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Dans l'Est Républicain hier, 31 octobre 2006 Imprimer
Auteur : Bernard Joustrate
Sujet : Dans l'Est Républicain hier, 31 octobre 2006
Date : 2006-11-01 08:33:23

Article paru dans l'Est Républicain en page Région Lorraine

RELIGION


Nous reproduisons ci-dessous le texte intégral du communiqué co-signé par les évêques du grand Est :

« Réunis le 25 octobre 2006 à Lons-le-Saunier, dans le cadre de l'instance régionale évêques-prêtres (Irep), les évêques de la province ecclésiastique de Besançon et les évêques des diocèses concordataires de Strasbourg et de Metz ont décidé de faire part au Saint-Siège de leurs inquiétudes suscitées par la création de l'Institut du Bon Pasteur, dans l'archidiocèse de Bordeaux et l'éventualité de la publication du Motu proprio du Pape Benoît XVI, généralisant l'usage du rite tridentin pour la célébration de la messe.

Les évêques soucieux du bien commun et de l'unité de l'Eglise, ont pris cette initiative en raison du trouble ressenti par beaucoup de fidèles, de diacres et de prêtres de leurs diocèses respectifs.

Estimant que la liturgie est l'expression de la théologie de l'Eglise, les évêques redoutent que la généralisation de l'usage du Missel romain de 1962 ne relativise les orientations du concile Vatican II. Une telle décision risquerait aussi de mettre à mal l'unité entre les prêtres, autant qu'entre les fidèles.

Depuis de nombreuses années, d'importants efforts de formation liturgique ont été réalisés, les évêques s'en réjouissent et encouragent leurs diocésains à poursuivre le travail engagé ».

Le texte est signé par Mgr André Lacrampe, archevêques de Besançon, Mgr Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbéliard, Mgr Jean-Louis Papin, évêque de Nancy et de Toul, Mgr Jean Legrez, évêque de Saint-Claude, Mgr Jean-Paul Mathieu, évêque de Saint-Dié, Mgr François Maupu évêque de Verdun, Mgr Joseph Doré, administrateur apostolique de Strasbourg, Mgr Christian Kratz, évêque auxiliaire de Strasbourg, Mgr Jean-Pierre Grallet, évêque auxiliaire de Strasbourg, Mgr Pierre Raffin, évêque de Metz.

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Article paru dans l'Est Républicain en page Région Lorraine

Remous autour de la messe en latin

Depuis l'annonce de la réintégration de l'abbé Laguérie et d'un décret du Vatican réhabilitant l'ancienne liturgie, le monde catholique français est en ébullition.


NANCY. _ La prise de position sans équivoque des évêques de l'Est hier reste la plus forte de toutes celles qui ont été rendues publiques depuis l'annonce en septembre du retour de l'abbé Laguérie, l'ancien curé de Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, le fief des intégristes, et de la création à Bordeaux de l'Institut du Bon pasteur, chargé d'accueillir les prêtres pas si repentis que cela. De plus, en décembre, le Vatican a l'intention de publier un motu proprio, un décret, autorisant à nouveau dans toutes les paroisses la messe selon le rite Saint-Pie V, seulement célébrée aujourd'hui avec un indult, une autorisation spéciale, de l'évêque dans une seule église par diocèse.

Très vite, le cardinal Ricard, président de la conférence épiscopale et archevêque de Bordeaux a demandé des explications au Vatican. Mgr Claude Dagens, évêque d'Angoulême, a quasiment tapé du poing sur la table tout comme celui de Lille, puis les évêques de Normandie et même jusqu'à Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris qui a appelé à l'unité liturgique la semaine dernière, se sont insurgés contre le retour de la messe en latin du rite du concile de Trente, à la fin du XVIe siècle après la Réforme. Parce qu'on l'oublie trop souvent, il existe aussi une messe en latin dans le rite Paul VI.


« L'unité de l'Eglise »

Derrière le rite, en effet, se cachent des enjeux autrement plus conséquents. Dans un sermon prononcé le 10 septembre à l'église Saint-Eloi à Bordeaux, l'abbé Laguérie n'a pas caché ses intentions : en finir avec le concile Vatican II. Autrement dit, il souhaite le retour à l'ancien rite qui développe une vision sacrificielle de la messe et non pas une théologie de la communion et telle qu'on la pratique aujourd'hui, mais s'oppose aussi à l'oecuménisme avec les protestants et les orthodoxes, au dialogue inter-religieux avec les religions non chrétiennes, ainsi qu'à la liberté religieuse. Avant le concile, la Vérité ne pouvait être que catholique !

