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Coeur très pur de Marie (textes liturgiques) Imprimer
Auteur : Alexandre
Sujet : Coeur très pur de Marie (textes liturgiques)
Date : 2005-06-03 22:24:33




. FÊTE DU CŒUR TRÈS PUR DE LA B. V. MARIE

Nota
Cette fête était propre à certains lieux, avant l’institution de la fête du Cœur Immaculé de Marie (1944). L’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, à la suite des abbayes françaises issues de la Pierre-qui-Vire, a conservé cette fête. Le P. Muard († 1854), fondateur de ce monastère, a placé ses moines sous le patronage du Sacré-Cœur et du Cœur immaculé de Marie.


A MATINES

Premier Nocturne

Du Cantique des Cantiques
(ch. 4, 1. 3-4. 9. 11-12)
« Que tu es belle, ô mon amie! que tu es belle! Tes yeux sont comme ceux des colombes, sans ce qui est caché au dedans. Tes lèvres sont comme une bandelette d’écarlate, et ta parole est suave. Tes joues sont comme une moitié de grenade, sans ce qui est caché au dedans. Ton cou est comme la tour de David, qui est bâtie avec des créneaux, mille boucliers y sont suspendus, toute l’armure des héros. Tu as blessé mon cœur, ma sœur, mon épouse, tu as blessé mon cœur par un de tes yeux et par un cheveu de ton cou. Tes lèvres, ô mon épouse, sont un rayon qui distille le miel; le miel et le lait sont sous ta langue. Elle est un jardin fermé, une fontaine scellée. »

(ch. 5, 1-2. 5-6)
« Je suis venu dans mon jardin, ma sœur, mon épouse; j’ai recueilli ma myrrhe avec mes parfums; j’ai mangé le rayon avec mon miel. » Voix de mon bien-aimé qui frappe: « Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, mon immaculée, car ma tête est couverte de rosée, et mes boucles sont pleines des gouttes de la nuit. » Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé; de mes mains a dégoutté la myrrhe, et mes doigts étaient pleins de la myrrhe la plus précieuse. J’ai levé le verrou de ma porte pour mon bien-aimé; mais il s’était retiré, et il avait passé ailleurs. Mon âme s’était fondue au son de sa voix. »

(ch. 5, 9-10. 16-17)
« Quel est-il ton bien-aimé entre les bien-aimés, ô la plus belle des femmes? Quel est-il, ton bien-aimé entre les bien-aimés, pour que tu nous conjures ainsi? » - « Mon bien-aimé est blanc et vermeil; il est choisi entre mille, et il est tout désirable. Tel est mon bien-aimé, et il est mon ami, ô filles de Jérusalem. » - « Où est allé ton bien-aimé, ô la plus belle des femmes? Où s’est retiré ton bien-aimé? et nous le chercherons avec toi. »

(ch. 6, 3. 8)
« Tu es belle, ô mon amie, suave, et belle comme Jérusalem, terrible comme une armée rangée en bataille. Elle est unique, ma colombe, ma parfaite; elle est l’unique de sa mère, la préférée de celle qui lui a donné le jour. Les jeunes filles l’ont vue, et elles l’ont proclamée bienheureuse; les reines l’ont comblée de louanges. »

Second Nocturne

Sermon de saint Bernardin de Sienne (Sermon 9 pour la Visitation: Opera omnia [Quaracchi, 1959], t. 6, 123-124)
Quel mortel, s’il ne s’appuie sur la parole divine, osera célébrer si peu soit-il, de ses lèvres souillées, cette véritable Mère de Dieu et des hommes, que Dieu le Père, avant tous les siècles, a prédestinée à rester perpétuellement Vierge, que le Fils a choisie pour sa très digne Mère, en qui le Saint-Esprit a préparé le séjour de toute grâce? Par quelles paroles le pauvre homme que je suis osera-t-il exalter les sentiments si profonds conçus par ce Cœur très pur et exprimés par cette bouche très sainte, alors que la langue de tous les hommes, voire celle des anges, en est incapable? Car le Seigneur a dit: « L’homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon » (Lc 6, 45). Peut-on concevoir, parmi les simples hommes, quelqu’un de meilleur que celle-là, qui mérita de devenir la Mère de Dieu, qui a abrité Dieu lui-même dans son cœur et dans ses entrailles? Quel trésor est meilleur que cet amour divin lui-même, dont le cœur de la Vierge était tout brûlant?

