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JUILLET 2003 A MARS 2011

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Court, le débat Imprimer
Auteur : Jeddis
Sujet : Court, le débat
Date : 2004-04-19 20:50:35

En l'occurence, le mauvais procès c'est Sernine qui le fait en falsifiant la pensée des autres. Au fait quelle est l'utilité d'une attaque aussi violente contre un courant de pensée catholique :

Voici ce qu'en pense Paul Chaussée :

L’AFFAIRE SERNINE


Dans son catalogue France Livres de décembre 2003, et sous les titres « un débat explosif – Le mythe de la gnose démonté », les Éditions Clovis, de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, District de France, proposaient en ces termes le livre de Paul Sernine : La paille et le sycomore – À propos de la « gnose » (Éditions Servir) :
« Depuis la fin des années 70, sous la plume d’un auteur, est apparue une nouvelle notion, celle de « gnose ». Selon cet auteur, en toute erreur (passée, présente ou à venir) il y aurait une clé, et ce serait la « gnose ».
Loin des querelles de personnes, Paul Sernine entreprend une analyse approfondie et sereine de cette nouvelle notion de « gnose », la confrontant aux enseignements du Magistère de l'Église, aux écrits des théologiens et à l’histoire ecclésiastique. Ce sont des révélations renversantes qu’il nous livre. Au terme d’un exposé rigoureux, il démontre que cette nouvelle notion de « gnose » constitue un mythe, historiquement faux et intellectuellement absurde. Or comme l’affirme saint Thomas : “La vérité de la foi devient la risée des incroyants, lorsqu’un catholique insuffisamment instruit affirme comme un dogme ce qui, en réalité, ne l’est pas, et s’oppose à des faits avérés ou à des documents certains.” Après avoir lu ce livre, vous ne verrez plus les choses de la même façon. »

En effet, après avoir lu ce livre, nous ne voyons plus certaines choses de la même façon.
C’est qu’il engendre une controverse d’une ampleur que l’on peut estimer déraisonnable mais qui, néanmoins, prend l’allure d’un véritable scandale, et cela pour plusieurs raisons :
o Ce livre n’est pas ce qu’affirme la présentation ci-dessus.
o Il attaque constamment et méthodiquement quelques personnes désignées.
o Il est entièrement basé sur une unique citation (soulignée par nous ci-dessus), très souvent répétée, et qui s’avère être une falsification par Paul Sernine.
o L’argumentation en est critiquable quant au fond et quant à la forme.
o La forme est plus proche du pamphlet que de l’étude sereine d’une question discutable.
o Rétablir la vérité n’est qu’un prétexte ; le véritable dessein (caché) de l’auteur est de combattre la « conjuration antichrétienne » comme explication de l’histoire.
o « Sernine » est (hélas !) un prêtre de la Fraternité Saint Pie X et son pseudonyme est devenu transparent.

Oui ce scandale est affligeant mais, en même temps, il a un côté rassurant car il est clair que, pour nous protéger, la Providence a conduit la subversion à se démasquer en lui permettant d’aller trop loin, comme sûre de son immunité. La suite incombe aux hommes responsables. Car : « Si l'on se scandalise au sujet de la vérité, laisser éclater le scandale est plus profitable que d'abandonner la vérité. » (Saint Grégoire le Grand cité par s. Thomas d'Aquin, Somme théologique IIa. IIae Q.43, art. 7, sed contra).
UNE PUBLICITE MENSONGERE
Le dernier catalogue France Livres (n° 41, février 2004) des Editions Clovis consacre sous l’entête Spiritualité, une bonne demi-page est à promouvoir le livre de Paul Sernine La paille et le sycomore en citant treize extraits des recensions parues dans la presse.
Or cette publicité est mensongère et sa promotion par des moyens malhonnêtes, portera fatalement préjudice à la Fraternité qui a autorité sur les Editions Clovis.

En effet :
1° – Cette publicité paraît dans la rubrique Spiritualité alors que l’ouvrage en question ne traite évidemment pas de spiritualité.
2° – Sur les treize extraits, dix sont favorables ou franchement élogieux, comme les quatre émanant d’inconditionnels connus : Serge de Beketch (Le Libre Journal), Yves Chiron (La Nef), l’abbé Guillaume de Tanoüarn (Certitudes), et Olivier Figueras (Présent).
3° – Le plus surprenant, ce sont les trois citations d’adversaires du livre de Sernine : une de Lectures françaises (de DPF qui édite Etienne Couvert, principale cible de Sernine), et deux de Sous la Bannière (Adrien Loubier et Alain Kérizo). Pour pouvoir exploiter ces recensions très critiques, le rédacteur a, dans le premier cas, tronqué une phrase pour lui faire dire l’exact contraire de ce que son auteur avait écrit ; dans les deux autres cas, il a isolé la phrase de son contexte qui en précisait le sens.
Pourquoi cette manipulation (qui paraît sous le bandeau « Seule la vérité est en mesure d’éclairer et de pacifier les esprits ») alors que les dix citations favorables auraient dû suffire ? Il y a là quelque chose d’irrationnel, puisque tout lecteur tant soit peu curieux peut aisément rapprocher ces extraits cités des recensions publiées. C’est ce que j’ai fait, et voici les constats :

1.- CLOVIS CITANT LECTURES FRANÇAISES (n° 560, décembre 2003, p. 88-89) :
« Paul Sernine vient de publier aux éditions Servir un livre intitulé La paille et le sycomore dans lequel il prétend réfuter définitivement les travaux sur la Gnose (…) d’Etienne Couvert (…) et d’une manière générale tout ce qu’il appelle « l’école des Cahiers Barruel ».
TEXTE ORIGINAL DE LECTURES FRANÇAISES (les mots soulignés ont été supprimés par Clovis) :
« Monsieur Paul Sernine vient de publier aux éditions Servir (diffusées par “Clovis”) un livre intitulé La paille et le sycomore dans lequel il prétend réfuter définitivement d’une part les travaux sur la Gnose de notre ami Etienne Couvert ainsi que ceux de Jean Vaquié et d’une manière générale tout ce qu’il appelle « l’école des Cahiers Barruel », d’autre part, les justifications fournies à ce sujet dans le n° 37, été 2001, du Sel de la terre, etc. […] Nous répondrons comme il se doit, en temps voulu, à ce livre dans Lecture et Tradition, et nous montrerons quelle est la valeur réelle de ses arguments.
Et cet article se termine par cette phrase : « Quand nous aurons dit ce que nous avons à dire sur le travail de M. Sernine, nous craignons que ses apologistes n’aient pas très bonne mine ! ».
Isolée de son contexte, la première partie de la phrase de Lectures françaises est ambiguë car prétend signifie soit a la ferme intention de, soit ose donner pour certain (sans nécessairement convaincre autrui). Les mots « de notre ami » levaient l’ambiguïté car ils précisaient déjà que le rédacteur de ces lignes n’était pas favorable à Sernine et que prétend signifiait ose donner pour certain ; c’est pourquoi ils ont été supprimés et “honnêtement” remplacés par les points de suspension. Or, faute de ces trois mots et du reste du paragraphe, le lecteur comprendra que Sernine a la ferme intention de réfuter, etc.

