pour une fois nous induit en erreur.
La présence du crucifix, et non de la croix nue, est obligatoire selon les normes de la Forme ordinaire. C'est un abus de se contenter d'une croix nue.
"308.
De même, sur l’autel ou à proximité, bien visible pour le peuple assemblé, il y aura une croix portant l’image du Christ crucifié. Il est préférable que cette croix, qui rappelle à l’esprit des fidèles la passion salutaire du Seigneur, reste près de l’autel même en dehors des célébrations liturgiques."
Le Père McNamara commentant cet ajout à la PGMR notait en 2004 : "This specific call for the use of the crucifix was probably inserted into the new GIRM to counter a movement which favored the use of simple bare crosses or even images of the risen Christ." (cette requête spécifique d'user du crucifix a été probablement introduite dans la nouvelle PGMR pour contrer une tendance qui privilégie l'usage de croix nues ou même d'images du Christ ressuscité).
Ce n'est pas, en revanche du côté des protestants qu'il faut chercher, mais bien plutôt de nos bons vieux néo-modernistes bien de chez nous, nos néo-catholiques.
Nemo oublie un "détail" mais qui change tout entre la belle représentation qu'il exhibe venue du Moyen Age et la tendance - illicite - à imposer aujourd'hui des croix nues en lieu et place du Crucifié. Le modernisme n'affectait pas cette époque, et pour cause.
Il faut toujours rapporter une imagerie et l'évolution des représentations dans ce qu'elles veulent signifier pour une époque donnée. L'observation d'Aigle est juste : il y a une tendance et pas qu'en Europe à rendre "symbolique", "spirituel" le sacrifice de la Croix, à le désincarner. Or c'est le propre des thèses modernistes de rejeter la théologie de l'Incarnation précisément.
Par ailleurs, on sait que les néo-liturges font tout pour gommer le Calvaire, le sacrifice, au profit de la Résurrection, une liturgie dite "pascale" qui ampute en fait Pâques de la moitié de sa signification.
Le diable gît dans les détails et il faut toujours être attentif à ce type de changements qui subitement gangrènent nos églises, à voir pourquoi ils sont imposés. Nemo pourrait de même dire qu'après tout les agenouilloirs n'existaient pas à tel moment ni l'élévation etc.
Si Rome, au temps de Jean-Paul II, est allée jusqu'à s'émouvoir de l'élimination des crucifix, ce n'est pas sans une bonne raison.
Ne sous-estimez jamais l'ingéniosité des néo-liturges qui savent trouver toutes sortes de moyens pédagogiques, des plus évidents aux plus retors (telle la chasse aux crucifix), pour obscurcir, dénaturer, brouiller la doctrine liturgique catholique. Les statistiques - enquêtes d'opinion - montrent qu'en 40 ans, ils ont hélas réussi à démanteler largement la foi des simples fidèles sur les données les plus basiques de la Messe. |