De ce cœur donc, comme de la fournaise du feu divin, la bienheureuse Vierge a tiré de bonnes paroles, c’est-à-dire les paroles d’une très ardente charité. De même que d’un vase plein d’un vin fameux et excellent ne peut sortir que du très bon vin, ou comme d’une fournaise très ardente ne peut sortir qu’un feu brûlant, ainsi du cœur de la Mère du Christ n’a pu sortir qu’une parole d’amour et d’ardeur souverains et souverainement divins. L’Écriture ne nous parle que de sept paroles dites par la très bénie Mère du Christ, paroles d’un sens et d’une force étonnantes. Avec l’Ange elle n’a prononcé que deux paroles, Avec Élisabeth deux encore. Avec son Fils deux également. Avec les serviteurs des noces, une seule parole. Ces sept paroles, elle les a prononcées selon les sept progrès et actions de l’amour, en observant une progression et un ordre admirable: ce sont là comme sept flammes de son Cœur.

En considérant ces paroles, l’âme pieuse s’écrit avec le Prophète: « Qu’elles sont douces à mon palais, (c’est-à-dire à mon cœur), tes paroles! » (Ps 118, 33). Or, cette douceur que goûte l’âme pieuse dans les paroles de la Bienheureuse Vierge, c’est l’ardeur de la sainte dévotion que l’âme y sent par expérience.

Examinons donc dans leur ordre ces sept flammes d’amour des paroles de la Vierge bénie. La première est la flamme de l’amour qui sépare: la seconde, de l’amour qui transforme; la troisième, de l’amour communicatif; la quatrième, de l’amour qui jubile; la cinquième, de l’amour qui savoure; la sixième, de l’amour qui compatit; la septième, de l’amour qui consomme.

Troisième Nocturne

Lecture du saint Évangile selon saint Luc (2, 48-51)
En ce temps-là, la mère de Jésus lui dit: « Mon Fils, pourquoi as-tu agi ainsi avec nous? Voici que ton père et moi nous te cherchions, tout affligés. » Il leur dit: « Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je sois aux affaires de mon Père? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Et il descendit avec eux, et vint à Nazareth; et il leur était soumis. Sa mère conservait toutes ces choses dans son cœur.

Homélie de saint Bède le vénérable, prêtre (Homélie 12, pour le 1° dimanche après l’Épiphanie: PL 94, 67 et CCL 122, 138-139).
« Sa mère, nous dit l’évangéliste Luc, gardait fidèlement tous ces souvenirs en son cœur » (2, 51). Tous les souvenirs, paroles ou gestes, qu’elle tenait du Seigneur ou qui lui avaient été rapportés à son sujet, elle les conservait très exactement en son cœur. Elle les confiait très soigneusement à sa mémoire, afin que le temps venu de publier et d’écrire ce qui se rapportait à l’Incarnation de son Fils, il lui fût possible d’expliquer suffisamment à ceux qui le lui demanderaient, l’intégralité des faits tels qu’ils s’étaient passés. Imitons, mes frères, la bénigne Mère du Seigneur: toutes les paroles, tous les faits et gestes de Notre-Seigneur, gardons-les imprégnés en notre cœur.

Par la méditation au fil des jours et des nuits de ce que le Seigneur a dit et de ce qu’il a fait, repoussons l’assaut des pensées vaines ou nuisibles. Par leur fréquente lecture, efforçons-nous d’éliminer en nous-mêmes et chez notre prochain les vains propos et toute conversation tristement assaisonnée de médisances. Tâchons aussi de nous élever à une émulation de louange divine.

En effet, mes très chers frères, si dans le bonheur qui nous attend dans la maison du Seigneur nous désirons communier de pensée avec Dieu et le louer éternellement, il faut assurément qu’ici-bas nous ayons le souci de préfigurer ce que nous recherchons pour plus tard. Et d’abord, évidemment, par notre présence souvent renouvelée à l’église. Mais ce n’est pas seulement sous son toit que nous avons à chanter les louanges du Seigneur, c’est encore « en tout lieu où s’exerce son règne » (Ps 102, 22), témoignant ainsi, par nos actes aussi bien que par nos paroles, tout ce qui concourt à la louange et à la gloire de notre Créateur.

(Comm. de l'év. selon s. Luc, I, sur Lc 2, 51: PL 92, 350 et CCL 120, 74)
Qu’elle comprît les paroles de l’Évangile ou qu’elle ne les comprît point sur le champ, la Mère de Jésus les cachait pareillement en son cœur, pour les ruminer et les scruter avec plus de soin. Contemplons donc la parfaite retenue de la Bienheureuse Vierge, qui, non moins pudique de bouche que de corps, gardait en son cœur les mystères de la foi. Et si elle se tait avant même que l’apôtre ne l’ait prescrit, comment peux-tu, après cette prescription de l’apôtre, aimer mieux instruire qu’être instruit?