2.- CLOVIS CITANT ADRIEN LOUBIER, (SOUS LA BANNIERE, n°110, nov. Déc. 2003, p. 17-19) :
« Monsieur Paul Sernine vient de publier un livre qui nous rassure définitivement, en diluant de façon péremptoire une des causes de toutes nos angoisses : j’ai nommé la gnose. »
Ici, point n’a été besoin de tronquer le texte d’Adrien Loubier ; il a suffit de prendre la première phrase de sa recension et d’omettre tout le reste. En effet, dès la deuxième phrase, on comprend que M. Loubier traite le sujet par l’ironie et brocarde Sernine au long de trois pages, pour conclure : « La plus grande ruse du démon est de se faire oublier ; ou de faire croire qu’il n’existe pas. Et il en est de même pour la gnose (supposé qu’elle existe), à qui l’on ne peut rendre de meilleur service que de faire croire qu’elle n’existe pas. À la fin, on vient à se demander qui donc cherche-t-on ainsi à cacher ? Aussi je pense que La paille et le sycomore est un mauvais livre, qui ne sert qu’une mauvaise cause. »

3.- CLOVIS CITANT ALAIN KERIZO, (SOUS LA BANNIERE, même numéro, p. 20-21) :
« Paul Sernine vient de publier un ouvrage intitulé La paille et le sycomore – A propos de la gnose. (…) En l’occurrence, l’auteur entreprend de ruiner les travaux et études menés par Etienne couvert et l’équipe fondatrice des Cahiers Barruel sur la gnose. »
Ici aussi, le rédacteur de Clovis a choisi de ne reproduire que des fragments des deux premières phrases de cette recension, dont tout le reste ne contient pas une seule ligne qui soit utilisable pour promouvoir la vente du livre en question, bien au contraire. Le titre dit déjà tout : « Beaucoup de bruit … pour rien ! »
Et la conclusion ne manque pas de sel puisque Alain Kérizo pose la question : « Pourquoi Paul Sernine a-t-il choisi ce pseudonyme ? C’est l’anagramme d’Arsène Lupin, célèbre “gentleman cambrioleur”, avec des côtés séduisants mais escroc d’envergure. Or Maurice Leblanc, père de ce héros, était grand maître Rose-Croix, et Arsène Lupin, dans lequel Maurice Leblanc s’est reflété, était un personnage éminemment gnostique ! »
Nous n’avons pu vérifier que ces trois recensions. Qu’en est-il des autres ? Elles aussi peuvent avoir été l’objet d’un “traitement de texte” fabriquant une fausse bonne appréciation.
Quoi qu’il en soit, nous voilà édifiés. Cependant, des questions subsistent. Pourquoi avoir choisi ce pseudonyme ambigu et très peu catholique ? Qui sont cet auteur et cet éditeur se permettant une telle distorsion volontaire de la vérité ? Dans quel dessein ? Que vaut réellement ce livre ?
Ici, je précise que ne m’intéressait pas le débat proposé par Sernine et encouragé par France Livres. Mon opinion était faite depuis longtemps, par la lecture de bons ouvrages bien antérieurs à La paille et le sycomore, et j’ai d’autres chats à fouetter que Gricha. En outre, je répugnais à payer 15 € l’ouvrage d’un illustre inconnu, fut-il présenté élogieusement. Cependant, la Providence en laquelle je crois "dur comme fer" attira mon attention sur les bizarreries évidentes de La paille… et elle me fit parvenir ce livre de deux sources différentes et sans frais. C’était m’inviter clairement à le lire avec attention, ce que je fis. Et je découvris que, de la première présentation de cet ouvrage par France Livres en décembre 2003, seule la dernière phrase était absolument vraie, mais pas comme le pensait son rédacteur. Voici donc le fruit de cette lecture et des réflexions qui s’ensuivirent.

QUI EST PAUL SERNINE ?
Qui est cet auteur ? Yves Chiron écrit sans malice : «Il s’agit du pseudonyme du directeur d’une maison d’édition catholique. » (Alethèia n° 49). Dans Sous la Bannière (n° 110, p.26), Félix Causas nous apprend qu’en 1993, paraissait aux Éditions GRICHA (“La nuit tous les chats sont gris”), une brochure confidentielle intitulée L’école des Cahiers Barruel, - L’avenir d’une illusion, « brochure dont on reconnaît l’essentiel repris dans le livre de Sernine ». Elle était signée par Grégoire CELIER.
Quant au dessein… Faire croire que la gnose n’existe pas pourrait déjà suffire, mais Arsène Lupin ne se contentait pas de petits exploits, et l’on comprend qu’Adrien Loubier se soit interrogé : « Qui donc cherche-t-on ainsi à cacher ? » Sur ce dernier point est instructive la petite brochure de 12 pages insérée dans le Sel de la terre n° 47 et portant le titre De la subversion. Nous y reviendrons plus loin.
Paul Sernine est un donc le masque derrière lequel s’avance (larvatus prodeo) Grégoire Celier, prêtre de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X et directeur de la maison d’éditions Clovis-Fideliter. Mais c’est un prêtre philosophe et, malheureusement pour nous lecteurs, plus philosophe que prêtre.
Un homme est caractérisé par son comportement, son style et ses œuvres.
Voici quelques ouvrages de l’abbé Celier qui les signe tous “Grégoire Celier”. Serait-il gêné par sa qualité de prêtre ? Ou est-ce sa tactique de toujours « s’avancer masqué » ?

1987 – Grégoire Celier, La dimension œcuménique de la réforme liturgique. Editions FIDELITER, Le Pointet, Escurolles. © G. CELIER – 1987.
En exergue, une citation de Mgr A. Bugnini (mais oui !) : « La réforme liturgique est une grande conquête de l'Église catholique, avec d’importantes répercussions œcuméniques ; non seulement elle a provoqué l’admiration des autres Églises et communautés chrétiennes, mais de plus elle représente pour elles une sorte de modèle. » (1974).
C’est un travail d’historien avec plus de 300 citations dont la plupart sont contraires à la doctrine traditionnelle, mais aucune n’est corrigée par un rappel de la vérité ; il pourrait être signé par un conciliaire progressiste ou par un protestant. L’auteur a totalement oublié (ou écarté) le précepte de saint Paul : « Je t’en conjure…insiste à temps et à contre-temps, corrige, menace, exhorte, toujours avec patience et en instruisant. » (II Timothée 4, 1-2). L’avertissement ne contient aucune mise en garde contre l’œcuménisme moderniste et il ne s’y trouve aucune critique en conclusion.
Je me demande comment les supérieurs de la Fraternité ont pu cautionner l’édition de cet ouvrage qui en aucun endroit ne corrige ni seulement signale l’erreur foncière de cet œcuménisme et de cette réforme.

1993 – Grégoire CELIER, L’École des Cahiers Barruel – L’avenir d’une illusion.
Éditions GRICHA – 1993.
Félix Causas (Sous la Bannière n° 110, p. 26), reconnaît dans cette brochure l’essentiel des arguments que Paul Sernine reprend dans La paille et le sycomore. On le vérifie aisément en comparant le texte de cette brochure (reproduit dans Nouvelle revue Certitudes n° 4, 4e trimestre 2000, p. 69 à 76) avec le texte de La paille et le sycomore. Ils sont identiques. Sernine a intégralement recopié, mot à mot (sauf rares corrections mineures de forme), les trois paragraphes « Le silence du Magistère », « L’impossibilité intellectuelle » et « L’argument de prescription » qui, uniques arguments de la démonstration de Celier, deviennent les trois chapitres centraux du livre de Sernine.
Enfin, il importe de remarquer deux choses :
o Derrière la couverture on trouve cet intéressant Avertissement : « La présente brochure n’est pas diffusée dans le public et doit être considérée comme une étude purement privée ; merci de n’en pas faire état, non plus que de son auteur, dans une publication. Grégoire CELIER. Adresse : CFH, B.P. 337-16, 75767 Paris Cedex 16. »
o Le logo des Éditions GRICHA est un chat noir au poil hérissé et toutes griffes dehors ; il est entouré de l’exergue “La nuit tous les chats sont gris.” [Étrange, n’est-ce pas ?]

