Pour rejoindre la notion de paroisse, il me semble qu'elle fut largement détruite et mise en pièce par le clergé diocésain. Ce constat est naturellement à nuancer selon les régions. Mais l'argument entendu et généralisé est: la baisse des vocations sacerdotales entraîne les regroupements paroissiaux, la fermeture des églises, etc.
Or, ces regroupements paroissiaux sont encouragés par un certain nombre de prêtres qui n'aiment pas leur rôle de terrain. Il suffit de considérer les messes bâclées (exemple: une messe de Toussaint dite en 20mn), et les regroupements appréciées pour leur lot de réunions. Tout le vocabulaire est révélateur: secteurs coupés au sécateur, regroupement... il manque juste le troupeau à parquer. Les curés eux-mêmes ont abandonné tous les rites populaires qui soudaient les communautés (à l'exception des individus soucieux de "progrès", déjà détachés de l'Eglise).
Et lorsque le sujet touche à l'attachement d'un village à son église... "ah! ces paysans, ils n'ont pas compris que le monde évolue!" Remarque dite entre ironie et pitié.
De fait, tout le système diocésain encourage la rupture de la notion de paroisse. Les jeunes sont invités à se rendre à de "grands rassemblements" (pas la messe dominicale, juste ces "temps forts"), les vieux à des "journées des malades", etc.
Que les catholiques, toutes tendances confondues, oublient leur paroisse géographique pour élire une paroisse de coeur... c'est une conséquence logique. L'argument opposable sera la fraternité, la charité au sens chrétien à donner à ses voisins; mais cet amour est donné dans les paroisses d'élection. Reste à considérer le moindre mal... et à ne pas oublier ses proches, fragiles parfois (enfants, etc), et soi-même car aller à la messe à côté de sa porte pour soutenir une paroisse en fin de vie, cela risque fort de nous tuer spirituellement à petite dose. Se penser suffisamment solide doctrinalement et spirituellement pour aider la communauté voisine peut devenir de l'orgueil.
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