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JUILLET 2003 A MARS 2011

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Auteur : Véronique (Lala)
Sujet : Accompagnement spirituel et non direction spirituelle.
Date : 2010-11-20 16:34:25

(je me suis servis ici de l’enseignement d’un prêtre et de mon expérience personnelle – pardon pour la longueur, mais elle est nécessaire)

L’accompagnement spirituel n’est pas obligatoire mais nécessaire.
Un accompagnateur n’est pas un directeur.
Il nous a-ccom-pa-gne.

Développons.

On peut voir des personnes qui s’attachent trop à leur accompagnateur, cela les empêchent d’avoir leur pleine liberté, elles sont accablées s’il n’est pas disponible lorsqu’elles le souhaitent… alors que notre liberté nous dit bien que nous sommes capables de lire le Catéchisme de l’Eglise Catholique, de lire la Bible, de respecter les Dix Commandements… de faire cela tout seul. Sinon ces personnes ont une certaine dépendance de la personne qui les accompagne.

Ça me rappelle lorsque j’étais suivie pour mon cancer, j’ai eu besoin de deux traitements. De la chimiothérapie et de la radiothérapie. J’avais donc deux médecins, spécialistes dans leur domaine respectif, et ils m’ont dit les traitements qu’ils allaient me donner pour me soigner… je n’ai pas eu le choix.

Le directeur : le mot le dit « il te dirige », tout comme le médecin, il ne nous éduque pas à prendre notre liberté, à prendre des décisions, à marcher devant la face de Dieu dans notre vie chrétienne.
Il m’accompagne et s’il voit que je vais dans une mauvaise direction, il va me dire : « attend une minute je t’invite plutôt à… ».

Lorsque l’on a un accompagnateur spirituel, bien souvent quand nous le voyons (et ça m’est arrivé plus d’une fois), il ne dit pas un mot, il écoute, et peut dire à un moment donné : « non, c’est pas de Dieu… » Il réagit juste une fois, et on redresse personnellement ce qui ne va pas, il nous dit pas : « faites ceci, faites cela… ».

On voit encore aujourd’hui des accompagnateurs qui obligent à l’obéissance parfaite (je ne parle pas des années 1950), à l’obéissance parfaite au doigt et à l’œil.

Il faut de plus en plus conduire les personnes à une grande autonomie personnelle, à une assurance dans leur personnalité, c’est sûr qu’il y a des étapes dans notre vie spirituelle, et il faut en parler à une personne, qui peut nous aider et surtout qui nous connaît bien.

Dans la Bible, Siracide ou l’Ecclésiastique
Chapitre 37, verset 7 et suivants (en gras) :

Tout conseiller donne des conseils, mais il en est qui cherchent leur intérêt.
Méfie-toi du donneur de conseils, demande-toi d'abord de quoi il a besoin car il donne ses conseils dans son propre intérêt de crainte qu'il ne jette son dévolu sur toi,


On a déjà vu des accompagnateurs dire en public : « moi ,j’ai 400 personnes à diriger ».
Avec la responsabilité et le temps que l’on doit prendre pour l’accompagnement spirituel… et quand on entend ces personnes dire qu’ils ont 400 dirigés, c’est clair, où sont les intérêts, dit la Bible.


qu'il ne te dise : "Tu es sur la bonne voie", et ne reste à distance pour voir ce qui t'arrivera.
Ne consulte pas quelqu'un qui te regarde en dessous et à ceux qui t'envient, cache tes desseins.


La discrétion.


Ne consulte pas non plus une femme sur sa rivale, ni un poltron sur la guerre, ni un négociant sur le commerce, ni un acheteur sur une vente, ni un envieux sur la reconnaissance, ni un égoïste sur la bienfaisance, ni un paresseux sur un travail quelconque, ni un mercenaire saisonnier sur l'achèvement d'une tâche, ni un domestique nonchalant sur un grand travail ; ne t'appuie sur ces gens pour aucun conseil.

Et le verset 12 dit :
Mais adresse-toi toujours à un homme pieux, que tu connais pour observer les commandements, dont l'âme est comme la tienne,

Une âme qui est comme la tienne :
une âme qui va communier avec nous dans la recherche de Dieu, dans les voix du Seigneur au quotidien, un homme qui va nous saisir de l’intérieur…


et qui, si tu échoues, sera compatissant.

Celui qui cherche son propre intérêt (celui qui dirige), si on tombe, il va s’éloigner, gentiment, il va nous laisser tomber.
Celui qui vraiment veut nous accompagner, si on échoue, il va partager notre souffrance.

