...au sujet de cette interview :
- Phrases de bon sens et que je signe des deux mains au sujet des sacres :
" Dom Gérard, M. l’abbé Bisig, le Père de Bligniéres, Mgr Wladimir…ont eu toutes les faveurs de Rome, certainement en raison de leurs qualités, mais aussi parce qu’il fallait absolument réduire l’influence de Mgr Lefebvre, sinon la détruire et que les inonder de privilèges était un moyen pour attirer le monde traditionnel vers eux et déstabiliser la Fraternité Saint Pie X. Pourquoi donc Rome ne leur donnait-elle pas, avant les Sacres, tous les privilèges qu’ils ont reçu après ? Ils n’avaient pas moins de qualités avant qu’après. Ainsi si Mgr Lefebvre n’avait pas fait les sacres en 1988, son œuvre sacerdotale, à terme, était finie. Comment voulez vous tenir un séminaire si vous ne pouvez plus ordonner les séminaristes ? Comment voulez vous perpétuer le sacrifice de la messe s’il n’y a plus de prêtres ?"
- Un rappel utile et certainement vrai :
"D’autre part, je suis un de ceux qui pensent qu’il y a, de fait, un danger pour nous de voir ce conflit s’éterniser et de voir s’éloigner une solution d’entente avec Rome. En un mot, l’Église est une société visible et hiérarchique. Si on vit trop longtemps en autarcie, on finira par perdre le sens de ce qu’est la hiérarchie. Elle est pourtant de constitution divine. Nous sommes donc menacés, le temps passant et l’opposition demeurant, à « oublier » Rome, à nous organiser de plus en plus en dehors de Rome, à devenir un groupe autocéphale. Je ne dis pas que nous y sommes tombés. Mais il y a danger."
Que les prêtres de la FSSPX s'en inspirent et qu'ils continuent à nous donner le sens de l'Eglise, puisque les circonstances exigent notre situation exceptionnelle.
- Au sujet de Campos, je suis moins d'accord. Qu'est-ce qu'une facultas qui n'est accordée qu'à 28 prêtres ? un privilège, tout simplement. Privilège accordé à une administration apostolique, limitée en nombre et en lieu. Rien à voir avec la facultas demandée par la FSSPX d'accorder à chaque prêtre la possibilité et la liberté de dire la messe traditionnelle. Il serait à mon humble avis souhaitable de s'en tenir à la demande originelle de Mgr Fellay.
- Au sujet de l'évolution de Rome : je note d'abord que le cal Ratzinger n'a pas "évolué" puisqu'aussi loin que je me souvienne, il a toujours été favorable à la liberté de la messe et s'est toujours montré très critique sur le fanatisme avec lequel le NOM a été imposé. Pour les autres, il est bien possible qu'il y ait une évolution, je pense notamment au droit de "citoyenneté" dans l'Eglise du rit vénérable. MAIS force est de constater que cette évolution est purement verbale !
Quand le cardinal Medina était aux affaires, il a confirmé par le protocole 1411 que le rit traditionnel était interdit, et ne subsistait que par tolérance.
Cette vision injuste et fausse -il le reconnaît maintenant- a été imposée à la FSSP, par le subfertuge de quelques prêtres qui n'avaient visiblement rien de mieux à faire que de poignarder la position vraie -celle de 1986- dans le dos.
L'abbé Aulagnier peut parler d'évolution, mais quelle est l'évolution de la troisième editio typica du NOM ? Elle est progressiste ! Rien ne va dans le bon sens : les conférences épiscopales ont encore plus de latitude pour démolir la liturgie. On l'a vu aux Etats-Unis avec cette décision fausse et grotesque d'interdire la communion à genoux...
Bref, je ne suis pas en désaccord sur tout avec l'abbé Aulagnier, mais je crois tout simplement que la FSSPX attend non des belles paroles, mais des actes. Et quand Rome agit, bizarrement, l'évolution ne se fait pas, ou elle se fait dans le mauvais sens. |