. A LA MESSE

Introït (Ps 44, 14-15)
Omnis glória ejus fíliæ regis ab intus, in fímbriis áureis, circumamícta varietátibus: adducéntur Regi vírgines post eam, próximæ ejus afferéntur tibi. – Ps. Ibid., 2. Eructávit cor meum verbum bonum: dico ego ópera mea regi. V/. Glória Patri.
Toute la gloire de la fille du roi est au dedans, mais elle resplendit de vêtements aux franges d’or, aux couleurs variées. On l’amène au Roi, suivie des vierges ses compagnes. -Ps. De mon cœur a jailli un beau poème: je dédie mon œuvre au Roi. V/. Gloire au Père.

Collecte
Omnípotens sempitérne Deus, qui in Corde beátæ Maríæ Vírginis dignum Spíritus Sancti habitáculum præparásti: concéde propítius; ut ejúsdem puríssimi Cordis festivitátem devóta mente recoléntes, secúndum Cor tuum vívere valeámus. Per Dóminum... in unitáte ejúsdem.
O Dieu tout-puissant et éternel qui avez préparé dans le cœur de la bienheureuse Vierge Marie une demeure digne de l’Esprit-Saint, soyez-nous propice, et faites que célébrant dévotement la fête de ce Cœur très pur, nous puissions vivre selon votre Cœur. Par notre Seigneur Jésus-Christ... en l’unité du même Esprit-Saint.

Lecture du livre de la Sagesse (Ct 8, 6-7)
Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras, car l’amour est fort comme la mort, et le zèle de l’amour inflexible comme l’enfer; ses lampes sont des lampes de feu et de flamme. Les grandes eaux n’ont pu éteindre l’amour, et les fleuves ne le submergeront point. Quand un homme donnerait toutes les richesses de sa maison pour l’amour, il les mépriserait comme un rien.

Graduel (Sg 7, 25-26)
Nihil inquinátum in eam incúrrit: candor est enim lucis ætérnæ, et spéculum sine mácula Dei majestátis, et imágo bonitátis illíus. V/. (Ct 6, 2) Ego dilécto meo, et diléctus meus mihi, qui páscitur inter lília.
Rien de souillé ne peut tomber sur elle: elle est la splendeur de la lumière éternelle, le miroir sans tache de la majesté de Dieu et l’image de sa bonté. V/. Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi; lui qui fait paître son troupeau parmi les lis.

Alléluia, alléluia. – V/. (Lc 1, 46-47) Magníficat ánima mea Dóminum: et exsultávit spíritus meus in Deo salutári meo. Alléluia.
Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit a tressailli d’allégresse en Dieu mon Sauveur.

Suite du saint Évangile selon saint Luc (2, 48-51)
En ce temps-là, la mère de Jésus lui dit: « Mon Fils, pourquoi as-tu agi ainsi avec nous? Voici que ton père et moi nous te cherchions, tout affligés. » Il leur dit: « Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je sois aux affaires de mon Père? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Et il descendit avec eux, et vint à Nazareth; et il leur était soumis. Sa mère conservait toutes ces choses dans son cœur.


Offertoire (Jdt 15, 11)
Quia fecísti viríliter, et confortátum est cor tuum: ídeo et manus Dómini confortávit te, et eris benedícta in ætérnum.
Parce que vous avez fait preuve d’une âme virile et que votre cœur s’est montré plein de vaillance, la main du Seigneur vous a revêtue de force et vous serez bénie éternellement.

Secrète
Majestáti tuæ, Dómine, Agnum immaculátum offeréntes, quǽsumus: ut corda nostra ignis ille divínus accéndat: qui Cor beátæ Maríæ Vírginis ineffabíliter inflammávit. Per eúmdem D. N. J. C.
En offrant à votre Majesté l’Agneau sans tache, nous vous prions, Seigneur, d’allumer dans nos cœurs le feu divin qui embrasa d’une manière ineffable le cœur de la bienheureuse Vierge Marie. Par le même J.-C. N.-S.

Communion (Ct 2, 3)
Sub umbra illíus quem desideráveram sedi, et fructus ejus dulcis gútturi meo.
Je me suis assise à l’ombre de celui que j’avais désiré et son fruit est doux à ma bouche.

Postcommunion
Divínis refecti munéribus te, Dómine, supplíciter exorámus: ut beátæ Maríæ Vírginis intercessióne, cujus puríssimi Cordis solémnia venerándo égimus, a præséntibus perículis liberáti, ætérnæ vitæ gáudia consequámur. Per D. N. J. C.
Fortifiés par vos divins présents, nous vous supplions, Seigneur, par l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie dont nous avons fêté avec vénération le Cœur très pur, de nous délivrer des dangers présents, pour nous faire parvenir aux joies de la vie éternelle. Par J.-C. N.-S.


La discussion

 Coeur très pur de Marie (textes liturgiques), de Alexandre [2005-06-03 22:24:33]