Je ne crois pas que, parce que l'Eglise était malade malgré les condamnations de son autorité avant, et avec le consentement et l'appui de celle-ci après Vatican 2, il faille dire que avant ou après c'est pareil, et plus grave encore, qu'il faille du coup s'abstenir de dénoncer la maladie, sous prétexte d'esprit filial !
Le sophisme est de taille et est exactement la cause de bien des erreurs et glissements de braves catholiques. Le problème n'est pas la critique, mais la raison justifiée (encore plus après qu'avant) de cette critique. C'est parce que cette critique est devenue nécessaire, que la situation que nous vivons est particulièrement dramatique, et ce uniquement "après", car avant cette critique venait de l'Autorité elle-même.
Il est encore plus nécessaire de montrer du doigt l'imposture lorsqu'elle revet une peau de brebis. C'est pour cela que "après", tout a radicalement changé de ce point de vue, même si la maladie est la même. Et il est du devoir de n'importe quel catholique, par exemple, de ne pas accepter d'adorer le "Dieu unique" des juifs, des musulmans quand bien même le Pape de l'Eglise catholique y inviterait.
Il faut cesser l'amalgame entre critique de l'erreur (quand bien même défendue par l'autorité) et remise en cause de cette autorité. Il y a là de l'un à l'autre une nécessaire distinction, qui précisément permet de respecter l'autorité et pour cela, au besoin, de s'opposer à l'abus de pouvoir ou l'injuste condamnation...
Cette exigence est celle des catholiques traditionalistes, qui pour ce faire ont besoin - et là nous serons certainement d'accord - de la plus grande prudence et intelligence, et de trouver appui sur des compétences objectives (le Magistère constant et non le sentiment personnel, ainsi que le clergé fidèle par exemple...)
Il n'empêche que la critique est un devoir quelquefois, et un devoir que dicte le respect même de l'Autorité comme celui de ses frères.
In Christo
Bertrand Décaillet