1994 – Grégoire CELIER, L'Église déchirée – Appel aux « catholiques Ecclesia Dei ». Editions FIDELITER, Eguelshardt, (avril) 1994. © Éditions Gricha, 1994. Adresse donnée pour envoi de « critiques, remarques et compléments d’information » : CFH, B.P. 337-16, 75767 PARIS Cedex 16.
Cet ouvrage est plus une polémique courtoise qu’une défense de la Tradition en liturgie. Beaucoup de textes cités en défense de la liturgie traditionnelle auraient été mieux utilisés dans le livre La dimension œcuménique de la réforme liturgique. Ouvrage décevant malgré quelques paragraphes et citations défendant la messe tridentine. Enfin, notons que même édité par Fideliter, Grégoire Celier tient à conserver le droit de copie (©) aux Éditions Gricha. [Etrange, n’est-ce pas ?]

1994 – Grégoire CELIER, Le dieu mortel, Éditions Fideliter, Eguelshardt 1994 (octobre). En page de garde : © Gricha and his kittens, 1994 [le chat gris et ses chatons] et l’invitation : « Merci d’envoyer vos critiques, remarques et compléments d’information à Grégoire CELIER, adresse ; CFH, B.P. 337-16, 75767 Paris Cedex. »
En même page, l’auteur adresse ses remerciements à ses « collègues professeurs de philosophie Alain-Marc, Daniel et Thierry dont les remarques me furent précieuses » et aussi à « Patrick et Catherine, Etienne, René et Yvonne, Philippe, Xavier, Anne, André, [etc.]. Aucun patronyme ; on suppose que ce sont les “chatons” que M. Celier ne veut pas compromettre en dévoilant leur identité.
Cet ouvrage qui se présente comme un dialogue entre le maître et son disciple est une sorte d’invitation à la philosophie et s’ouvre par cet exergue mystérieux (sinon ésotérique) :

Autrefois j’avais un petit jeu,
J’aimais me retourner en rampant dans mon cerveau.
Je pense que vous connaissez le jeu dont je parle ?
Je parle de ce jeu qu’on appelle « devenir fou ».

Ce petit jeu est amusant.
Fermez simplement vos yeux, il est impossible de perdre.
Je suis ici, je viens aussi.
Laissez-vous aller, nous passons de l’autre côté.
J. M.
Pour éviter d’être mis en cause par les non “initiés”, G. Celier les avertit : « On se gardera d’identifier l’auteur à l’un des protagonistes du dialogue, ni même à leur réunion. S’il avait parlé lui-même, le rédacteur aurait sans doute dit les choses autrement. Mais il a préféré laisser à ses personnages une certaine liberté de ton et de pensée, en sorte qu’il ne prend pas forcément à son compte toutes et chacune des affirmations émises dans leurs conversations. »
Si on l’ignorait encore, l’entretien publié par Le libre Journal de Serge de Beketch (n° 55 du 30.12.1994) confirme que Grégoire Celier est prêtre, professeur de philosophie, et que le titre Le dieu mortel désigne l’homme.
Mais le pire est révélé par la lecture attentive du livre : celui-ci refermé, l’on se demande ce qu’il y a de catholique dans la philosophie à laquelle Celier veut introduire ses jeunes lecteurs. Lorsque, après bien des détours, il aborde enfin la question de Dieu, « Être suprême », c’est pour faire une réponse d’agnostique (p. 275) et laisser chacun à ses propres recherches (p. 290). En qualité de prêtre catholique, il aurait dû au moins renvoyer à la Révélation en indiquant le début des pistes permettant de l’aborder sans se perdre dans le dédale des questions secondaires, mais il ne le fait pas. En qualité de professeur catholique, il aurait pu se référer à des ouvrages de bonne vulgarisation thomiste, mais il ne cite pratiquement que des auteurs païens, ou naturalistes, ou sceptiques, bref, de mauvais auteurs dont la lecture ne conduit qu’à des impasses. À cet égard, l’annexe est éloquente. Les deux recensions dans Le Sel de la terre (n° 12, printemps 1995, p. 170 à 182) relèvent bien d’autres points très critiqués, mais je me limite ici à ce qui m’a fait classer cet ouvrage parmi les « mauvais livres ».
Et notons encore les étrangetés du © Gricha and his kittens, et de l’exergue sibyllin ou ésotérique.

