Ce qui me gêne vraiment dans ces demandes de pardon qui à la longue deviennent vraiment lassantes, c'est l'image déplorable qu'elles donnent de L'Eglise. A mon sens cette idéologie de la repentance ne produit aucun effet bénéfique. Dans l'immédiat elle ne peut que susciter le contentement béat de nos humanistes qui pour la plupart ne maîtrisent aucune des données du problème et raffermir les fanatiques de la tolérance dans leur conviction que l'Eglise a trahi l'Evangile (vieille rangaine) et qu'elle est un vivier de criminels en puissance : "celui qui aime indûment un dieu, contraint les autres à l'aimer, en attendant de les exterminer s'il s'y refusent. Point d'intolérance, d'intransigeance idéologique ou de prosélytisme qui ne révèle le fond bestial de l'enthousiasme. Que l'homme perde sa faculté d'indifférence : il devient un assassin virtuel ( l'éternelle rengaine ) ": Cioran. J'ai visité il y a peu la maison des esclaves sur l'île de Goré près de Dakar. On y apprend que Jean Paul II, venu il y quelques années sur les lieux, a demandé pardon. Lors de la visite guidée, on ne se fait pas faute de vous le rappeler. Dans un tel lieu, chargé de souffrances, où chaque cellule vous met en face de l'innommable, vous ne pouvez qu'être effaré par la responsabilité ( supposée ou réelle, on ne peut le savoir, puisqu'on ne vous apporte aucun éclaircissement )de catholiques dans cette histoire. Dans tous les lieux de la terre maintenant, on vous apprendra que Jean Paul II a demandé pardon. Les catholiques sont responsables de tout, ils sont coupables d'exister. Ce sont des experts dans l'inqualifiable, des marchands d'esclaves, des bourreaux, des tortionnaires, des pervers sexuels, des partisans des génocides.Pour compléter la liste, interrogez un français quelconque car il est vraisemblable qu'en visitant tel lieu, il ait eu connaissance de méfaits commis par des catholiques, pour lesquels l'automatisme de la repentance aura été mis en branle sous l'impulsion de notre grand Commandeur. Avant Jean Paul II on distinguait tout naturellement l'Eglise universelle, impérissable et son personnel. Ce n'était pas une manière de se dédouaner puisqu'elle était déjà accusée de tous les maux. Dorénavant à travers Jean Paul II c'est l'Eglise qui demande pardon.