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Auteur : Alexandre
Sujet : "L’union de deux substances en une seule personne..." (Dimanche: lectures du Bréviaire)
Date : 2009-12-26 18:22:33


Nativité, par le Corrège, (Gemäldegalerie, Dresde)

Dimanche 27 Décembre 2009


I. BRÉVIAIRE ROMAIN (de 1568 à 1960)

DIMANCHE DANS L’OCTAVE DE LA NATIVITÉ

Premier Nocturne

Commencement de l’Épître de l’apôtre saint Paul aux Romains (ch. 1)
1. (vv. 1-7) Paul, serviteur du Christ Jésus, appelé par Dieu comme apôtre, mis à part pour l’Évangile de Dieu, qu’il avait annoncé d’avance par ses prophètes dans les saintes Écritures. Cet Évangile concerne son Fils, né de la race de David, selon la chair, et constitué Fils de Dieu dans la puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts, Jésus-Christ, notre Seigneur. Par lui nous avons reçu grâce et charge d’apôtre pour amener, en son nom, à l’obéissance de la foi toutes les nations, et vous en êtes, vous aussi, qui êtes les appelés de Jésus-Christ, notre Seigneur. A tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par l’appel de Dieu, à vous, grâce et paix de la part de Dieu notre père et du Seigneur Jésus-Christ.

2. (vv. 8-12) Tout d’abord, je rends grâce à mon Dieu par Jésus-Christ au sujet de vous tous: dans le monde entier on proclame que vous croyez. Car Dieu m’en est témoin, lui à qui je rends un culte en mon esprit en annonçant l’Évangile de son Fils: je fais sans relâche mention de vous, demandant continuellement dans mes prières d’avoir enfin, par sa volonté, l’occasion de me rendre chez vous. J’ai en effet un très vif désir de vous voir, afin de vous communiquer quelque don spirituel pour que vous en soyez fortifiés, ou plutôt pour être réconforté avec vous et chez vous par la foi qui nous est commune à vous et à moi.

3. (vv. 13-19) Je ne veux pas vous laisser ignorer, frères, que j’ai souvent projeté de me rendre chez vous – jusqu’ici j’en ai été empêché –, afin de recueillir quelque fruit chez vous, comme chez les autres peuples païens. Je me dois aux Grecs comme aux barbares, aux gens cultivés comme aux ignorants; de là, mon désir de vous apporter l’Évangile, à vous aussi qui êtes à Rome. Je ne rougis pas de l’Évangile: il est une force de Dieu pour le salut de tout croyant, du Juif d’abord, du Grec ensuite. Car la justice de Dieu se révèle dans l’Évangile, par la foi, pour la foi, comme il est écrit: «Le juste vivra de la foi» (Ha 2, 4). En effet, la colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes, qui tiennent la vérité captive dans l’injustice; car ce qu’on peut connaître de Dieu est pour eux manifeste: Dieu en effet le leur a manifesté.


La Nativité de Jésus (1506), par Giovanni Di Pietro (Louvre)


Deuxième Nocturne

Sermon saint Léon, pape (Sermon 29, 1 ; texte latin et autre trad. française: SC 22 bis, 176-179)
4. La grandeur de l’œuvre de Dieu, mes chers frères, dépasse, il est vrai, et domine de beaucoup les ressources de l’éloquence humaine; la difficulté d’en parler vient de la raison même pour laquelle on ne peut se taire. En effet, dans le Christ Jésus, Fils de Dieu, ce n’est pas seulement à l’essence divine, mais aussi à la nature humaine que s’applique la parole du prophète: «Qui racontera sa génération?» (Is 53, 8). L’union de deux substances en une seule personne, si la foi ne l’admet, le discours ne peut l’expliquer. Aussi jamais ne manquera matière à la louange, parce que jamais n’y suffira aucune abondance.