2003 – Paul Sernine, La paille et le sycomore – À propos de la « gnose », Éditions Servir, 2003.
Dans son Avertissement, l’Éditeur (par Nouvelle revue Certitude n° 13, on sait que c’est l’abbé Guillaume de Tanoüarn, mais pourquoi, dans ce livre, cache-t-il lui aussi, son identité ?) annonce la thèse p. 7 : Par “amour de la vérité”, Paul Sernine va réfuter avec compétence et méthode l’affirmation caractéristique des Cahiers Barruel et de Monsieur Etienne Couvert : « En toute erreur, “il y a une clé…, et c’est la “gnose” (La gnose contre la foi, p. 161.) » Eh bien, allons voir p. 161.
LA FALSIFICATION
J’ai donc repris l’ouvrage d’Etienne Couvert La gnose contre la foi pour vérifier la citation et son contexte. Or ni en p. 161, ni avant, ni après, on ne trouve les trois mots « en toute erreur » et la suite « il y a une clé…et c’est la “gnose". » Voici ce qu’on lit à la page 161, dans le chapitre Gnose et romantisme, (il s’agit du cas de Victor Hugo) :
« À partir de ce moment [après avoir reçu l’enseignement de Lamennais], Victor Hugo est complètement gnostique et adorateur de Satan. Il se dit initié par des révélations d’en bas : la bouche d’ombre dans les Contemplations, le spectre ou bise de mer, l’Archange nocturne dont il tire des choses surprenantes, obscures, noires, absurdes… Pour celui qui ne possède pas la Clé. Mais il y a une Clé… et c’est la “Gnose“ ».
Comprenons que, des « révélations d’en bas, Hugo tire des choses surprenantes …, obscures, pour celui qui ne possède pas la clé, c’est-à-dire qui n’a pas été initié dans la Gnose ». À cette phrase sans mystère, Sernine ajoute les mots « En toute erreur » et il en fait l’unique thèse, la seule affirmation révélatrice qu’il répète inlassablement. Il est évident que le sens de la phrase complète de M. Couvert est bien différent ; qu’il s’agit donc d’une falsification de citation par adjonction de ces trois mots ; que ceux-ci ont été régulièrement ajoutés chaque fois que cette citation était répétée – soit une dizaine de fois – et qu’il ne s’agit donc pas d’une erreur. Voilà ce que l’Éditeur appelle (p. 15) un « modèle de méthodologie en matière de science catholique. »
« Que l’on critique Etienne Couvert pour des jugements trop catégoriques ou injustes, pour une certaine systématisation, pour telle ou telle erreur sur des points précis, la chose est légitime à condition d’apporter des preuves. Mais est-il admissible qu’on cherche à le disqualifier en lui attribuant, à dix reprises, une citation qui n’est pas de lui ? » (Arnaud de Lassus in Action familiale et scolaire n° 171, p. 64).
Cette falsification répétée suffit à disqualifier son auteur et même l’éditeur qui la fait sienne dans son Avertissement (p. 7). Nous pensons qu’il s’agit là d’une faute tellement grave et grossière qu’elle n’a été permise par la Providence que pour nous faire voir le grand danger menaçant prêtres et fidèles de la Fraternité, danger qui n’est pas celui que dénonce Sernine. Nous y reviendrons plus loin.
LA PAILLE ET LE SYCOMORE – NOTES DE LECTURE
Je pourrais m’arrêter ici, considérant que la cause est entendue. Toutefois, observant l’intervention forte et suave de la Providence, j’ai poursuivi ma lecture, crayon en main et j’ai pris les notes suivantes sans prétendre discuter le fond de la question qui, souvent, dépasse mon savoir ou le temps disponible. Les notes se réfèrent à la pagination de La paille… Les citations de Paul Sernine sont reproduites en italiques et entre guillemets. Mes commentaires sont entre crochets […]
Page 10 : « Paul Sernine est tout l’opposé d’un "gnostique" … S’il avait penché vers de telles erreurs, les éditions Servir n’auraient pu l’accueillir en leur sein. » [Sernine et son éditeur témoignent pour eux-mêmes. Qu’est-ce que cela vaut ?]
p. 11-12 : [Toutes ces questions ne reçoivent pas de réponse claire dans le livre de Sernine. Elles ne sont là que pour prouver l’importance du problème et annoncer une éventuelle suite à La paille…]
p. 14 : Ce n’est évidemment pas « l’impressionnante bibliothèque » et « la profusion d’ouvrages rares » qui font de son propriétaire un « véritable spécialiste de ces questions ». [Une tête bien pleine ne vaut pas une tête bien faite].
p. 15 : «… la précision des références, la rigueur de l’analyse, la densité de la démonstration, le respect des personnes [ !!!] la clarté de l’exposé », etc. [Qu’importe tout cela si l’esprit est faux et s’il lui manque la Charité ! (ce qui paraît bien être le cas ici.)]
p. 25-26 : « Nous espérons que nos honorables contradicteurs refuseront eux aussi toute querelle de personnes, toute polémique assassine. » [Éviter les polémiques ? les querelles de personnes ? Quelle tartufferie ! Mais tout ce livre n’est que cela ! Dès la page 26, Sernine engage une polémique qui ne cessera plus et qui ne vise que ces personnes dont les noms reviennent en ritournelle : les Cahiers Barruel, Messieurs Vaquié, Couvert, Lagrave.]
p. 36 : « La “gnose” des Cahiers Barruel représente un courant d’idées, une hérésie, une mentalité qui semble traverser et transcender l’histoire. » [Affirmation gratuite, faute de définir cette “gnose”.]
p. 71 : La thèse de Sernine énoncée p. 36 devient un « unique système, un unique principe qui rassemble toutes les erreurs. » [Est-ce une nouvelle définition ?]
p. 83 : « En toute erreur, affirme en effet Monsieur couvert, “il y a une clé…, et c’est la "gnose". » [L’affirmation de base évolue une fois de plus. On notera l’importance des guillemets en cascade qui permettent des ambiguïtés : il suffit “d’oublier” ici ou là ce petit signe de ponctuation.]
p. 84 : La « “gnose” transhistorique qui est à proprement parler le concept nouveau proposé par les Cahiers Barruel et Monsieur Couvert. » [Encore un enrichissement du concept toujours indéfini.]
p. 86 à 97 : [Dix pages pour démontrer l’erreur de M. Couvert comparée au jugement des papes sur Dante. Sont-ils infaillibles en cette question, (importante pour les Italiens, mais pour l’univers ?) N’aurait-il pas été plus simple de demander à M. Couvert en quoi il jugeait Dante gnostique ? Idem quant à Clément d’Alexandrie. Rapportées au sujet de l’ouvrage, ces critiques sont dérisoires et visent plutôt Couvert lui-même.]
p. 85, 108 et 118 : La «“gnose” fédérerait toutes les erreurs et en serait la source ». [Encore une évolution avec extension du concept incriminé.]
p. 96 : « Le Sel de la terre a méticuleusement tronqué une lettre de lecteur » (le Pr Pasqualucci). [Ceux qui lisent Le Sel de la terre savent que c’est faux. (En matière de falsification méticuleuse, Sernine prouve sa maîtrise dans son livre, comme dans les extraits de recensions publiées dans le catalogue France Livres Clovis de février 2004, p. 7).]
p. 111 : « Les Cahiers Barruel et Monsieur Couvert affirment qu’il existerait… Ils affirment que dans la plupart des cas… Ils affirment que les différences qui existent…» [mais Sernine ne cite aucun passage autre que celui de La gnose contre la foi, p. 161 qu’il falsifie à chaque occasion par l’ajout de En toute erreur. Alors, où sont ces « affirmations » ?]
p. 109 et 118 : [9 pages pour démontrer l’impossibilité intellectuelle de la gnose selon la définition que Sernine a inventée et répète ad nauseam p. 111-112.]
p. 118-119 : Sernine concède : « ces multiples courants d’erreurs font partie de la “Cité du diable” », mais « tous les pécheurs (donc chacun de nous) appartiennent en tant que pécheurs, à cette cité du diable. » [Je ne suis pas théologien et je m’avance peut-être témérairement, mais je crois que cela est faux car ne font partie de la cité du diable que ceux qui ne sont pas enfants de Dieu par le baptême ou qui se sont retirés du Corps mystique du Christ. Cf. Pie XII in Mystici Corporis § 20 :
