« En face du petit sommet, la nouvelle basilique d’Ecône s’illumine. Cette lumière, de loin, m’appelle. Mes frères intégristes sont là. Beaucoup m’en parlent.
Je décide d’aller leur parler avant mon départ.
Après la messe (...), je pars à Ecône. Visiter la basilique n’était absolument pas mon but. Je voulais rencontrer mes frères chrétiens. J’avais averti que je voulais les saluer.
Le supérieur du séminaire, Benoît, grand et hiératique, m’accueille, avec quelques séminaristes. Soutanes strictes évidemment. Elles me rappellent celle que j’ai portée sept ans. J’y étais fort attaché. Je l’ai toujours gardée. Même si mon blouson noir est, depuis trente ans, ma tenue de combat.
Nous avons tout de suite évoqué la différence de nos looks et leur symbole. J’ai évidemment dit que je ne pouvais séparer mes engagements de prêtre et d’éducateur. J’ai affirmé ce lien intime entre ma passion de Dieu et de l’homme blessé qui m’a conduit dans une aventure apostolique où l’Eglise a su me faire confiance. Nous avons parlé du prêtre et de la beauté du sacerdoce. Pas de phrases plates pour le dire. Seulement des mots qui cachaient nos divergences pour vivre le Christ au coeur d’un monde dont l’Eglise est si loin. Une photo demandée par le supérieur nous a réunis.
“Priez pour moi”, ai-je lancé à mes frères chrétiens. Benoît m’a demandé la réciproque.
Si j’étais venu pour honorer le loubard Farinet [Robin des Bois], je me devais aussi de dire à d’autres “loubards” de l’Eglise d’Ecône qu’ils étaient mes frères aimés.
Seuls d’innombrables petits pas de l’amour nous rassembleront en jour. »
Père Guy GILBERT, le “curé des loubards”, La Croix 2 juillet 1999.
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