5. Réjouissons-nous donc de nous sentir impuissants à exprimer un si grand mystère de miséricorde, et puisque nous sommes incapables d’expliquer la sublimité de notre salut, estimons du moins qu’il nous est bon d’être ainsi dépassés. Personne n’approche autant de la connaissance de la vérité comme celui qui comprend que, dans le domaine surnaturel, même s’il avance beaucoup, il lui reste toujours quelque chose à chercher. Car celui qui se croit parvenu au but auquel il tend ne trouve pas ce qu’il cherche, mais échoue en sa requête.

6. Cependant, ne soyons pas troublés par les limites de notre faiblesse: la voix des Évangiles et des prophètes vient à notre secours, elle nous enflamme et nous instruit à tel point que nous ne rappelons pas tant la nativité du Seigneur, en laquelle le Verbe s’est fait chair, comme un événement du passé, nous en contemplons, semble-t-il, la réalisation sous nos yeux. L’annonce que l’ange fit aux bergers veillant à la garde de leurs troupeaux a retenti aussi à nos oreilles: nous sommes préposés aux brebis du Seigneur parce que nous conservons dans l’oreille de notre cœur les paroles dites de la part de Dieu comme si, en la fête de ce jour, on nous disait encore: «Je vous annonce une grande joie, qui sera pour tout le peuple: il vous est né aujourd’hui un Sauveur, qui est le Messie Seigneur, dans la ville de David» (Lc 2, 10-11).



Troisième Nocturne

Lecture du saint Évangile selon saint Luc (2, 33-40 ; traduction du Lectionnaire de 1964-65)
7. En ce temps-là, Joseph et Marie, mère de Jésus, s’émerveillaient de ce qu’on disait de lui. Siméon les bénit, et il dit à Marie sa mère: «Voici que cet enfant est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, comme un signe de contradiction ; et toi-même, un glaive transpercera ton âme. Ainsi seront dévoilées les pensées de beaucoup de cœurs.»
Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Fort avancée en âge, elle avait, après sa virginité, vécu sept ans dans le mariage, et elle était demeurée veuve jusqu’à quatre-vingt-quatre ans. Elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle se mit à louer Dieu, et à parler de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance d’Israël.
Lorsqu’ils eurent tout accompli selon la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant cependant grandissait et se fortifiait, il se remplissait de sagesse; et la grâce de Dieu était sur lui.

Homélie de saint Ambroise, évêque (Traité sur l’évangile de s. Luc 2, 60-62; texte latin: SC 45 bis, 99)
Tu vois l’abondance de grâces répandue sur tous par la naissance du Seigneur, tu vois comment le don de prophétie est refusé à ceux qui ne veulent pas croire, mais non aux justes. Siméon prophétise que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la chute et le relèvement de beaucoup, pour discerner ce que méritent les justes et les injustes et, tel un juge équitable et véridique, décerner selon la valeur de nos actes, soit les supplices, soit les récompenses.

8. «Et toi-même, un glaive transpercera ton âme» (v. 35). Ni l’Écriture, ni l’histoire ne nous apprennent que Marie ait quitté cette vie par une mort violente. Car ce n’est pas l’âme, mais le corps que peut transpercer un glaive matériel. Siméon montre ainsi la sagesse de Marie qui n’ignore pas le mystère céleste. En effet, «vivant est le Verbe de Dieu, efficace et plus incisif que le glaive le plus aigu; il pénètre au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles, il peut juger les sentiments et les cœurs» (He 4, 12), car tout est nu et découvert aux regards du Fils de Dieu, auquel ne peuvent échapper les secrets de la conscience.

9. Donc, Siméon avait prophétisé, une vierge avait prophétisé, une femme mariée avait prophétisé. Une veuve devait aussi prophétiser pour qu’il ne manque aucun état de vie ni aucun sexe. Aussi Anne est-elle présentée: les mérites de son veuvage et sa conduite la font estimer digne assurément d’annoncer la venue du Rédempteur de tous. Comme nous avons détaillé ses vertus ailleurs, en exhortant les veuves, nous ne croyons pas opportun d’y revenir ici, car un nouveau sujet nous attend.


