Beauté et vérité chrétiennes
DECAILLET Bertrand -  2001-10-24 16:56:58

Beauté et vérité chrétiennes

Faire du Rock l'enfant (même terrible) de Bach et de Mozart, est au moins aussi faux et complètement faux que d'attribuer à la paternité de J.-S. Bach l'art de la basse obstinée ("récurrente"? dites-vous) voire la basse continue, et à Mozart celle de la syncope. Pardonnez-moi, mais tout ça, c'est de la science-fiction...

Plus intéressant, votre question à propos de "beauté" non-chrétienne. Certainement il y a une séduction objectivement non-chrétienne (plus précisément anti-chrétienne, pour reprendre vos exemples...). C'est même le propre du Diable que de se faire "appétible", séducteur, agneau : beau. Cependant cette beauté est un mensonge, et tout le drame de la peau de brebis tient là. Dans le débat esthétique, nous oublions trop souvent le péché originel... et la faiblesse que le coeur peut avoir lorsqu'il s'allie l'arrogance de la chair.

Pour cela je dirais, quant à moi, qu'il n'est de beauté effective (sic), que celle qui relève de près ou de loin du "plus beau des enfants des hommes"... et qui nous y ramène au moins implicitement(évidemment il faudrait préciser.)

Il y a dès lors une cohérence incroyable et absolument fascinante (à l'instar de la communion des saints) entre les différents composants (tant dans le temps qu'à travers les genres) d'une culture chrétienne, cohérence ontologique, qui transcende les époques car il ne s'agit pas, bien sûr, d'exalter systématiquement le passé, ni d'ailleurs la modernité... - là n'est pas le propos.

A partir de là, oui, notre culture laïque véhicule une immense imposture, qui a disqualifié l'art chrétien (le "moyen age" notamment) au nom d'un pseudo raffinement appelé "classicisme" (Mozart) et une ensuite d'une exaltation du sentiment avec ses avatars aboutissant à Wagner... et à la "Nation"... et au rock de la nation (aie!) ... - une imposture que l'on traîne jusque dans nos meilleures écoles, croyant justement par là défendre "les valeurs" chrétiennes!

Je crois en effet, que si nous savions défendre et remettre à sa juste place l'authentique culture chrétienne qui est, dans le domaine musical en tout cas, COMPLETEMENT inconnue (en dehors des spécialistes) des catholiques, nous pourrions très bien nous passer de certaine formes hybrides telles que celles évoquées ci-dessus.

Il faut que les "traditionalistes" au moins réalisent combien leur culture "classique" n'est pas Mozart, ni Wagner, ni Beethoven (pas le chien, l'autre, comme dirait Leopard-d'or!), ni même d'abord J.-S. Bach, qui releve d'une culture certes chrétienne, mais... (là aussi il faudrait préciser - et je ne pense pas d'abord au protestantisme...)

Le fait est qu'on nous a soigneusement privé des moyens de juger d'une culture authentiquement chrétienne, et c'est justement la culture "classique" qui a sagement fait cela...

Bref, je crois que nous avons un urgent besoin de redécouvrir "notre" culture qui, de fait, est directement née et surgie de... , mais de la liturgie que nous aimons et défendons précisément! et avec une parenté bouleversante. Voilà tout!!! C'est historique : musique, théâtre, littérature, architecture, peinture... toute la beauté occidentale est née de la messe... je veux dire du Calvaire.
Ah! lorsque la Grâce vient non pas détruire, comme dit Charlier, mais dilatter la nature..., surgissent alors des épîtres comme celle chantée dimanche passé.

In hymnis et canticis
Bertrand Décaillet
_qui s'était promis ...et que vous avez pris par les sentiments, évidemment

http://www.rsr.ch/view.asp?DomID=200&clickedDate=10/28/2001