit d'avoir survécu à la fin tragique de sa famille.

Même ses adversaires au Vietnam considéraient Mgr Thuc comme un "excellent évêque". Toutefois, après la mort du président Diem et pour d'évidentes raisons "diplomatiques", Mgr Thuc fut dans l'impossibilité de reprendre sa charge dans son diocèse. Commença alors pour lui une vie d'exilé : "ici commencera ma Via Crucis, dans laquelle le Bon Dieu m'indiquera le tournant de ma vie", commentera plus tard Mgr Thuc (Einsicht, Mars 1982, Munich).

Le 17 Février 1978, Paul VI l'obligeait à démissionner. Dépourvu de pension il vécut dans la misère, à Rome, Casamari, Arpino, aidant les curés dans leur ministère, jusqu'à ce que des prêtres qu'il avait connus à Ecône l'invitent à se rendre en Espagne, au Palmar de Troya, près de Séville (Noël 1975). Le Palmar de Troya était un lieu ou étaient censées avoir lieu des "apparitions" de la Vierge. Ses "messages", particulièrement anti-modernistes mettaient en garde les fidèles contre la nouvelle messe et les réformes conciliaires. Mgr Thuc accorda-t-il un quelconque crédit à ces "apparitions" ? En tout cas, constatant le caractère en apparence traditionnel de la congrégation fondée par le "voyant" (Clemente Dominguez) il sacra ce dernier et quatre de ses compagnons évêques le 11 janvier 1976. Ces cinq évêques avaient bien sûr auparavant été ordonnés diacres et prêtres.

Immédiatement excommunié par Paul VI, Mgr Thuc rompit avec Palmar et obtint son "absolution". Il se retira alors à Toulon où il occupa une petite chambre, vivant dans une pauvreté extrême. En 1977, il reconsacre sub conditione, en secret, Mgr Laborie de Toulouse. Quelques années plus tard il entre en contact avec un groupe de traditionalistes de Munich qui lui font connaître le R. P. Guérard des Lauriers, O. P. Selon Sodalitium à cette époque et durant cette période Mgr Thuc, qui célébra toujours la messe traditionnelle, sauf la fois où, le Jeudi-Saint 1981, il concélébra dans la cathédrale de Toulon, était personnellement convaincu de la vacance du Siège Apostolique. C'est en effet à cette condition précise dont Mgr Thuc donna plusieurs fois l'assurance que le Père Guérard accepta de recevoir, le 7 Mai 1981, la Consécration Épiscopale. Le 17 octobre 1981, Mgr Thuc consacra également deux prêtres traditionalistes mexicains : Mgr Carmora qui était curé d'Acapulco et Mgr Zamora, religieux de La Merci. Au début de l'année 1982, il déclara publiquement à Munich la vacance du Siège Apostolique. En voici le texte, dont l'original latin a été traduit par M. Alain Le Guinio:

«De nos jours, comment l'Église Catholique nous apparaît-elle ? À Rome, règne le "pape" Jean-Paul II, assisté du Collège Cardinalice, ainsi que d'un grand nombre d'évêques et de prélats. En dehors de Rome, l'Église Catholique paraît florissante avec ses évêques et ses prêtres. Les catholiques sont numériquement importants. Chaque jour, la Messe est célébrée dans un si grand nombre d'églises, et, le jour du Seigneur, les églises accueillent tant de fidèles pour y entendre la Messe et recevoir la Sainte Communion !
Mais, au regard de Dieu, comment se présente l'Église actuelle ? Ces messes, quotidiennes et dominicales, auxquelles assistent les fidèles, ne sont-elles pas agréables à Dieu ? En aucun cas, parce que cette Messe est identique pour les Catholiques et les Protestants. Pour cette raison, elle n'est pas agréable à Dieu et est invalide. La seule Messe agréable à Dieu est la Messe de Saint Pie V que célèbrent un petit nombre de prêtres et d'évêques dont je fais partie.
C'est pourquoi, dans toute la mesure du possible, j'ouvrirai un séminaire pour les candidats à un sacerdoce agréable à Dieu.
En sus de cette "Messe" qui offense Dieu, il y a de nombreux éléments qui font l'objet d'un rejet de la part de Dieu, par exemple dans l'ordination sacerdotale, dans la consécration épiscopale, dans les sacrements de Confirmation et d'Extrême-Onction.
En outre, ces "prêtres" cités plus haut professent:
1) Le Modernisme,
2) Un faux ìcuménisme,
3) Le Culte de l'Homme,
4) L'indifférentisme religieux,
5) Le refus de la condamnation des hérésies et de l'excommunication des hérétiques.
C'est pourquoi, en ma qualité d'évêque de l'Église Catholique Romaine, je juge que le Siège de l'Église Catholique à Rome est vacant et qu'il est de mon devoir d'évêque de tout entreprendre pour que perdure l'Église Catholique Romaine en vue du salut éternel des âmes.

A Munich, le 25 février 1982
+ Pierre Martin Ngô-Dinh-Thuc, Archevêque»

Rentré en France il consacra Mgr Datessen (le 25 septembre 1982) puis s'en alla quelque temps plus tard pour les États-Unis. Il séjourna dans le monastère d'un évêque de sa lignée et fut ensuite enlevé de force par des membres (catholiques) de la communauté vietnamienne réfugiée. Mgr Thuc fut alors "mis au secret" et fort peu de personnes purent obtenir de ses nouvelles jusqu'au 11 juillet 1985 où l'Osservatore Romano publia une "rétractation" de sa déclaration de Munich ainsi qu'une "demande de pardon" pour ses consécrations "illégitimes". Par la même occasion le journal du Vatican annonçait négligemment la mort du vénérable archevêque le 13 décembre 1984 à Carthage (Missouri, USA). Étrangement le nom de Mgr Thuc ne fut jamais retiré (jusqu'à l'année de sa mort) de l'Annuaire pontifical, contrairement à celui de Mgr Lefebvre qui avait disparu de cette publication officielle après ses sacres "schismatiques" de 1988.
Certains témoignages tendraient à démontrer que Mgr Thuc, souffrant de diabète, aurait été "affaibli" par ses "hôtes" (introduction discrète de sucre dans sa nourriture...).




Extraits de l'ouvrage Le Soufre & l'Encens de Frédéric Luz © 1995


Source: http://www.geocities.com/Paris/8919/