Annonce aux bergers, Livre d’images de madame Marie (Hainaut, vers 1285-1290), Paris, BNF


II. BRÉVIAIRE ROMAIN (de 1961 à 1969)


DIMANCHE DANS L’OCTAVE DE LA NATIVITÉ

Au Nocturne

Commencement de l’Épître de l’apôtre saint Paul aux Romains (ch. 1)
1. (vv. 1-7) Paul, serviteur du Christ Jésus, appelé par Dieu comme apôtre, mis à part pour l’Évangile de Dieu, qu’il avait annoncé d’avance par ses prophètes dans les saintes Écritures. Cet Évangile concerne son Fils, né de la race de David, selon la chair, et constitué Fils de Dieu dans la puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts, Jésus-Christ, notre Seigneur. Par lui nous avons reçu grâce et charge d’apôtre pour amener, en son nom, à l’obéissance de la foi toutes les nations, et vous en êtes, vous aussi, qui êtes les appelés de Jésus-Christ, notre Seigneur. A tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par l’appel de Dieu, à vous, grâce et paix de la part de Dieu notre père et du Seigneur Jésus-Christ.

2. (vv. 8-19) Tout d’abord, je rends grâce à mon Dieu par Jésus-Christ au sujet de vous tous: dans le monde entier on proclame que vous croyez. Car Dieu m’en est témoin, lui à qui je rends un culte en mon esprit en annonçant l’Évangile de son Fils: je fais sans relâche mention de vous, demandant continuellement dans mes prières d’avoir enfin, par sa volonté, l’occasion de me rendre chez vous. J’ai en effet un très vif désir de vous voir, afin de vous communiquer quelque don spirituel pour que vous en soyez fortifiés, ou plutôt pour être réconforté avec vous et chez vous par la foi qui nous est commune à vous et à moi. Je ne veux pas vous laisser ignorer, frères, que j’ai souvent projeté de me rendre chez vous – jusqu’ici j’en ai été empêché –, afin de recueillir quelque fruit chez vous, comme chez les autres peuples païens. Je me dois aux Grecs comme aux barbares, aux gens cultivés comme aux ignorants; de là, mon désir de vous apporter l’Évangile, à vous aussi qui êtes à Rome. Je ne rougis pas de l’Évangile: il est une force de Dieu pour le salut de tout croyant, du Juif d’abord, du Grec ensuite. Car la justice de Dieu se révèle dans l’Évangile, par la foi, pour la foi, comme il est écrit: «Le juste vivra de la foi» (Ha 2, 4). En effet, la colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes, qui tiennent la vérité captive dans l’injustice; car ce qu’on peut connaître de Dieu est pour eux manifeste: Dieu en effet le leur a manifesté.

Lecture du saint Évangile selon saint Luc (2, 33-40 ; traduction du Lectionnaire de 1964-65)
3. En ce temps-là, Joseph et Marie, mère de Jésus, s’émerveillaient de ce qu’on disait de lui. Siméon les bénit, et il dit à Marie sa mère: «Voici que cet enfant est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, comme un signe de contradiction ; et toi-même, un glaive transpercera ton âme. Ainsi seront dévoilées les pensées de beaucoup de cœurs.»
Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Fort avancée en âge, elle avait, après sa virginité, vécu sept ans dans le mariage, et elle était demeurée veuve jusqu’à quatre-vingt-quatre ans. Elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle se mit à louer Dieu, et à parler de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance d’Israël.
Lorsqu’ils eurent tout accompli selon la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant cependant grandissait et se fortifiait, il se remplissait de sagesse; et la grâce de Dieu était sur lui.

Homélie de saint Ambroise, évêque (Traité sur l’évangile de s. Luc 2, 60: SC 45 bis, 99)
Tu vois l’abondance de grâces répandue sur tous par la naissance du Seigneur, tu vois comment le don de prophétie est refusé à ceux qui ne veulent pas croire, mais non aux justes. Siméon prophétise que le Seigneur Jésus-Christ est venu pour la chute et le relèvement de beaucoup, pour discerner ce que méritent les justes et les injustes et, tel un juge équitable et véridique, décerner selon la valeur de nos actes, soit les supplices, soit les récompenses.