« L’infinie miséricorde de notre Sauveur ne refuse pas maintenant une place dans son Corps mystique à ceux auxquels il ne la refusa pas autrefois à son banquet. (Mt 11,11). Car toute faute, même un péché grave, n’a pas de soi pour résultat – comme le schisme, l’hérésie ou l’apostasie – de séparer l’homme du Corps de l'Église. »
La cité du diable, c’est la cité des anges révoltés (S. Augustin, Livre XI, c. 34) et germe de la cité de la terre, bâtie par l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu. Mais si « la nature viciée par le péché, enfante les citoyens de la cité terrestre, la grâce qui délivre la nature du péché [par le baptême] enfante les citoyens de la cité céleste. » (Livre XV, c. 2).]
p. 120 : Sernine qui ne comprend pas l’argument du Sel de la terre, y voit une « concession majeure » et une « incohérence à peu près absolue », [ce qui lui donne prétexte à répéter une énième fois que pour eux (les Cahiers Barruel et Monsieur Couvert)] « pour eux en toute erreur « il y a une clé… et c’est la “gnose” ».
p. 122-123 : [Argumentation de mauvaise foi sur les « grandes lignes de la gnose », mauvaise foi évidente lorsque l’on compare le texte original du Sel de la terre (n° 37, p. 127-128) avec les « six propositions extraordinaires » de Sernine (p. 125), qui conclut : « Nous nageons dans le non-sens et l’absurdité. » [Cela vise simplement à ridiculiser les Pères dominicains. Procédé foncièrement malhonnête car Sernine oublie qu’il a refusé la définition de la gnose que donnait le Sel de la terre p. 126 et 130, pour s’attacher à la fausse définition qu’il a fabriquée en ajoutant les trois mots “En toute erreur” à la citation de Couvert : « Il y a une clé, c’est la gnose. »]
p. 128, 139, 150 et 153 : [Considérer les « Auctores probati », auteurs approuvés, comme juges qualifiés est un piège tendu à M. Couvert car la prétendue « thèse des Cahiers Barruel et de Monsieur Couvert » ayant été fabriquée par Sernine ou par son Éditeur en 2003 (cf. La paille … Avertissement de l’éditeur, p. 7) et martelée à coups répétés afin de passer pour vraie, il est évident qu’on ne peut lui trouver d’approbation ni même de références dans des auteurs antérieurs à Sernine. Et si cette thèse est « absolument inédite » (p. 150), « absolument inusitée » (p.153) comme l’affirme Sernine (en la répétant deux fois de plus), c’est parce qu’il vient de l’inventer en falsifiant le texte de M. Couvert opportunément découvert dans La gnose contre la foi, p. 161.]
p. 139 : [La parfaite « orthodoxie » des auteurs cités par M. Lagrave est le critère unique imposé par Sernine pour être « auteurs approuvés », critère qui lui permet ainsi d’en disqualifier dix sur treize. Or le but de M. Lagrave n’est pas de dénoncer les erreurs de la gnose, mais de prouver sa virulence et sa persistance (cf. Lectures et Tradition n°293/294 p. 6). Dès lors, il importe peu que ces auteurs soient orthodoxes ou hétérodoxes.]
p. 131 : « Le combat des Deux Cités, (…) doctrine commune que nous partageons entièrement » [Cela est faux puisque p. 119, Sernine nous met tous dans la Cité du diable.] « …Le démon n’utilise qu’une seule doctrine d’erreur, indéfiniment répétée. » : [Nouvelle affirmation sans preuve et sans citation.]
p. 132 : La « thèse propre aux Cahiers Barruel et à Monsieur Couvert » [devient dans la pseudo démonstration de Sernine] « affirmation d’un lien absolu entre toutes les erreurs. » et « dénonciation de la gnose comme unique forme d’erreur. » [Encore un enrichissement.]
p. 140 : D’où le coup de griffe de Sernine à MM. Couvert et Lagrave, qui ont eu « l’idée saugrenue » de « faire du remplissage ». [On aura observé que le remplissage est une technique favorite de M. Sernine.]
p. 145 : [Dans la citation de l’ouvrage du Père Cornélis La gnose éternelle, Sernine coupe après la première phrase. Or la dernière phrase citée par Lectures et Tradition p. 44 est très significative et favorable à MM. Couvert et Lagrave : « Néanmoins entre ces différentes formes de sagesses “primordiales”, “éternelles”, il y a de telles ressemblances de mentalité, d’attitude, d’esprit, de comportement, qu’il n’est pas arbitraire de prétendre que la gnose éternelle lance dans le monde contemporain de nouveaux surgeons. » (On voit une fois de plus comment Sernine pratique l’art d’exploiter les citations.)]
p. 147 : [Sernine utilise le même procédé avec le texte de l’abbé Barbier qu’il cite en faisant remarquer qu’il reste] « dans une prudente expectative, (tous les verbes de cette partie étant au conditionnel) » : « le gnosticisme qui s’abrita derrière les symboles de la corporation des ouvriers maçons (…) fut un gnosticisme très adultéré. » [Les infiltrations maçonniques dans l'Église, p. 107. Mais deux pages plus loin, on trouve la conclusion de Barbier favorable à la position de MM. Lagrave et Couvert : « Le gnosticisme, aujourd’hui émancipé de la tutelle maçonnique, s’est épuré avec l’appui de la science moderne et peut poursuivre maintenant en liberté le cours de ses destinées. Mais avant de supplanter tout à fait les différentes formes que la religion a prises dans le monde, il est obligé de se constituer sur un plan semblable à celui qu’avaient adopté les premiers fondateurs de la franc-maçonnerie. » (p. 109) – On remarquera que, contrairement à l’affirmation de Sernine, tous les verbes sont au présent. Seule la dernière phrase (p. 109 soit deux pages plus loin) est au conditionnel : « De cette origine résulterait donc une sorte d’identité, à tout le moins une réelle parenté, entre la véritable initiation maçonnique et l’initiation aux mystères de la Gnose ; et ainsi s’expliquerait que les secrets de l’une comme de l’autre soient impénétrables à ceux qui n’atteignent pas au rang des Parfaits. »]
[L’analyse du texte de l’abbé Barbier à laquelle procède Sernine p. 148-149 est d’ailleurs vaine puisqu’elle consiste à comparer ce texte avec la prétendue thèse des Cahiers Baruel et de Monsieur Couvert, pour pouvoir conclure que l’abbé Barbier n’affirme évidemment pas] « qu’en toute erreur, « il y a une clé… et c’est la gnose » [D’ailleurs, cet auteur n’est pas « approuvé ».]
p. 149 et 152 : Quelques lignes plus loin, Sernine reprend : « Là donc où les Cahiers Barruel et Monsieur Couvert affirment que toutes les erreurs, absolument toutes [noter la progressivité dans l’évolution de la thèse incriminée] sont liées à la "gnose", l’abbé Barbier n’y rattache que presque toutes les sectes occultes formées au sein du christianisme. » [Or voici ce qu’écrit l’abbé Barbier : « Dans la suite des siècles, les sectes occultes qui se formèrent au sein du christianisme, et la Franc-Maçonnerie elle-même (en note Albert Pike, est la moelle de la F Il: "La Gnose écrit le T Franc-Maçonnerie". La Gnose, mars 1910 p. 82.) n’offrirent presque toutes qu’une adaptation plus ou moins grossière des erreurs gnostiques à l’état contemporain de la science religieuse et profane, et souvent en revendiquèrent la tradition comme leur propre héritage. » (Lectures et tradition p. 40, et E. Barbier p. 77.). Il est vrai que l'assertion de l’abbé Barbier n’affirme pas que toutes les erreurs de la gnose contemporaine sont liées à la gnose des premiers siècles mais elles en furent néanmoins l’adaptation avec une parenté certaine. D’ailleurs, l’abbé Barbier écrit que « le but secret de la nouvelle société [la Franc-Maçonnerie issue de la fusion des Rosicruciens et de la Fraternité des Maçons libres] était toujours de reprendre l’œuvre des anciens Gnostiques et des Templiers, qui était de substituer au christianisme sémitisé et dégénéré de l’Occident, un christianisme ésotérique, gnostique (…) Le but avoué était la propagande du libéralisme dans tout l’univers. » (E. Barbier, op. cit., p. 106). Mais enfin, quoi qu’il en soit, qu’importe ! puisque Couvert n’a jamais affirmé que toutes les erreurs, etc. Notons quand même encore que les mots « inévitabilité intellectuelle » que Sernine met entre guillemets p. 152 ne se trouvent pas dans Barbier ; ils ne sont là que pour confirmer la thèse de Sernine.]