Ensuite, tiens-toi au conseil de ton cœur, car nul ne peut t'être plus fidèle.

Il faut personnellement se faire confiance.

Je reprends : « Ensuite, tiens-toi au conseil de ton cœur »
Lui, il s’adresse à quelqu’un qui craint Dieu, qui est instruit des voix de Dieu, alors on a une responsabilité, et c’est nécessaire d’être accompagné pour savoir tout ce qu’on vit pour nous donner une piste, parce que souvent l’accompagnateur va nous aider à nous dire de ne pas gaspiller les grâces que nous recevons, à nous aider à adopter une attitude intérieure pour répondre encore mieux à la grâce du Seigneur, mais il ne nous dirigera pas, il ne nous imposera pas l’obéissance parce qu’il notre directeur spirituel.

Adressons nous à un homme pieux qui va partager et notre joie et notre souffrance, ensuite tenons nous toi au conseil de notre cœur, notre cœur qui, nous savons, est auparavant instruit de la parole de Dieu, parce que notre cœur peut nous tromper aussi.

Car l'âme de l'homme l'avertit souvent mieux que sept veilleurs en faction sur une hauteur.
Et par-dessus tout cela, supplie le Très-Haut, qu'il dirige tes pas dans la vérité.
Le principe de toute œuvre c'est la raison, avant toute entreprise il faut la réflexion.
La racine des pensées, c'est le cœur…


Pour celui qui veut être accompagné, il faut éviter toute dépendance affective, qui lirait la personne et l’empêcherait d’être libre pour accomplir la volonté du Seigneur.
Bien sûr, qu’on aime ceux et celles qui nous accompagnent, nous conseillent, mais il ne faut pas que cette affection nous enlève notre raisonnement, notre jugement, notre réflexion. Et ça n’est pas facile.

Une qualité essentielle de celui qui est accompagné, c’est la docilité.

Même si celui qui est l’accompagnateur n’est pas un directeur, qui exige l’obéissance, quand on va voir notre accompagnateur il faut lui être quand même docile, nous devons entrer dans l’esprit dans lequel il nous invite à vivre notre vie chrétienne.

L’accompagnateur est un semeur, il sème la parole, la croissance dépend de deux facteurs, aussi importants l’un que l’autre :
- la liberté personnelle de celui qui reçoit la semence
- la grâce de Dieu

il faut faire confiance aux personnes.
L’accompagnateur n’a aucune autorité pour exiger l’obéissance à ses directives et conseils, il accompagne, il ne dirige pas.

C’est sûr quand on a des personnes qui cherchent à être assistés, qui veulent être démobilisés, parce que ça leur donne des angoisses d’être responsables de leur cheminement, alors ils préfèrent l’obéissance stricte, mais on ne les aide pas, on les diminue, on les tient dans la médiocrité, on ne les élève pas dans leur personnalité, au contraire, on en fait des esclaves.
Alors on doit veiller comme accompagnateur, berger, pilier, avec les personnes avec qui nous cheminons, nous devons veiller à la croissance, et que peu à peu à ce que la personne elle-même se prenne en charge.

L’accompagnateur donne des pistes, « allez pas là, évitez ça, essayez de… », pour aider la personne qu’il accompagne à prendre une décision, mais il ne prend pas la décision pour l’accompagné.
Un jour un prêtre entend d’une personne : « Ah, je pensais que vous alliez me dire quoi faire et prendre la décision à ma place ».
Le prêtre a répondu : « non ». La personne était déçue, mais il lui a dit qu’il lui donnait l’enseignement de l’évangile et de l’Eglise et qu’il fallait qu’elle prenne sa décision.
Imaginez si le prêtre se trompe, sur qui va retomber la faute ?


Lorsque l’on accompagne, il ne faut pas être surpris ou scandalisé si un de ses frères ou sœurs tombe.
Il ne faut pas que l’accompagnateur se scandalise.
C’est comme si le Siracide disait : « si tu échoues, il faut partager ta souffrance » (Siracide 37, 12).
Il ne faut pas se scandaliser que des frères ou des sœurs, si saints soient-ils, si avancés soient-ils, commettent des bétises, ou tombent dans de graves péchés…
Il faut donc aller de plus en plus vers une paternité ou une maternité Pascale.
Pascale… passage, c’est-à-dire, il faut que ma personne (l’accompagnateur) soit pour celui qui vient vers moi, que je sois pour cette personne en question, une personne qui ne fait pas de ma personne un blocage entre elle et Dieu, il faut que je sois moi-même assez libre pour que la personne à travers moi puisse passer vers Dieu.
Et c’est là tout le jeu de l’équilibre affectif.