La semaine dernière, Mgr Ricard et Mgr Vingt-Trois se sont rendus au Vatican pour faire part des remous provoqués par les décisions du Vatican. L'abbé Lagueyrie doit y aller, à son tour, dans les prochains jours. A Rome, l'Eglise de France est encore regardée avec méfiance : c'est dans notre pays qu'il y eut le plus d'expérimentations liturgiques, pas toujours heureuses, dans les années 70, sans compter une tradition de contestation qui a connu son apogée avec l'affaire Gaillot.

L'enjeu a été défini par Mgr Pierre Raffin de Metz dans un texte de la revue d'éthique et de théologie morale : « Si elle devait s'installer durablement, cette coexistence (entre le rite Paul VI et le rite Pie V) finirait par nuire à l'unité de l'Eglise catholique ».

Patrick PEROTTO
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Article paru dans l'Est Républicain en page Région Franche-Comté

Le trouble des évêques de l'Est

Ils font part de leur inquiétude face à la main tendue du pape aux prêtres intégristes
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BESANÇON. _ La création récente dans l'archidiocèse de Bordeaux de l'institut pontifical du Bon Pasteur inquiète visiblement nombre de fidèles, prêtres et évêques de France. On le sait, cet institut doit recevoir des prêtres intégristes à qui le pape Benoît XVI a récemment tendu la main pour les faire revenir dans le giron de l'Eglise. « Ces prêtres ne peuvent venir dans un diocèse sans l'accord de l'évêque des lieux, il n'est pas dans mon intention d'en accueilir, on ne peut rayer d'un trait le concile Vatican II », confiait récemment Mgr André Lacrampe, archevêque de Besançon.

Cette inquiétude, les six évêques de la province ecclesiastique de Besançon et les évêques des diocèses concordataires de Strasbourg et Metz ont décidé de la relayer à Lons-le-Saunier et d'en faire part directement au Saint-Siège. Face à « l'éventualité de la publication d'un Motu proprio du pape généralisant l'usage du rite tridentin pour la célébration de la messe », les évêques réagissent donc. Ensemble, les évêques, Mgrs Lacrampe de Besançon, Claude Schockert de Belfort-Montbéliard, Jean-Louis Papin de Nancy et Toul, Jean Legrez de Saint-Claude, Jean-Paul Mathieu Saint-Dié, François Maupu de Verdun, Joseph Doré, Christian Kratz et Jean-Pierre Grallet administrateur apostolique et évêques auxiliaires de Strasbourg, Pierre Raffin de Metz, se disent d'autant plus « soucieux du bien commun et de l'unité de l'Eglise » que beaucoup de fidèles, diacres et prêtres de leurs diocèses respectifs sont troublés.

Ensemble, ils affirment : « Estimant que la liturgie est l'expression de la théologie de l'Eglise, les évêques redoutent que la généralisation de l'usage du missel romain de 1962 ne relativise les orientations du concile Vatican II. Une telle décision risquerait aussi de mettre à mal l'unité entre les prêtres autant qu'entre les fidèles ».

Groupe Jonas

Par ailleurs, le groupe de réflexion Jonas du diocèse de Besançon composé de prêtres et laïcs avec des responsabilités ecclésiales, réagit aussi. Il a adressé un point de vue au président de la conférence des évêques de France et au Nonce apostolique à Paris. Pour lui, une restauration du rite Saint-Pie V (messe en latin) serait une remise en cause de Vatican II : « Il faut accueillir avec charité ces prêtres traditionnalistes, nous dit-on. Pendant 40 ans, ces prêtres ont combattu avec des méthodes discutables les textes de Vatican II et les évêques, prêtres et fidèles qui ont accueilli ces textes. Il s'agirait donc d'accueillir ces prêtres alors qu'ils proclament haut et fort n'avoir fait aucune concession et ne vouloir en faire aucune ».

Bref, les signataires attendent au moins une volonté réciproque de réconciliation. Ils rappellent que les tradis refusent bien des pans de Vatican II, ainsi « la liberté religieuse, l'engagement oecuménique, le dialogue inter-religieux ».

