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ROME, 11 fév (AFP) - La presse italienne enterre "La Passion" de Mel Gibson
La presse italienne n'avait pas de mots assez durs pour critiquer mercredi le film "La Passion" du Christ, de Mel Gibson, moins de deux semaines avant sa sortie et au lendemain d'une avant-première aux Etats-Unis.
"Quelles sont les raisons qui ont fait dépenser à Gibson 25 millions de dollars pour financer et défendre un film sur les dernières heures de Jésus en les racontant avec la sensibilité d'un boxeur poids lourd décidé à détruire le visage de l'adversaire sur le ring des religions", s'interroge le quotidien La Repubblica.
"Choc parmi les spectateurs en raison de la violence du film", écrit de son côté en première page le principal tirage de la péninsule, le Corriere della Sera.
"Les scènes sont tellement cruelles que de nombreux spectateurs ont dû détourner ou fermer les yeux", poursuit le journal.
Le film avait été présenté à l'Université évangélique Azusa Pacific University et suivi d'un débat.
Les deux quotidiens passent en revue les erreurs historiques du film, comparant les scènes avec ce que l'histoire sait des personnages.
Le film raconte les douze dernières heures de la vie du Christ d'une manière très dure, "avec des hectolitres de sang" selon la presse, donnant une image des Juifs comme étant des déicides, une doctrine officiellement démentie par l'Eglise catholique seulement en 1965, dans le cadre du concile Vatican II.
Le film "est devenu un drapeau pour la droite religieuse américaine", écrit La Stampa, le quotidien du groupe Fiat, et reprenant les paroles du Christ lors de son arrestation, les applique aux réalisateurs du film: "ils ne savent pas ce qu'ils font".
Le film, qui doit sortir aux Etats-Unis le 25 février, mercredi des Cendres et début du carême dans le calendrier catholique, a été tourné en Italie.
Il y a déjà suscité des polémiques, notamment sur l'appréciation que le pape Jean Paul II aurait fait ou non sur le film.
Le Vatican a fait savoir en janvier que Jean Paul II l'avait vu, et qu'il n'avait pas fait de commentaire public, après des informations sur son approbation supposée.
Sans porter directement un jugement sur le film, le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro-Valls avait fait valoir qu'il s'agissait d'une "transposition cinématographique du fait historique de la Passion de Jésus-Christ, selon le récit évangélique".
La Repubblica rappelle également que l'acteur-réalisateur Mel Gibson "est un catholique traditionaliste ultra-conservateur" qui "récite sa messe en latin".
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