Une énormité : " Par-dessus tout, il trouvait chez Kant que le sujet humain, la personne, est la seule réalité que Dieu ait créée pour elle-même, qui ait en elle-même sa propre fin, et qui ne puisse être utilisée comme moyen." L'homme a donc sa propre fin en lui-même. Génial ! il suffisait d'y penser...
Si vous voulez un vrai débat intellectuel, évitez d'être malhonnête et essayez de résumer honnêtement la pensée de vos interlocuteurs. Dom Jobert et Karol Wojtyla ne nient pas que le fin de l'homme soit Dieu, mais affirment simplement que l'homme est la seule créature que Dieu ait voulu pour elle-même. Ce n'est pas que le cas des autres créatures qui ne sont pas voulues pour elle-mêmes, mais à titre de moyen et donc qui ont pour fin l'homme. Là où DOm Jobert se trompe un peu, c'est que cette pensée est déjà présente chez St Thomas et qu'il n'a pas fallu attendre Kant pour la découvrir.
La fin dernière de toute génération est donc l'âme humaine, et la matière est tendue vers elle comme vers sa forme dernière. Ainsi les éléments ont pour fin les mixtes, ceux-ci les vivants ; parmi ces derniers les plantes sont pour les animaux et à leur tour les animaux pour les hommes. L'homme est donc le terme de tout le mouvement de la génération.En outre les mêmes causes présidant à la génération des êtres et à leur conservation, cet ordre que nous avons décrit dans la génération des êtres se retrouve sur le plan de leur conservation. Nous voyons donc que les corps composés se conservent en empruntant aux éléments les qualités qui leur conviennent, les plantes se nourrissant des corps mixtes, les animaux choisissant leur nourriture parmi les plantes, et même les animaux les plus parfaits et les plus forts parmi les autres plus imparfaits et plus faibles. Quant à l'homme il fait servir tous les genres d'êtres à ses fins, ceux-ci à sa nourriture, ceux-là à son vêtement : la nature le laisse à sa nudité, car il a pouvoir d'utiliser les choses pour se vêtir, comme elle ne lui offre aucun aliment particulier si ce n'est le lait, puisqu'il peut s'assurer sa nourriture. Il se sert encore des êtres comme moyens de transport : qu'il s'agisse de la rapidité des mouvements ou de la résistance dans l'effort, il est plus faible que beaucoup d'animaux, tout comme si ceux-ci étaient destinés à le seconder. Enfin par-dessus tout il use des êtres sensibles en vue de perfectionner sa connaissance intellectuelle. C'est pourquoi le Psalmiste s'adressant directement à Dieu, dit au sujet de l'homme : « Tu as placé toutes choses sous ses pieds ». Et Aristote écrit au Premier Livre des Politiques : « que l'homme exerce un domaine naturel sur tous les êtres inanimés ».
Puis donc que le mouvement du ciel a pour fin la génération et que celle-ci tend tout entière à l'homme comme à la fin dernière qui lui est propre, il ressort que sur ce plan des générations et des corruptions l'homme est la fin dernière du mouvement céleste. (Somme COntre les Gentils III, 22)