Vous protestez votre bonne volonté, et votre désir de favoriser la charité entre nous. Fort bien Monsieur l'Abbé! Vous dites avoir suffisamment lu sur la question. C'est assurément ce que ne laissait pas deviner votre intervention. Pardonnez donc la mienne, si elle a choisi de comprendre ainsi votre raccourci dans le jugement. Avez-vous bien compris cependant que je ne réagis qu'à une chose, qui est une accusation fort grave : une accusation de schisme, dont enfin il conviendrait de revisiter la formule et la facilité...
Non, on ne peut plus simplement balancer cela, si l'on connait un peu l'histoire de Mgr Lefebvre, à la tête d'interlocuteurs avec lesquels on cherche "des liens de charité".
Il me semble qu'il convient de commencer justement par cesser purement et simplement de commencer par la fin (la conclusion), de cesser de brandir spontanément l'accusation scandaleuse et incroyablement réductrice de "schisme". Si schisme il y a, il ne serait que la conséquence de la nullité du recours à "l'état de nécessité" etc. etc. etc. - d'autres on bcp mieux écrit là-dessus (la FSPX en effet...) - le fait est qu'on ne peut plus, si l'on est intellectuellement honnête, faire l'économie de tout cela.
Après donc avoir simplement pris conscience que l'accusation est peut-être injuste (et dans ce cas nulle, sans effet, et dès lors profondément malveillante à chaque fois qu'on la brandit), on peut en effet commencer à envisager le problème qui est peut-être la cause d'une telle accusation: "la Foi et les âmes", disait Mgr Lefebvre.
Après quoi, et en fonction de cela, condamner, ou au contraire louer, l'action de Mgr Lefebvre, en effet.
En dehors de cette perspective (la messe, l'oecuménisme, la perte de la Foi...), il est devenu complètement "compassé, clérical et vain" de brandir "le schisme", c'est une évidence.
C'est tout ce que je voulais dire, et n'ai, certes, pas le talent d'une si noble défense. Oh, oui! Monsieur l'abbé de la Rocque est bcp plus juste et compétent et édifiant! Il y a aussi le texte de l'abbé Simoulin - et l'amour de l'Eglise qui y transparait!- que vous indique si justement M. Ronga que votre affirmation a blessé tout comme moi (ça se devine à le lire), et qui a répondu avec bien plus de tact. Oh oui! je suis bien maladroit à défendre ce que je défends, mais il y a, Dieu merci!, des gens qui sont aux premières lignes et qui le font à merveille. Si on leur répondait, une fois.
Il n'empêche que comme simple pécheur et malgré mon incompétence, je suis complètement fatigué des jugements de sensation en la matière, a fortiori lorsqu'ils viennent du clergé et qu'ils impressionnent du coup les petites gens! (exemples très concrets de désinformation connus de manière pléthorique en dix ans de bons et loyaux services pour des communautés Ecclesia Dei...)
Aussi je ne me lasserai pas de redire pour la xième fois: parler de schisme à propos de Mgr Lefebvre relève aujourd'hui, soit de l'ignorance de la question (ce qui n'est pas votre cas, semble-t-il) soit de la mauvaise foi et de la volonté de condamner a priori (ce qui ne semble pas non plus votre cas).
Tant mieux, donc, et permettez-moi, pour une prochaine fois, de vous inviter, ici ou ailleurs, à plus de nuance et tout simplement de justice en invisageant le sujet, ce qui suppose d'entendre un tant soit peu la cause de l'accusé... aussi, ou alors de s'abstenir d'en parler - ce qui est aussi possible.
C'est cette affirmation "autoritaire" et phariasaïque ("Rome a tranché"... - euh... en effet, mais comment ?!!!) qui est aujourd'hui
- compassée : plus personne n'y croit..., même plus le Cal Hoyos...
- cléricale : seul un certain clergé s'y attache, clergé qui hélas a besoin de cette condamnation pour... exister. Tristesse de cette histoire, en effet dans sa particularité propre "au sein" de l'Eglise.
- vaine : parce que purement polémique et à mille lieu d'une recherche effective de discussion (le procès étant clos d'avance...), quand bien même on s'en défend pour l'image, bien sûr.
In Christo, et dans l'amour et le zèle des Pères injustement bannis et sans qui je n'aurais plus la Foi,
Bertrand Décaillet