Tentative de réponse
ATHANASE -  2001-10-20 02:07:38

Tentative de réponse



Du mieux que je peux, je vous réponds.

Opposer le juridique au mystique est vain et ne peut conduire qu'à passer sous silence le Mystère de l'Eglise. C'est même tomber dans un dualisme où le charnel et le spirituel, l'âme et le corps pourraient être déconnectés l'un de l'autre. Vous revenez à une théologie préconciliaire (Bellarmin) qui, impunèment, pensait qu'on pouvait disjoindre les deux éléments. Mais deux même que Notre seigneur est vraiment Dieu et vraiment Homme, l'Eglise participe aussi de ce Mystère divino-humain. Tout en étant une société mystique, l'Eglise est en même temps une société visible, comme Notre Seigneur. Ses structures ne sauraient être passées sous silence, même si leur rôle est transitoire, mais l'Eglise n'est-Elle pas le germe du Royaume ? A partir du moment où vous croyez au Mystère de l'Incarnation, il vous sera impossible de croire en une franche dissociation de ces deux éléments. Bref, les deux éléments sont coextensifs.

Sur la carence des autorités, je vous répondrai dans deux directions:

- il y a d'abord la "carence défaillance" où l'autorité, sciemment, ne répond plus à sa mission. La solution est simple: l'autorité cesse alors d'être l'autorité. La nature ayant horreur du vide, les "agents provisoires" deviendraient à leur tour cette autorité légitime. Les théologiens sont presque unanimes à reconnaître que le pape hérétique cesse d'être pape;

- il y a la "carence empêchement": l'autorité, pour des raisons matérielles et techniques, ne peut agir. Ce cas s'est déjà produit dans des hypothèses de persécution: on peut supposer que, si les circonstances étaient normales, elle approuverait l'agent provisoire (ordinations, etc...). Celui-ci agit sans l'aval de l'autorité, mais pas contre son aval. Le cas du "titre de fait" correspondrait à cette hypothèse: dans des circonstances exceptionnelles (guerre civile, etc...), l'autorité normalement compétente était dans l'impossibilité d'agir.


Merci de mes remémorer des souvenirs de droit administratif !