Enfin, pour eux, « demander au président de la conférence épiscopale de France d'appliquer la décision unilatérale de Rome semble une marque de mépris voire de négation de la collégialité » justement affirmée par Vatican II.


Y.A.

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Article paru dans l'Est Républicain en page Région Franche-Comté

La pétition des jeunes prêtres

Une cinquantaine d'entre eux ont déjà signé un texte, qui circule par internet, adressé aux évêques et au nonce apostolique.


NANCY. _ Ils ont tous moins de quinze ans de prêtrise. Donc moins de quarante ans. Ils représentent l'avenir et un avenir où le nombre de clercs aura fondu. De la messe Pie V, ils ne veulent pas et ils l'ont fait savoir dans un court document daté du 18 octobre et adressé « à nos évêques, au président de la Conférence épiscopale de France et au Nonce apostolique à Paris ».

« Nous affirmons notre attachement au rituel de Paul VI. Depuis notre baptême, il nous accompagne dans notre progression de foi et dans notre quête de Dieu », écrivent des dizaines de signataires de la France entière, dont les rangs grossissent chaque jour grâce à internet. Ils poursuivent : « A l'aise avec l'esprit de notre temps, nous avons choisi d'être des témoins d'Evangile en tant que prêtres et nous avons reconnu dans la vie de l'Eglise un équilibre entre la fidélité au Christ et l'actualité du monde. Prendre le risque de rompre cet équilibre par la décision symbolique de proposer un retour à un ancien rite est de nature à nous déstabiliser et à menacer l'unité du groupe de jeunes prêtres aux sensibilités déjà bien diverses ».

Ils concluent sévèrement à l'égard du pape : « Nous ressentons comme un besoin plus urgent de recevoir de Benoît XVI des signes d'encouragement à nous insérer dans le monde tel qu'il est pour y porter le témoignage d'une vie authentiquement chrétienne plutôt qu'à nous replonger dans une vie liturgique d'un autre âge ».

Soutien de l'archevêque

Pour Pierre Guerigen de Thionville (Moselle) « à Rome, on n'a pas mesuré que derrière la question liturgique, il y a la volonté de tirer un trait sur le concile Vatican II. Notre texte reflète le trouble sans être une pétition revendicative ».

Alors que Michel Sebald de Toul (Meurthe-et-Moselle) s'en tient à la lettre sans autre commentaire, le Bisontin Eric Brocard, qui a reçu le soutien de son archevêque, Mgr André Lacrampe, estime que « ce souhait de Benoît XVI de se raccommoder avec les intégristes risque de provoquer une scission non une réconciliation ». Pour lui, le bi-ritualisme est « dangereux », parce que « derrière la liturgie se cache une théologie : se retrouver face au tabernacle, réceptacle de Dieu, a une autre signification que de retrouver face au peuple ».

Ce jeune prêtre aime « l'esprit du concile » et se refuse à « devenir adepte d'une théologie de l'expiation », préférant « une théologie du don de soi ». Pour Eric Brocard, à l'évidence, « la liturgie, ce n'est pas seulement une guerre de sensibilité ».

P.P

Site de l'Est Républicain (où les articles ne sont plus disponibles) Merci à JR


La discussion

 Dans l'Est Républicain hier, 31 octobre 2006, de Bernard Joustrate [2006-11-01 08:33:23]
      Jonas..., de Bernard Joustrate [2006-11-01 08:41:53]
          Merci à Joustrate et à Kinzler, de Jean-Paul PARFU [2006-11-01 09:04:05]
              "Il eut été bien que le Forum le sache" [...], de Bernard Joustrate [2006-11-01 09:22:27]
                  grammaire, de Rikiki [2006-11-01 11:39:55]
      eux, ils se mobilisent!, de Caius [2006-11-01 09:42:23]
          OUI, de Marc B. [2006-11-01 10:10:40]
      Amusant, de Don Rodrigue [2006-11-01 10:14:37]
          Oui, un schisme..., de Bruno d Epenoux [2006-11-01 10:45:48]
              je retiens un point positif..., de Rafikiduroc [2006-11-01 11:04:15]
              Veritas, de Ottaviani [2006-11-01 18:18:35]