Les archives du Forum Catholique
Forum | Documents | Liens | Q.F.P. | Oremus

Les archives du Forum Catholique

JUILLET 2003 A MARS 2011

Retour à la liste des messages | Rechercher

Afficher le fil complet

Le Message Imprimer
Auteur : Le pèlerin du Sacré-Coeur
Sujet : SAINTE LUTGARDE DU SACRE COEUR
Date : 2005-06-16 06:20:56





Lutgarde est née à Tongres, en Brabant, en 1182. Sa mère la place, à l'âge de douze ans, dans un monastère de l'Ordre de Saint-Benoît, le couvent Sainte-Catherine de Milen, près de Saint-Trond et de Liège.

Mais Lutgarde n'a pas encore choisi d'être religieuse. A l'âge de dix-sept ans, alors qu'elle s'est résolue à se vouer au Seigneur, et qu'elle est poursuivie par les avances d'un gentilhomme qui désire l'épouser, le Christ lui apparaît, et lui découvrant la plaie de son côté teintée de sang, lui dit:
"Ne recherche plus les flatteries d'un vain amour. Regarde ici et contemple désormais ce que tu dois aimer et pourquoi tu dois l'aimer. C'est ici que je promets de te faire goûter des délices de toute pureté".

Cette apparition est considérée comme la première apparition médiévale du Sacré-Cœur qui nous ait été transmise par la Tradition.

Lutgarde s'impose dès lors beaucoup de pénitences, et connaît ce que saint Jean de la Croix appelle La nuit des sens. Elle passe la plus grande partie de ses nuits en prières, et est favorisée de grâces insignes, telle une vision de Notre Dame, ou une apparition de sainte Catherine, venue la consoler dans une heure de grande détresse.

Lutgarde devient moniale Bénédictine. Elle est favorisée de nombreux dons, comme celui de guérir les malades ou de comprendre les psaumes en latin, et reçoit la grâce de l'échange des cœurs avec Notre-Seigneur, qui répond favorablement à sa demande:
"Que m'importe à moi, rustique et sans lettres, moniale et non dans les ordres, de savoir les secrets de l'Ecriture ?"

Et Dieu de lui dire: "Que veux-tu donc ?"

"Ce que je veux, dit-elle, c'est votre Cœur".

Et le Seigneur: "Bien plutôt, c'est moi qui veut ton cœur".

Elle lui répondit: "Qu'il en soit ainsi, Seigneur, de telle façon cependant que vous accordiez à mon cœur l'amour de votre Cœur et qu'en vous je possède mon cœur, bien à l'abri et pour toujours sous votre garde".

Alors eut lieu l'échange des cœurs, écrira son biographe, le Dominicain Thomas de Cantimpré (Acta Sanctorum). Cet échange des cœurs est le premier connu de l'histoire religieuse.

Le Seigneur l'attire à Lui à plusieurs reprises, l'invitant une nuit à boire à la blessure de son côté: "…de la croix il détache un bras, il l'enlace, la serre contre son côté droit et applique sa bouche à la blessure. Elle y but une douceur si puissante qu'elle fut depuis lors et jusqu'à la fin toujours plus forte et plus alerte au service de Dieu".


Elue prieure du monastère en 1205, et très affligée par cette nomination, elle songe à entrer dans un autre ordre. Attirée par la vie cistercienne, et confirmée dans sa décision par une apparition du Christ, elle entre vers 1206 chez les Cisterciennes d'Aywières, près de Couture-Saint-Germain, en Brabant. Flamande, et ne connaissant que cette langue, elle demande au Seigneur la grâce de ne pas apprendre la langue romane employée par ses soeurs, afin de pouvoir mener une vie plus recueillie.

Elle est exaucée, et c'est dans ce contexte qu'elle entreprendra à la demande du Seigneur trois jeûnes de sept ans, à des intentions qui lui seront à chaque fois précisées.

Son premier jeûne sera accompli pour la conversion des Albigeois. En 1210, Thomas rapporte qu'alors qu'elle aspire à subir le martyre comme la bienheureuse Agnès, "une veine se rompit à son côté, à hauteur du cœur; il en sortit tant de sang que ses tuniques et son manteau en étaient abondamment aspergés…". Elle gardera cette cicatrice jusqu'à la mort.

Offrant nombre de ses prières pour les âmes du purgatoire, Lutgarde en reçoit de nombreuses visions.

Ses prières s'élèvent également pour la conversion des pécheurs, qui blessent si profondément le Cœur du Sauveur.

Devenue aveugle en 1235, c'est aussi pour leur conversion qu'elle offre cette épreuve à Dieu.

En 1239 elle entame son troisième jeûne de sept ans, répondant à une invitation divine pour écarter de l'Eglise un ennemi très redoutable. Ce jeûne ne s'achèvera qu'avec sa mort, le 16 juin 1246.


La Vie de Lutgarde, qui a donc été écrite par son confident, le Dominicain Thomas de Cantimpré, se trouve dans les Acta Sanctorum. Confidente du Sacré-Cœur, elle n'a pas reçu mandat de faire connaître au monde chrétien le mystère du Cœur divin. D'autres recevront cette mission.

Sainte Lutgarde a été inscrite au martyrologe romain en 1584.


LES AMIS DU CŒUR DE JÉSUS
n°10 – Août 2003









La discussion

 SAINTE LUTGARDE DU SACRE COEUR, de Le pèlerin du Sacré-Coeur [2005-06-16 06:20:56]