Commençons par situer le cadre de cette émission qui s’est déroulé dans une grande sérénité. Des journalistes au ton posé, un abbé dont le calme persuasif est le témoignage de la mesure dans l’épreuve. Aucune incantation, aucune revanche, seulement le souci de la paix dans les âmes.
D’emblée, les journalistes s’expliquent sur leur refus d’organiser un débat contradictoire réclamé par l’abbé Laguérie. La raison est simple, logique et équitable. L’abbé Laguérie a pu s’exprimer longuement, seul. L’abbé de Cacqueray doit pouvoir disposer des mêmes conditions. Comme pour les débats au moment des élections, ajoute Mme Giraud. Le souci de l’apaisement est aussi l’affaire des journalistes. A ce moment de l’émission, on mesure que rien ne sera comme la veille. Ici, on ne veut blesser personne, et surtout pas les absents.
La première interrogation aura porté sur le caractère public de la crise à Bordeaux. Sans retenue, l’abbé de Cacqueray livre sa souffrance de prêtre : « C’est une épreuve de famille, a-t-il dit, et on souffre d’autant plus qu’elle est lancée sur la place publique ». Il rappelle les conditions de l’affaire. Et évidemment, ses causes. L’abbé de Cacqueray situe les événements dans leur chronologie : d’abord l’expédition d’un document à des confrères, document dont l’abbé Laguérie assume l’expédition mais dont il n’est sans doute pas l’auteur. Le contenu de ce document est gravement diffamatoire pour les personnes visées, à commencer par l’abbé de Jorna, directeur du séminaire d’Ecône, certains professeurs ainsi que des séminaristes.
Le document en cause réclame entre autres le départ du directeur tout en portant de graves accusations sur certains séminaristes dont les noms sont explicitement cités.
C’est cet envoi qui provoque la mutation. De fait et de droit, il s’agit bien d’un acte administratif, même si l’abbé de Cacqueray ne manque pas de rappeler que son caractère a évidemment la nature d’une sanction. Mais en droit, cela ne change rien. La mutation, comme le précise le Code, peut répondre à des raisons d’ordre disciplinaire.
Sur le contenu du document, chacun s’accorde aujourd’hui à dire qu’il est faux à 70-80 %. Même l’abbé Laguérie a été contraint de revoir une partie de son argumentation. Mais le préjudice est là et, rappelle l’abbé de Cacqueray, des prêtres calomniés réclament réparation.
Notons au passage que Mgr Fellay fut l’un des derniers à recevoir le document, ce qui ajoute au caractère maladroit et particulièrement indélicat de l’envoi.
Dans le détail, l’abbé de Cacqueray revient sur la gestion de l’affaire Saint Eloi. Il souligne en particulier la mauvaise habitude prise par l’abbé Laguérie de diriger des négociations qui relèvent statutairement de la charge des Supérieurs. Le caractère fougueux des entreprises de l’abbé Laguérie n’arrange jamais la situation. On se souvient de ses débordements à Paris qui lui avaient valu une mutation. Plus grave, l’abbé Laguérie n’a pas compris la portée du débat sur la loi de 1901. Son bulletin en est l’expression la plus visible, où il mêle de travers les termes de la loi. En outre, ses attaques contre le clergé local rendent plus difficiles les négociations. Un éditorial du Mascaret du 24 avril 2004 de l’abbé Laguérie expose des positions différentes de celles de la FSSPX. Ce qui conduit l’abbé de Cacqueray a rappelé au prieur de Bordeaux, le 23 mai 2004, que les vrais responsables de l’affaire sont ses Supérieurs.
L’abbé de Cacqueray souligne l’œuvre magistrale de nombreux prêtres qui, en se faisant connaître et reconnaître, sont parvenus à entretenir des relations pacifiques avec les ordinaires de lieu : c’est le cas à Lourdes, à Lisieux où l’abbé de Cacqueray rappelle opportunément que l’accès à la basilique a été obtenu, non pas par l’abbé Aulagnier, mais par son successeur.
