J'ai voulu ici reprendre "Donum Vitae" signé par le cardinal Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la Foi. Le Magistère répond très clairement à de nombreuses questions d'actualité concernant l'embryon. Voilà la première partie.
"
Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance « homme et femme il les créa » (Gen. 1, 27),
leur confiant la tâche de « dominer, la terre » (Gen. 1, 28). La recherche scientifique de base comme la recherche appliquée constituent une expression significativede cette seigneurie de l’homme sur la création...... Étant ordonnées à l’homme, dont elles tirent origine et accroissement, c’est dans la personne et ses valeurs morales qu’elles trouvent l’indication de leur finalité et la conscience de leurs limites..... la science et la technique doivent être au service de la personne humaine, de ses droits inaliénables, de son bien véritable et intégral, conformément au projet et à la volonté de Dieu.
Quels critères moraux doit-on appliquer pour éclairer les problèmes posés aujourd’hui dans le cadre de la biomédecine ?
En raison de son union substantielle avec une âme spirituelle, lecorps humain ne peut pas être considéré seulement comme un ensemble de tissus, d’organes et de fonctions ; il ne peut être évalué de la même manière que le corps des animaux, mais il est partie constitutive de la personne qui se manifeste et s’exprime à travers lui..... Une première conséquence peut être déduite de ces principes une intervention sur le corps humain ne touche pas seulement les tissus, les organes et leurs fonctions, mais elle engage aussi à des niveaux divers la personne même..... Dans leurs applications, la biologie et la médecine concourent au bien intégral de la vie humaine lorsqu’elles viennent en aide à la personne, atteinte de maladie et d’infirmité, dans le respect de sa dignité de créature de Dieu....Cette norme doit s’appliquer d’une façon particulière dans le domaine de la sexualité et de la procréation, où l’homme et la femme mettent en oeuvre les valeurs fondamentales de l’amour et de la vie.
Dieu, qui est amour et vie, a inscrit dans l’homme et la femme la vocation à une participation spéciale à son mystère de communion personnelle et à son oeuvre de Créateur et de Pere.
C’est pourquoi
le mariage possède des biens spécifiques et des valeurs d’union et de procréation sans commune mesure avec celles qui existent dans les formes inferieures de la vie.
Les progrès de la technique ont aujourd’hui rendu possible une procréation sans rapport sexuel, grâce à la rencontre in vitro des cellules germinales précédemment prélevées sur I homme et la femme. Mais ce qui est techniquement possible n’est pas pour autant moralement admissible.....
La procréation humaine demande une collaboration responsable des époux avec l’amour fécond de Dieu; le don de la vie humaine doit se réaliser dans le mariage moyennant les actes spécifiques et exclusifs des époux, suivant les lois inscrites dans leurs personnes et dans leur union.
L'embryon humain
1.
Quel respect doit-on à l’embryon humain, compte tenu de sa nature et de son identité ?
L’être humain doit être respecté — comme une personne — dès le premier instant de son existence.« La vie, une fois conçue, doit être protégée avec le plus grand soin, l’avortement, comme l’infanticide, sont des crimes abominable»(Const. "Gaudium et Spes"- Vatican II)
2.
Le diagnostic prénatal est-il moralement licite ?
Si
le diagnostic prénatal respecte la vie et l’intégrité de l’embryon et du foetus humain, et s’il est orienté à sa sauvegarde ou à sa guérison individuelle, la réponse est affirmative.....Ce diagnostic est licite si les méthodes utilisées, avec le consentement des parents convenablement informés, sauvegardent la vie et l’intégrité de l’embryon et de sa mère, sans leur faire courir de risques disproportionnés. Mais il est gravement en opposition avec la loi morale quand il prévoit, en fonction des résultats, l’éventualité de provoquer un avortement.
3.
Les interventions thérapeutiques sur l’embryon humain sont-elles licites ?
Comme pour toute intervention médicale sur des patients, on doit considérer comme licites
les interventions sur l’embryon humain, à condition qu‘elles respectent la vie et l’intégrité de l’embryon et qu’elles ne comportent pas pour lui de risques disproportionnés, mais qu‘elles visent à sa guérison, à l’amélioration de ses conditions de santé, ou à sa survie individuelle.
4.
Comment apprécier moralement la recherche et l’expérimentation sur les embryons et sur les foetus humains ?
La recherche médicale doit s’abstenir d’interventions sur les embryons vivants, à moins qu’il n’y ait certitude morale de ne causer de dommage ni à la vie ni à l’intégrité de l’enfant à naître et de sa mère, et à condition que les parents aient donné pour l’intervention sur l’embryon leur consentement libre et informé. Il s’ensuit que toute recherche, même limitée à une simple observation de l’embryon, deviendrait illicite dès lors que, à cause desméthodes utilisées ou des effets provoqués, elle impliquerait un risque pour l’intégrité physique ou la vie de l’embryon.... L’utilisation de l’embryon humain ou d’un foetus comme objet ou instrument d’expérimentation représente un délit à l’égard de leur dignité d’êtres humains ayant droit au même respect que l’enfant déjà né et toute personne humaine..... Dans le cas de l’expérimentation clairement thérapeutique, c’est-à-dire s’il s’agissait de thérapies expérimentales utilisées au bénéfice de l’embryon lui-même comme une tentative extrême pour lui sauver la vie, et faute d’autres thérapies valables, le recours à des remèdes ou à des procédés pas encore entièrement éprouvés peut être licite.... Les cadavres d’embryons ou foetus humains, volontairement avortés ou non, doiventêtre respectés comme les dépouilles des autres êtres humains.
5.
Comment apprécier moralement l’usage, à des fins de recherche, des embryons obtenus par la fécondation in vitro?
Les embryons humains obtenus in vitro sont des êtres humains et des sujets de droits. Leur dignité et leur droit à la vie doivent être respectés dès le premier moment de leur existence. Il est immoral de produire des embryons humains destinés à être exploités comme un«matériau biologique» disponible.
6.
Quel jugement porter sur les autres procédés de manipulation des embryons liés aux « techniques de reproduction humaine » ?
Les techniques de fécondation in vitro peuvent rendre possibles d’autres formes de manipulation biologique ou génétique des embryons humains telles que : les tentatives ou projets de fécondation entre gamètes humains et animaux, et de gestation d’embryons humains dans des utérus d’animaux ; l’hypothèse ou le projet de construction d’utérus artificiels pour l’embryon humain.
Ces procédés sont contraires à la dignité d’être humain qui appartient à l’embryon, et en même temps, ils lèsent le droit de toute personne à être conçueet à naître dans le mariage et du mariage. Même les tentatives ou les hypothèses faites pour obtenir un être humain sans aucune connexion avec la sexualité, par « fission gémellaire », clonage, parthénogenèse, sont à considérer comme contraires à la morale, carelles sont en opposition avec la dignité tant de la procréation humaine que de l’union conjugale"
Instruction sur le respect de la vie humaine et la dignité de la procréation - Donum Vitae - (CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI)