Bonsoir à Gentiloup,
L'année 1979, je dis bien 1979, n'était pas terminée, que les membres de la communauté du renseignement, aux niveaux les plus élevés, à Washington, à Moscou, ailleurs aussi, SAVAIENT déjà que l'URSS allait disparaître (l'Afghanistan a été le Vietnam des Russes, avant de se retourner, mais c'est une autre histoire, contre les concepteurs de ce bourbier, bien à l'abri, au chaud et au loin, à Washington).
Le KGB était alors l'entité soviétique la mieux renseignée (aujourd'hui, c'est le FSB) ; très rapidement, et surtout après la mort d'Andropov, il est apparu à ses dirigeants que cela n'aurait aucun sens d'essayer de sauver le PCUS, l'URSS, le Pacte de Varsovie, "l'Empire".
Or, ses dirigeants n'avaient (et n'ont toujours pas !)l'intention de renoncer à leur argent et à leur pouvoir, mais ne voulaient tout de même pas que la conservation, entre leurs mains, de l'un et de l'autre, soit pas assez discrète et beaucoup trop voyante, aussi ont-ils relu, si j'ose dire, le roman "Le Guépard" : IL FAUT QUE TOUT CHANGE POUR QUE RIEN NE CHANGE.
Si vous préférez, en plus nuancé : il faut que presque tout change, en apparence, pour que presque rien ne change, en réalité.
Comme nous sommes, c'est le cas de le dire, en pleine histoire russe, cela a bien failli ne pas réussir, et puis cela n'a pas réussi pour tout le monde ; il n'empêche que la démocratisation du régime politique et la libéralisation de l'économie, essentiellement sous ELTSINE, compte tenu des conditions dans lesquelles elles se sont faites, et des conduites, quasiment mafieuses, auxquelles elles ont donné naissance, ont préparé, et non ralenti, la reprise en mains du système, essentiellement sous POUTINE, d'où le sous-titre du livre cité : "Le KGB au pouvoir - le système Poutine", de Thierry WOLTON.
J'ose espérer que la Sainte Vierge n'y est pour rien ; je veux dire par là que cette histoire est trop "compliquée", au sens de : machiavélique, nauséabonde, pour que l'on puisse dire ou écrire, sans prendre un certain type de risque "providentialiste," "surnaturaliste," que c'est grâce à la consécration, ou malgré l'absence de consécration, de la Russie à la Sainte Vierge, par Jean-Paul II, que la Vierge Marie a fortement contribué à libérer le monde et les Russes du communisme soviétique.
Comprenez-moi bien : il ne s'agit pas pour moi de laisser entendre que le système Poutine équivaut au système Staline, ou qu'il n'y a pas certaines libertés économiques ou intellectuelles dans la Russie actuelle.
Il s'agit pour moi de dire, en prenant appui sur ce livre (mais ce que j'y ai lu, je l'ai lu ailleurs aussi), que la chute du communisme soviétique a été le meilleur moyen, pour ceux qui disposaient de l'argent et du pouvoir, à Moscou, dans les années 1980, non de les perdre, mais de les garder, en en faisant profiter leurs amis bien placés.
Lisez ce livre, argumenté, documenté, et vous comprendrez, notamment, pourquoi l'on a instrumentalisé la Tchétchénie, le terrorisme, dès les années 1990, et comment Eltsine, puis Poutine, et leurs complices, se sont "servis".
Mais je vous aurai prévenue : vous allez être "horrifiée et écoeurée".
Angoissant, effrayant, inquiétant, et surtout descripteur d'un processeur foncièrement et globalement criminel et mensonger : tel est ce livre, mais il n'est ni le premier ni le seul, consacré à ce sujet.
Bonne réception, bonne lecture, si j'ose dire, et surtout, "malgré tout çà," bonne continuation dans le Christ.
Scrutator Sapientiae. |