p. 155 à 177 : Des « erreurs graves ». [Ce chapitre hors sujet n’aurait été suscité que par la « lecture attentive » (p. 155, 176 et 179) des Cahiers Barruel et des ouvrages de M. Couvert. Mais il sert à répéter une fois de plus, sous une autre formulation, la fameuse et fausse thèse en cause] : « cette notion d’une "gnose" indéfiniment plastique et malléable, qui causerait, rassemblerait et expliquerait toutes les erreurs de l’histoire de l’humanité » (p. 155). [Ce chapitre sert aussi et peut-être surtout à préparer l’estocade finale en montrant qu’en matière de philosophie et de théologie, MM. Vaquié et Couvert ne sont que des ignorants. Étant moi-même un ignorant en ces matières, je m’abstiendrai d’en discuter. Je m’étonne cependant que ces « erreurs graves », ces « erreurs préoccupantes » soient restées tant d’années sans avoir été censurées ni même relevées. Mais : « Enfin, Sernine vint … »]
p. 179 : Encore un fruit de la « lecture attentive » (dont seul Sernine est capable) : la découverte de « questions troublantes » qui, pourtant, n’avaient jamais troublé personne auparavant :
(a) MM. Couvert et Vaquié ont été vus « au coude à coude avec les plus acharnés sectateurs de la Nouvelle droite » … qui « est essentiellement païenne et antichrétienne » (p. 181). « Comment les auteurs des Cahiers Barruel qui se prétendent si avertis des dangers doctrinaux, ont-ils pu prêter la main à une entreprise aussi suspecte ? » (p. 183). [Oui, comment l’éditeur de Sernine (l’abbé de Tanoüarn) a-t-il pu participer au XXXe Colloque national du GRECE en décembre 1996 et nouer avec le « Cher Alain » [de Benoist] une « complicité inattendue » au point de se trouver avec lui « confrères dans une sorte de cléricature introuvable » ? (Les Amis d’Alain de Benoist, édité par Association des amis d’Alain de Benoist, Paris 2004).]
(b) Mgr Marcel Lefebvre est "un grand inconnu" des Cahiers Barruel où son nom n’apparaît « pas une seule fois en quinze ans » (p. 184), tandis que « si M. Couvert a parlé à deux reprises de Mgr Lefebvre, c’est sans faire aucune allusion à son œuvre de résistance à la Révolution dans l'Église. » (p. 186).[ Peut-être ne suis-je pas aussi "lefebvriste" que Sernine, mais cette question ne me trouble absolument pas. Je pense simplement que MM Vaquié, Couvert et Mgr Lefebvre étaient assez occupés, chacun de son côté, à combattre le même ennemi pour ne pas éprouver le besoin de se citer mutuellement dans leurs publications.]
(c) « M. Couvert a ressorti les arguments des libéraux et des modernistes pour échapper à la force contraignante des enseignements pontificaux » (p.189) [en ignorant l’opinion des papes (italiens) sur Dante (qui était pourtant une des gloires de l’Italie), et même en négligeant leurs discours (qui d’ailleurs, ne sont pas toujours infaillibles). En effet, il y a là de quoi justifier la « profonde perplexité » (p. 190) de Paul Sernine.]
p. 191 à 211 : « D’où viennent tant d’erreurs ? » [Sernine nous l’expose en vingt-deux pages] : – « De méthodes inadéquates dans la recherche des vérités »; – « Monsieur Couvert ne connaît pas les langues originales … il ignore l’hébreu, l’araméen, l’arabe, le sanscrit, l’hindi, le vieux-perse, etc. » ; – « Monsieur Couvert ne s’est jamais rendu dans les lieux dont il parle » ; – « Il met en cause d’une façon systématique, les érudits ou historiens ou scientifiques » ; « Il balaie d’un revers de main toutes les chronologies admises par la communauté scientifique et universitaire. » ; – « Il refuse même de lire les ouvrages qu’il attaque et dénonce » ; – « Il ne donne aucune référence pour les citations qu’il produit » donc il est impossible de « contrôler ses citations, d’aller les relire dans leur contexte » ; – Mais surtout, « en théologie, en philosophie, en histoire religieuse, les auteurs des Cahiers Barruel en général, et Monsieur Couvert en particulier, sont autodidactes. » ! « Cet "autodidactisme" … nous semble être l’origine première des déficiences que nous avons relevées. »
LE BILAN
DES JUGEMENTS CONTRADICTOIRES QUI DIVISENT LA FRATERNITE SAINT PIE X
Monsieur l’abbé Christophe Héry (qui connaît bien Sernine-Celier) écrit : « un petit livre serein mais implacable et rigoureux » … « il fait honneur à la véritable intelligence catholique » … « un livre court, clair, facile à lire… qui opère un véritable sauvetage de la pensée catholique sur ce sujet précis. » (Mascaret, janvier 2004).
Monsieur F.T. (qui ne connaît pas du tout Sernine ni Celier) m’écrit : « Le dirai-je en un mot ? C'est puant. Je ne crois pas que ce soit la mission d'un prêtre de s'abaisser ainsi – tout en jurant qu'il n'a rien de personnel contre ses victimes – à une polémique au vitriol aux frais de quelqu'un qui serait, au pire, un pauvre homme atteint de monomanie (telle est en tout cas la thèse sous-jacente du bouquin). Je ne crois pas non plus qu'il soit honnête de se cacher derrière un pseudonyme pour faire un aussi sale boulot. Bref, je ressors de ce bouquin avec un mauvais goût dans la bouche et beaucoup plus de doutes que lorsque j'en ai entrepris la lecture. » (Corresp. privée, 14 déc. 2003).
MON JUGEMENT PERSONNEL
Le fond du problème de la gnose est discutable à l’infini tant que, préalablement, l’on n’accepte pas une définition commune de la gnose. Ajouter des guillemets à ce mot sans le définir est un piège intellectuel sinon une imposture. Or le fait est que, d’une part, MM. Vaquié et Couvert n’ont pas clairement défini et délimité la gnose, et que, d’autre part, Sernine n’a pas voulu tirer des trois premiers ouvrages de M. Couvert la définition implicite qui s’y trouvait dans les préface et avant-propos. Refusant aussi la définition qu’en donnait Le Sel de la terre (n° 37 p. 126), il a préféré construire tout son ouvrage sur l’ambiguïté dissimulée par les guillemets de la “gnose” (p. 19).
« Les Gnostiques pratiquent “l’anonymat” comme un système d’enseignement. Ils ne signent pas leurs écrits » écrit M. Couvert (De la gnose à l’œcuménisme, p. 13). Font de même les modernistes dépeints par saint Pie X dans Pascendi. On le constate dans le livre de Sernine. [« Je marche masqué », écrivait Descartes (Couvert, op. cit. p. 58)]. Son éditeur, l’abbé de Tanoüarn, ne signe pas son Avertissement et l’abbé Celier s’avance sous le masque de Sernine. Dans ses ouvrages antérieurs, il cachait sa qualité de prêtre. Dès lors, à quoi rime l’affirmation de l’Éditeur : « un engagement personnel de chaque auteur » (p. 5). Il est évident que n’a aucune valeur l’engagement « personnel » de gens masqués. Comment ne le comprennent-ils pas ?