Les prêtres sont des hommes, ils ont un corps, ils sont masculins… mais il est possible que des personnes viennent les voir pour un accompagnement, aient un besoin de paternité ou maternité. Et peut être qu’inconsciemment, ces personnes en venant voir leur accompagnateur ont besoin de paternité humaine. Et alors, il faut que les prêtres les mettent à la porte ?
Et c’est là que l’on peut comprendre qu’à travers cette paternité ou maternité humaines, il faut que cela soit tellement transfiguré, il faut qu’elles deviennent « Pascale », c’est-à-dire un passage vers Dieu. Le prêtre devient alors un être de passage vers Dieu.
Dieu se sert de notre humanité féminine ou masculine, mais il ne faut pas que le prêtre profite de ça pour nourrir sa propre affectivité, à ce moment là il n’est plus un être de Pâques, un être de pascal, un être de passage, il est un blocage (celui qui dirige). Malheureusement ça existe.

Alors il faut demander à Dieu de devenir comme berger (accompagnateur), non pas des êtres regardés comme quelqu’un qui sait, mais plutôt comme des êtres pascaux, des êtres de passage vers Dieu.

C’est aussi la mission des parents pour leurs enfants, de leur montrer Dieu, d’être des gens « pascale », des passeurs, pour aller vers Dieu.

Alors, il faut prier pour avoir des accompagnateurs, des accompagnatrices, des gens qui ont vraiment le Saint-Esprit pour nous aider à marcher.
Mais si on n’en a pas actuellement, on ne panique pas, on demande à Dieu.

Personnellement, les paroles de mon premier accompagnateur spirituel étaient contraires à l’enseignement de l’Eglise catholique, j’en avais assez, j’ai dit à Notre-Seigneur que je ne voulais plus rester avec lui, et qu’il fallait qu’Il m’en mette un autre sur mon chemin pour la vie qu’Il voulait m’offrir, ayant une vie de prière et de grandes connaissances de sa parole. Un peu comme l'exigence de sainte Thérèse d'Avila.
J’ai toujours fait ainsi, et en janvier dernier le père Jean-Claude SAGNE qui m’accompagnait a été rappelé à Dieu, j’ai refais la même prière, et la grâce m’a encore été accordée !


En union de prière fraternelle, Monsieur Daoudal
Véronique


Je recommande le livre suivant concernant l’accompagnement spirituel :
« Accompagnement spirituel et vie d’oraison »
Jean-Claude SAGNE
Edition des Béatitudes




La discussion

 "Je t'aime et ne t'abondonneras jamais!!!&quo [...], de rere90 [2010-11-19 08:35:08]
      ça correspond à quoi ce genre de post ?, de Jean-Paul PARFU [2010-11-19 10:53:24]
          il me semble..., de lechesnaysien [2010-11-19 11:46:28]
          ?!?..., de Don Pelayo [2010-11-19 12:03:25]
          Z'avez raison ..., de Mme Philippeg [2010-11-19 14:05:53]
          voir l'action de Dieu dans les âmes..., de Véronique (Lala) [2010-11-19 15:43:43]
          Chers tous...., de rere90 [2010-11-19 17:04:02]
              L'amour de Dieu est irrésistible, de Maïe [2010-11-19 18:12:49]
      J'aime, de Anisvert [2010-11-19 12:37:43]
      J'aime aussi votre message...., de Pol [2010-11-19 13:02:35]
      Chez tant de grands saints cela devient..., de Glycéra [2010-11-19 17:37:15]
          Contemplative ? ..., de fougère [2010-11-19 19:58:42]
              Si..., de Le Webmestre [2010-11-19 20:03:21]
              Pour info, de Le Webmestre [2010-11-19 20:05:06]
              Pour "fougère", de rere90 [2010-11-19 21:29:21]
                  Merci pour toutes vos réponses, de fougère [2010-11-19 21:58:16]
                      Non !, de Le Webmestre [2010-11-19 22:10:53]
                  Chère rere90, non pas directeur spirituel, mais a [...], de Véronique (Lala) [2010-11-20 10:27:43]
                      C'est toute la tradition d'Orient et d'Occident, de Yves Daoudal [2010-11-20 10:46:01]
                          Accompagnement spirituel et non direction spiritue [...], de Véronique (Lala) [2010-11-20 16:34:25]
                              Si les moines font voeu d'obéissance,, de Yves Daoudal [2010-11-20 19:17:29]
                                  Accompagnateur spirituel ou directeur spirituel=pr [...], de rere90 [2010-11-20 19:31:40]
                                  Mais..., de Véronique (Lala) [2010-11-20 22:05:43]