... a porté également sur le pauvre rit mozarabe qui n'était pourtant célébré de façon régulière (et chantée) que dans la chapelle du Saint-Sacrement de la cathédrale de Tolède et - de façon basse - dans quelques paroisses de ladite ville ; c'est dire assez l'acharnement des sectateurs anti-liturgiques contre cette vénérable relique liturgique qui ne devait pas leur échapper.
Cette réforme a été conduite plus tard qu'ailleurs, dans les années 80. On peut estimer toutefois que c'est la "moins pire" des réformes dues à l'hérésie anti-liturgique moderne. Cette réforme - outre l'introduction du vernaculaire - s'est en effet surtout attaché à supprimer les aspects romanisants qui s'étaient introduits dans la liturgie mozarabe dès le Moyen-Age et plus tard dans les livres du cardinal Cisneros (prières au bas de l'autel, Salve Regina, etc...), faisant fi du développement organique du rit. A noter que depuis, la faculté d'user du rit Mozarabe, cantonnée traditionnellement à quelques églises de Tolède, a été étendue à toute l'Espagne, mais dans la pratique, le rit reste encore bien marginal et n'intéresse guère les traditionalistes espagnols en général.
En comparaison de la modernisation subie par le rit mozarabe, le rit ambrosien a subi une défiguration & désacralisation bien plus profondes. L'Ordo Missæ, à quelques détails près, a été beaucoup alignée sur l'ordo de Paul VI. Alors que Milan disposait d'un lectionnaire riche, le nouveau lectionnaire ambrosien est totalement aberrant et ne coïncide plus avec les autres textes liturgiques du jour. Ce n'est pas la moindre des aberrations de cette réforme. |