Dans son livre, p. 26-27, Sernine exprime son désir d’éviter « toute polémique assassine » en se limitant aux faits et aux arguments, mais dès la page suivante, il ouvre le feu en reprochant à ses contradicteurs de juger de ses intentions qui sont on ne peut plus pures, mais… que les faits et procédés révèlent être trompeuses, comme nous l’avons montré plus haut. Nous sommes évidemment très heureux que Paul Sernine ait refusé toute « querelle de personnes » avec M. Couvert et les Pères dominicains, car sans cela, qu’aurions-nous dû lire ? Il est vrai aussi qu’à l’égard de ses « honorables contradicteurs », il se montre toujours très poli, et même ironiquement et excessivement poli. Sans doute est-ce pour atténuer ce qu’ont de blessantes ses insinuations, ses suspicions ou ses affirmations répétées de leur insuffisance, de leur incohérence, de la fragilité de leurs arguments « déjà réfutés ». L’art de feindre la surprise (p. 137-138) ou de bons sentiments, la technique éprouvée pour arranger ou découper les textes cités, la répétition inlassable d’insinuations malveillantes sont ainsi pratiqués à la perfection et poussés à la limite du supportable tout en cachant une animosité corrosive. Il faudrait tout citer pour expliquer l’écœurement éprouvé à la lecture de ce livre. Évidemment, les imperfections inhérentes à tout travail sont montées en épingle et présentées comme représentatives afin de déconsidérer ces auteurs et détruire leur « thèse ». Finalement, MM. Vaquié, Couvert et Lagrave sont des autodidactes ignorants, tandis que les Dominicains du Sel de la terre sont illogiques et leur raisonnement est « absolument, radicalement incohérent » (répété trois fois p. 120-124).
Ainsi cherchera-t-on en vain dans cet ouvrage la probité intellectuelle et la bienveillance sincère. La dynamique de la polémique l’a emporté sur la charité chrétienne et a imposé à ce livre toutes les caractéristiques d’un pamphlet et d’une imposture. D’ailleurs, ni l’auteur, ni l’éditeur n’ont osé le signer de leur nom. Il repose tout entier sur la falsification par Sernine d’une unique citation pour en changer le sens et la portée, et en faire LA THESE, martelée plus de dix fois et reformulée tout au long du livre jusqu’à lui faire dire ce que l’on veut condamner. Nulle part, n’est cité un autre texte du même auteur qui confirmerait cette thèse. Il faut croire que ce texte n’existe pas puisque Sernie ne l’a pas découvert malgré sa « lecture attentive » (affirmée trois fois).
LE DESSEIN CACHE
« On ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il y a au juste derrière cette volonté affichée de régler son compte à une erreur sans gravité évidente, mais en prenant “un marteau-pilon pour écraser une mouche”. Car en admettant même que soit erronée l’affirmation que cette gnose pérenne aurait traversé les siècles, qu'elle risquerait donc d'induire les esprits en erreur tout en prétendant les éclairer, où serait la grave conséquence de cette erreur ? Deviendrions-nous tous des damnés potentiels ? Or, cette phrase amène Cel... pardon, Sernine à massacrer littéralement Couvert, à accuser d'hérésie Vaquié (qui ne peut plus se défendre) et à traiter le Sel de la Terre comme une bande de rigolos et (ou) de malhonnêtes. Derrière ces procédés, il peut y avoir une rivalité exacerbée entre théoriciens, d'où l'orgueil ne serait nullement exclu. Mais il y a probablement autre chose aussi, un enjeu bien plus important qu’une dispute d’école, mais quoi au juste ? » (F.T., 14.12.03)
La réponse à cette question se trouve cachée dans l’Avertissement de l’Éditeur : « Se pose également la question de savoir quelle réalité accorder à l’ensemble des méchants, des ennemis de Dieu et de son Christ. (…) Le terme de Contre-Église est-il réellement pertinent ? » (p.11-12). Autrement dit, la « Contre-Église » est-elle une réalité ?
Cependant, le but de ce livre n’est pas réellement de répondre à ces questions posées par l’éditeur anonyme, mais ce que l’abbé de Tanoüarn écrivait dans Nouvelle revue Certitudes nos 4 et 13.
N° 4, oct. 2000 - ÉDITORIAL : « On peut dire que la société planétaire qui se prépare est struc-turellement gnostique en quelque sorte, et cela non pas à cause d’une sorte de complot d’initiés. »
N° 13, janv. 2004 - POURQUOI J’EDITE PAUL SERNINE : « Je voudrais faire comprendre que l’on peut et que l’on doit récuser les théories complotistes et conspirationnistes par simple honnêteté intellectuelle. (…) L’étude de Paul Sernine que les éditions Servir ont souhaité porter à la connaissance du public, avec l’autorisation des autorités religieuses compétentes, [si c’est vrai, c’est énorme !] revêt un intérêt particulier à l’heure où le rôle historique de la Tradition catholique dans l'Église est de plus en plus manifeste. Alors que le vrai combat est celui que mène tout catholique fidèle, pour que l'Église revienne aux formes dans lesquelles se transmet sa foi, certains (…) se complaisent dans la dénonciation (…) du Complot universel. (…) ils détournent les esprits des vrais enjeux et confinent les bonnes volontés dans une lassitude mortelle, une acédie décourageante, une asthénie annihilante. A les entendre tout est fini et l'on vient trop tard dans ce monde pourri. II n' y a plus rien à faire... Au-dessus de nos têtes, une conspiration de grands initiés, tirant les ficelles de nos destinées, a monopolisé toutes les énergies, en récupérant systématiquement à son profit quelques bonnes volontés (…) qui (hélas !) ne savent pas qu'elles sont manipulées... » – « Pourquoi consacrer deux cents pages à Etienne Couvert ? C’est qu’à travers le système Couvert, ce qui est visé par Sernine, c’est le complotisme de l’auteur. (…) Le complotisme ou le conspirationnisme (deux termes équivalents pour désigner la tournure d’esprit que nous combattons) sont des attitudes incompatibles avec une foi chrétienne résolument non dualiste, antimanichéenne et antignostique. »
Voilà un aveu admirable de clarté. Toutefois, ici aussi manque la définition. Précisons donc ce qu’est réellement le complotisme ou conspirationnisme, en quoi il gêne les Celier, de Tanoüarn, et leurs alliés, et quels seraient les effets d’une victoire sur lui de ces messieurs qui se manifestent de plus en plus comme étant nos adversaires masqués dans le combat contre la Révolution dans l’Église.
Le conspirationnisme est le terme péjoratif fabriqué par ces messieurs pour désigner la lutte des catholiques contre ce que Mgr Delassus appelait La conjuration antichrétienne, titre de son ouvrage chaleureusement loué par saint Pie X en 1910. Mais Mgr Delassus n’était évidemment pas seul ; avec lui (avant ou après), il y avait l’abbé Barruel, Mgr Gaume, Mgr Jouin, MM. Copin-Albancelli, Crétineau-Joly, Bernard Faÿ, Léon de Poncins, Jacques Ploncard d’Assac, l’abbé Meinvielle, Pierre Virion, Henri Le Caron, et bien d’autres. Tous ces auteurs “conspirationnistes” sont “oubliés” par France-Livres Clovis et ce seul fait révèle une orientation qui rencontre un obstacle et l’écarte.
Pourtant, Sernine ne décrit pas aussi sincèrement son objectif. Pages 41-49, il justifie longuement ce débat par divers motifs, louables certes, ainsi le « droit de la vérité ». Mais le motif « plus déterminant à ses yeux », c’est que « les erreurs des Cahiers Barruel ne sont pas neutres et inoffensives » (p.53) ; elles « produisent des désastres intellectuels et moraux constatés chaque jour » (p. 55).
Mais Sernine se garde bien de préciser quels désastres. Il affirme seulement qu’elles sont la cause :
o d’une « absence de réflexion dans la crise religieuse, intellectuelle, morale, politique » ;
o d’un état d’esprit défaitiste, profondément anticatholique ;
o d’un « esprit manichéen » où « le mal serait éternel, indestructible, tout-puissant » ;
o de l’affirmation « comme dogme ce qui n’est qu’une opinion humaine » (p. 55-57).
Si Sernine a raison, non seulement les Cahiers Barruel ont tort avec leur « conspirationnisme », mais sont également dans l’erreur les Delassus, Jouin, et tous les autres auteurs (bénis par les papes). Il nous faut alors cesser de combattre la Contre-Église et la conjuration antichrétienne. Cela revient à laisser les portes de l'Église ouvertes à la pénétration ennemie et à la Révolution. Cela, Sernine ne le dit évidemment pas car il ne veut pas que nous entrevoyions l’ultime conséquence de son libéralisme (ou du débat qu’il a piégé).