L’abbé de Cacqueray annonce à ce moment de l’émission sa rencontre avec Mgr Tissier de Malleray. L’information est de taille. Les 4 évêques dénoncent unanimement l’attitude de l’abbé Laguérie.
Le Supérieur du District en vient au vrai sens de l’obéissance dont il rappelle qu’elle est une vertu morale ordonnée à la foi. La foi est-elle en cause dans cette affaire ? Bien sûr que non. Dans ce cas, l’abbé Laguérie se devait d’obéir. Et s’il y avait une vraie injustice, il convenait de saisir le Supérieur.
Le journaliste interroge alors notre abbé sur l’un des arguments utilisés par l’abbé Laguérie, lequel affirme : « je désobéis à Mgr Fellay et pas à Mgr Lefebvre ». L’abbé de Cacqueray relève qu’il y a une tendance à faire parler les morts qui est un peu déplacée… pour ensuite souligner que Mgr Lefebvre a vécu pour lui-même près de 15 mutations alors que l’abbé Laguérie au 2/3 de son existence n’en ait qu’à 3-4 !
Evidemment, le sujet des ordinations est évoqué. Notre abbé note que statistiquement il y a environ chaque année 15-30 ordinations. Parfois un peu plus, parfois un peu moins. Cette année, on a compté 17 ordinations. Donc tout doit être relativisé. Les ordinations n’obéissent pas à une courbe identique et permanente.
Sur le fond, il est utile de souligner que la position doctrinale de l’abbé Laguérie n’est pas tout à fait celle de la FSSPX. Et cela depuis longtemps. En 2001, l’abbé de Bordeaux s’était singularisé en titrant son bulletin avec la formule « Pour un accord pratique » rejoignant déjà la position de l’abbé Aulagnier (lequel, il faut le dire au passage, a célébré dimanche dernier à Bordeaux !).
Quelques questions personnelles permettent de savoir que notre abbé a 37 ans, qu’il est issu d’une famille qui dans les moments importants de notre histoire, a su prendre ses responsabilités.
On en revient ensuite aux méthodes. L’abbé de Cacqueray se dit particulièrement troublé par les méthodes militaires de l’abbé Laguérie.
A la question de savoir s’il y a un parallèle entre l’affaire Le Pivain (FSSPierre) et l’abbé Laguérie (FSSPX), l’abbé de Cacqueray répond sans ambiguïté : non. La première est une affaire doctrinale (coexistence de la messe de Paul VI et de la messe Saint Pie V) alors que dans la seconde, c’est une question disciplinaire. Il reste que dans les deux cas, il y a subversion. Mais les réponses sont différentes : à la FSSPierre, on garde les mutins. A la FSSPX, on applique la discipline. On rend alors la liberté à ceux qui ne sont plus d’accord.
L’abbé de Cacqueray souligne que l’abbé Laguérie peut revenir ; et puisque son esprit missionnaire ne le pousse pas à aller jusqu’au Mexique, on lui trouvera une place en France !
A propos de l'esprit missionnaire de la Fraternité, notre abbé expose les grands développemets de la FSSPX, en particulier en Afrique où la Mission du Kenya s’annonce aussi fructueuse que celle du Gabon.
L’abbé de Cacqueray évoque son ministère qui l’amène au quatre coins de la France. Un bilan est dressé : des dizaines d’écoles primaires et secondaires, plus de 1000 enfants scolarisés, des prêtres qui remettent à neuf des églises, notamment celle de Toulon. Il rend notamment hommage à diverses associations Civitas, Acim, Mouvement catholique des familles,… Bref la Fraternité avance !
Enfin l’émission se termine avec cette belle lettre d’une mère de famille qui prie avec d’autres mamans pour les vocations de leurs propres enfants au sein de la FSSPX.
C’est le mot de la fin, synonyme d’espérance !
Un mot Monsieur l’Abbé : MERCI !
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