Sainte Famille, par Raphaël (Alte Pinakothek, Munich)


III. LITURGIE DES HEURES (depuis 1971)


FÊTE DE LA SAINTE FAMILLE


Seconde lecture

Des Allocutions du Pape Paul VI (Homélie à Nazareth, 5 janvier 1964 [prononcée en français]: DC 61 [1964], col. 174-175)

L’exemple de Nazareth

Nazareth est l’école où l’on commence à comprendre la vie de Jésus: l’école de l’Évangile. Ici on apprend à regarder, à écouter, à méditer et à pénétrer la signification, si profonde et si mystérieuse, de cette très simple, très humble et très belle manifestation du Fils de Dieu. Peut-être apprend on même insensiblement à imiter. Ici on apprend la méthode qui nous permettra de comprendre qui est le Christ. Ici on découvre le besoin d’observer le cadre de son séjour parmi nous: les lieux, les temps, les coutumes, le langage, les pratiques religieuses, tout ce dont s’est servi Jésus pour se révéler au monde. Ici tout parle, tout a un sens. (...) Ici, à cette école, on comprend la nécessité d’avoir une discipline spirituelle, si l’on veut suivre l’enseignement de l’Évangile et devenir disciples du Christ. Oh! comme Nous voudrions redevenir enfant et Nous remettre à cette humble et sublime école de Nazareth! Comme Nous voudrions près de Marie, recommencer à acquérir la vraie science de la vie et la sagesse supérieure des vérités divines.

Mais nous ne faisons que passer. Il nous faut laisser ce désir de poursuivre ici l’éducation jamais achevée à l’intelligence de l’Évangile. Nous ne partirons pas cependant sans avoir recueilli à la hâte, et comme à la dérobée, quelques brèves leçons de Nazareth.

Une leçon de silence d’abord. Que renaisse en nous l’estime du silence, cette admirable et indispensable condition de l’esprit; en nous qui sommes assaillis par tant de clameurs, de tracas et de cris dans notre vie moderne bruyante et hypersensibilisée. O silence de Nazareth, enseigne-nous le recueillement, l’intériorité, la disposition à écouter les bonnes inspirations et les paroles des vrais maîtres; enseigne-nous le besoin et la valeur des préparations, de l’étude, de la méditation, de la vie personnelle et intérieure, de la prière que Dieu seul voit dans le secret.

Une leçon de vie familiale. Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable; apprenons de Nazareth comment la formation qu’on y reçoit est douce et irremplaçable; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social.

Une leçon de travail. Nazareth, ô maison du «fils du charpentier», c’est ici que nous voudrions comprendre et célébrer la loi sévère et rédemptrice du labeur humain; ici rétablir la conscience de la noblesse du travail; ici rappeler que le travail ne peut pas être une fin à lui-même, mais que sa liberté et sa noblesse lui viennent, en plus de sa valeur économique, des valeurs qui le finalisent; comme Nous voudrions enfin saluer ici tous les travailleurs du monde entier et leur montrer leur grand modèle, leur frère divin, le prophète de toutes leurs justes causes, le Christ notre Seigneur.


Collecte
Deus, qui præclára nobis sanctæ Famíliæ
dignátus es exémpla præbére,
concéde propítius,
ut, domésticis virtútibus caritatísque vínculis illam sectántes,
in lætítia domus tuæ prǽmiis fruámur ætérnis.

(traduction personnelle)
O Dieu,
qui avez daigné nous offrir
l’exemple admirable de la sainte Famille,
faites, dans votre bonté, que,
l’imitant par l’exercice des vertus domestiques
et les liens de la charité,
nous jouissions des récomprenses éternelles
dans la joie de votre demeure.


La discussion

 "L’union de deux substances en une seule pe [...], de Alexandre [2009-12-26 18:22:33]
      Une petite correction..., de Archange [2009-12-26 19:04:46]
          Certes..., de Alexandre [2009-12-26 21:35:35]
              Après vérification, de Archange [2009-12-27 20:19:56]
      Siméon prenez courage, de Castille [2009-12-26 22:35:53]