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Auteur : Assum
Sujet : Camille de Soyecourt
Date : 2008-05-09 05:29:15

Carmélite, Servante de Dieu
l’âme de la Restauration du Carmel français

Mère Thérèse-Camille de l'Enfant-Jésus (1757-1849), Carmélite remarquable par son amour héroïque de l'Eglise et son zèle pour la gloire de Dieu, elle mourût le 9 mai 1849.


La restauration des Carmels de France au XIXe siècle

La suppression en 1792 des 74 Carmels français va vite faire place à un extraordinaire mouvement de renouveau ; et il nous faut ici évoquer les restauratrices du Carmel français. Certains visages se détachent au sein de l’immense cortège des Carmélites arrachées à leurs cloîtres.

Ce sont des femmes comme les autres, pourvues de qualités humaines particulières, certes, mais dont on n’aurait probablement pas parlé en d’autres circonstances. L’épreuve les a hissées hors des normes communes du courage. La plupart du temps, ce sont des Prieures. Le poids du supériorat et des responsabilités en ces temps difficiles destinait ces femmes à être mises en avant, on le comprend facilement. Peu habituées à exercer leur charge sur une longue période (les Constitutions de sainte Thérèse fixent à trois années la durée du priorat), il leur faut souvent l’exercer au-delà des limites du raisonnable dans une grande solitude psychologique, en attendant de pouvoir procéder un jour à de nouvelles élections canoniques régulières.

La plus célèbre est sans aucun doute la Mère Thérèse-Camille de l’Enfant Jésus, professe du monastère parisien de la rue de Grenelle. On peut dire qu’elle est l’âme de la Restauration du Carmel français.

Marie-Thérèse-Françoise-Camille de Soyecourt appartient à une illustre et noble famille d’origine picarde. Lorsqu’en 1784 elle entre au carmel à l’âge de 27 ans, l’événement ne passe pas inaperçu. Madame Louise de France, Prieure du carmel de Saint-Denis et tante du Roi envoie à la Maîtresse des novices du couvent de la rue de Grenelle l’instruction suivante : « Qu’on ne me gâte pas cette petite de Soyecourt ! Qu’on n’en fasse pas une poule mouillée !»
L’avertissement sera scrupuleusement suivi.

Arrêtée le 29 mars 1793, rue Mouffetard où elle vivait avec quelques-unes de ses compagnes, elle est enfermée à Sainte-Pélagie puis libérée le 11 mai. La paix revenue, du fait que ses parents n’avaient pas émigré (beaucoup des membres de sa famille périrent guillotinés ou emprisonnés), les biens du Comte de Soyecourt ne sont pas confisqués. Un décret adopté en 1796 autorise les nobles non émigrés à rentrer en possession de leurs fonds. Orpheline, soeur Thérèse-Camille hérite d’une fortune considérable que Pie VII, qui l’avait en grande affection, lui fait un devoir de conserver. La Carmélite emploie cet argent au service de son Ordre et de l’Église. En 1797, elle rachète le couvent des Carmes de la rue de Vaugirard où son père avait été emprisonné avant de partir pour l’échafaud. Là, elle reconstitue un Carmel clandestin dont, en 1800, elle est élue Prieure.

Le monastère devient très vite une plaque tournante. La Prieure y recueille des Carmélites errantes et isolées puis les redistribue dans de multiples groupes renaissant de leurs cendres. C’est ainsi que la Mère Camille participe activement à la restauration des monastères de Paris, Bourges, Compiègne, Pontoise, Trévoux, etc… Innombrables sont les initiatives de cette moniale insatiable dotée d’un sens génial de l’organisation. Elle contribue à relever la paroisse de Saint-Sulpice, recueille des prêtres indigents qui sortent de prison ou rentrent d’exil. Elle prend sur sa cassette personnelle pour assister le Séminaire du Saint-Esprit, de nombreux instituts religieux et oeuvres pieuses. Plus tard, Pie VII prisonnier à Fontainebleau et ses Cardinaux gardés à vue par la police, sont aidés efficacement par les "millions de la carmélite".

La Mère Camille n’a peur de rien. Lorsqu’en 1809 l’Empereur est excommunié pour s’être emparé des États Pontificaux, la Carmélite répand des copies de la bulle d’excommunication qu’on avait pris soin de tenir cachée en France. Suspecte, elle est arrêtée puis exilée à Guise (1811-1813). Napoléon la persécute et l’admire tout à la fois. Au déclin de sa puissance, il permet à la Prieure, une fois libérée, de rétablir la clôture et le port de l’habit religieux dans son monastère.

« Du moment que l’Empire n’est pas en jeu, déclarait-il, il n’est pas prudent de discuter avec Madame de Soyecourt. Si tous ceux qui sont pour moi avaient la fidélité de cette femme pour les causes qu’elle soutient, je n’aurais pas tant de soucis.»

Très attachée à son couvent de la rue de Vaugirard, la Mère Camille achève sa vie féconde par un dernier acte de générosité particulièrement méritoire. En 1845, elle cède ses bâtiments à Monseigneur Affre qui va y fonder l’École des Carmes, berceau de l’Institut Catholique de Paris.

La Carmélite, elle, meurt quatre années plus tard, à l’âge de 91 ans, entre les murs d’un nouveau couvent situé à quelques mètres de celui des Carmes.


Camille de Soyecourt et Saint Joseph des Carmes

Affectés à un magasin d’approvisionnement en 1795, l’église et le couvent sont bientôt menacés : en août 1797 le domaine est vendu à un entrepreneur en bâtiments qui en pille les métaux juste avant sa destruction prévue. Pour l’en empêcher, Sœur Camille de Soyecourt rachète le cloître et l’église grâce à sa fortune personnelle. Regroupant quelques Carmélites ayant résisté à la tourmente, Sœur Camille réimplante la vie conventuelle, et le 29 août 1797, la Messe est célébrée à l’église Saint-Joseph des Carmes.

Habitée par le souvenir de son père emprisonné ici, Mère Camille (élue prieure en 1800) remet en état l’oratoire du jardin puis l’ensemble du couvent, finalement racheté en 1807.

Sous l’Empire, Mère Camille, accusée de conspiration contre le gouvernement, est internée pendant deux ans en province. Le retour des Bourbons assure calme et prospérité au Carmel. La duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI, visite souvent le couvent où Mgr de Quelen, futur archevê-que de Paris, est ordonné prêtre en 1817.

Finalement, ne pouvant plus assurer l’entretien des bâtiments, les carmélites les vendent à Mgr Affre, archevêque de Paris, pour y installer l’Ecole des hautes études ecclésiastiques. En 1845, la communauté des Carmélites déménage au 89, rue de Vaugirard.





sources :

Nominis

Révolution et persécutions religieuses (18è-19è siècles) - Le Carmel en France

Sequela Christi (pdf)

SANTI OCD - SANTOS OCD - Postulazione Generale Carmelitani Scalzi - Roma


La discussion

 Camille de Soyecourt, de Assum [2008-05-09 05:29:15]