EST-CE UN COMPLOT ?
On voit donc que le problème posé par Sernine dans La paille et le sycomore est plus grave que la question du choix des moyens pour se rapprocher de Rome et qui causa finalement, l’expulsion de l’abbé Aulagnier. Il est même beaucoup plus grave, car si l’abbé Aulagnier s’opposait à la direction de la Fraternité, au vu et au su de ses supérieurs et des fidèles, les abbés Celier et de Tanoüarn agissent masqués et dans l’ombre, et avec des complices soit suspects (le GRECE), soit de caution.
On peut tenter d’expliquer ce comportement par les idiosyncrasies des protagonistes de l’Affaire, ou par une pénétration imperceptible de l’esprit du monde dans la Fraternité. Mais il suffit de remarquer que ces particularités de comportement ne se sont jamais manifestées – sauf cas de grise grave – avec cette virulence, ni avec des moyens aussi condamnables chez des prêtres. Par ailleurs, l’esprit mondain est généralement non ciblé et se propage de manière diffuse, comme un gaz. Or ici, nous voyons un dessein affirmé, et une arme de gros calibre est pointée sur la cible désignée par l’éditeur. C’est donc bien plus qu’une affaire de caractère ou d’esprit du monde.
Cependant, le fait est là (dont je puis fournir les preuves) : profitant ou abusant de la confiance de leurs supérieurs, ces prêtres ont pris, d’une certaine manière, le contrôle de l’unique média de la Fraternité en France, les éditions Clovis-Fideliter. On se souviendra que c’est l’étape nécessaire en toute entreprise de subversion, celle-ci étant le renversement subreptice de l’ordre établi. En effet, diriger une maison d’édition et de diffusion permet, en toute liberté, de choisir ce qui sera édité (un peu de bon pour faire passer le subversif) et d’écarter discrètement ce qui contrarie la subversion ou le “progrès” vers un “mieux”. Il suffit d’observer les faits pour constater leur convergence.
Un chrétien fervent ne peut être que gêné par certaines collaborations à Fideliter et à la Nouvelle revue Certitudes ; par l’esprit pédant et mondain de celle-ci ; par la présence de certains ouvrages au catalogue France Livres alors que sont toujours absents les titres du combat contre-révolutionnaire ; par l’orgueil intellectuel sous-jacent dans La paille et le sycomore, etc.
Il n’y a donc pas nécessairement un complot d’infiltration de la Fraternité (bien que cela ne puisse jamais être exclu puisque autrefois furent découvertes des tentatives d’infiltration du séminaire d’Écône), mais le fait est incontestable : les prêtres mis en cause par l’Affaire Sernine agissent en modernistes. Philippe Ploncard d’Assac les appelle “compagnons de route” de la Nouvelle Droite et il affirme que « de Certitudes à Fideliter jusqu’à la maison d’édition France Livres, c’est toute la presse de la Fraternité qui est entre leurs mains. » (in Enquête sur la Nouvelle Droite et ses “compagnons de route”, avril 2003, p. 53.) Et p. 75, il termine ce chapitre intitulé De curieux abbés… en signalant que « la hiérarchie a en mains, par nos soins, les pièces à conviction. » De mon côté, fin 2000, j’avais déjà informé la hiérarchie de cette menace sur les éditions de la Fraternité, et ma lettre resta sans suite.
Étant inspiré par l’Esprit malin, l’effort de subversion de l'Église et de la Fraternité est constant et général, et vise tous ses éléments, quelle que soit leur importance, et sans qu’il soit besoin pour cela d’une organisation du genre complot formel et méthodique à la manière de l’entrisme trotskiste. C’est dans ce sens que je parle de complot subversif. Donc, selon les opportunités, les circonstances et les inspirations reçues, les subversifs (ou progressistes ou modernistes, peu importe l’étiquette) s’attaqueront tantôt à telle personne, à tel groupe (prieuré, district, école, maison d’édition), les cibles leur paraissant plus ou moins prioritaires ou importantes pour faire progresser leur idée du bien qu’ils voient différent de ce que voient leurs supérieurs (car ils sont généralement tentés sous apparence de bien, les véritables ennemis infiltrés étant relativement rares, je crois). Donc, pas de complot à proprement parler, mais la convergence d’objectifs, de pensées, de moyens, de méthodes, afin de changer l’ordre actuel. C’est ce qui s’appelle la subversion.
En résumé, l’imposture du livre de Sernine, basée sur une falsification, sert non seulement à accréditer une nouvelle définition réductrice de la gnose, mais surtout à permettre, par cette polémique, de discréditer Vaquié et Couvert, leur éditeur, les Dominicains, ainsi que tous les contre-révolutionnaires et/ou partisans de la thèse de Mgr Delassus. Puisqu’il n’y a plus de « conjuration antichrétienne », l’infiltration de l'Église (et de la Fraternité) par ses ennemis – ou “amis” progressistes – et dénoncée par saint Pie X, peut être qualifiée de mythe obsessionnel, et ne doit plus exiger notre vigilance ni notre combat. Voilà à quoi, discrètement, on aboutit.
Dès lors, quel que soit le dessein secret qui se réalise actuellement au poste clef de “directeur d’une maison d’édition catholique”, la polémique tourne au scandale. « Un débat explosif » annonçait France Livres en décembre 2003 ; il ne croyait pas si bien dire.
QUE FAIRE ?
Ce prétendu débat est surtout un grave scandale par l’ampleur qu’il a déjà prise, par les moyens mis en œuvre, par les organes de diffusion, et par la qualité des protagonistes ; en effet, l’auto louange démesurée du clan Sernine allant de pair avec des moyens malhonnêtes est un symptôme fort inquiétant quand il s’agit de prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X. Bien que la question de la gnose n’intéresse que médiocrement la majorité de nos fidèles, la plupart seront néanmoins informés par ceux qui veulent les troubler et les désorienter par la médisance.
Il appartient à l’Autorité de la Fraternité d’arrêter le scandale et de trancher sans retard afin d’éviter des dégâts qui seraient irréparables si rien n’était fait rapidement. Quant à nous, notre devoir est de prier instamment l’Esprit Saint pour nos Supérieurs qui ont plus que jamais besoin de grâces de lumière et de force.
Évidemment, si un « anti complotiste » lit ce qui précède, il me déclarera atteint du syndrome du complot, selon lequel on voit des conspirations partout…
Cependant, je prie cet anti … de bien noter que, depuis plus de dix ans, moi, « autodidacte et conspirationniste », je prouve par mes œuvres et mon comportement qu’est fausse son assertion selon laquelle « la dénonciation (…) du Complot universel. (…) détourne les esprits des vrais enjeux et confine les bonnes volontés dans une lassitude mortelle, etc. [Voir plus haut]. À tous ceux qui veulent bien lire et réfléchir sur le Miracle et message du Saint Suaire, j’ai montré, par le témoignage du Linceul miraculeux, quel était le véritable enjeu du combat et aussi ce qui fondait notre Espérance. Ce sont ces paroles que l’on oublie trop facilement : « Ne crains point, petit troupeau ! … Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde… Courage, j’ai vaincu le monde ! » Mais « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » Or, ce témoignage-là porté jusqu’à la mort sur la Croix et attesté par le miracle sur le Saint Linceul, les abbés Celier et de Tanoüarn n’ont pas voulu le faire connaître, ni même le voir, car il ne trouve pas place dans leur philosophie. On en a les conséquences.

Le 12 mars 2004
Paul CHAUSSEE


La discussion

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