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Auteur : Le pèlerin du Sacré-Coeur
Sujet : LA NUIT DE L'EUCHARISTIE (samedi 28 mai 2005) 3
Date : 2005-06-03 10:37:31

LA MONTEE AU SACRE COEUR


On distribuait des cierges à chacun, la jeune soeur devant moi en prit deux et m'en donna un.

On avait notre lampe allumée, on pouvait monter. Seigneur que ne ferait-on pas en ton honneur.

La Sainte Procession se déroulait ainsi : par le grand escalier montait Mgr André Vingt-Trois tenant l'Ostensoir suivit des saints prêtres, nous montions par les deux escaliers latéraux de chaque côté, c'était comme une couronne de sainteté qui entourait et auréolait le Saint Sacrement.

Des chants beaux et profonds montaient avec nous dans l'obscurité illuminée de notre sainteté, c'était comme un avant-goût de notre rédemption.

A mi-chemin, sur une grande terrasse dominée par la masse protrectrice du Sacré-Coeur, une station d'Adoration nous attendait, le Saint Sacrement brillait doucement bénissant la lente procession ininterrompue qui se déroulait de part et d'autre, le cercle de sainteté s'était refermé, de bas en haut ce n'était qu'une couronne de lumières vivantes, chacune d'elle représentant l'un de nous illuminé par sa foi.

Paris n'avait rien vu d'aussi beau depuis longtemps, Paris ne voyait rien, Paris ne verrait rien, pas de projecteurs de télévisions pour profaner cette pieuse ascension, comme toujours la sainteté était cachée, elle n'en rejaillirait que davantage sur la ville capitale et tout le pays, cette fille aînée si oublieuse parfois de ses promesses, mais que le Seigneur n'oubliait pas.

Enfin l'Archevêque de Paris élève le saint Ostensoir, nous bénit, et reprend la montée pour les ultimes marches qui nous séparent encore du ciel.

Nous sommes presque arrivés, je me retourne, ce n'est qu'une marée de sainteté qui monte au Sacré Coeur, de bas en haut ce n'est qu'un flot ininterrompu de cette rivière sainte qui remonte à sa source.

Comme des béliers bondissent les montagnes
et les collines comme des agneaux
Qu'as-tu mer à t'enfuir
Jourdain à retourner en arrière

La couronne de lumière s'est immobilisée en haut tandis que celle-ci achève de se refermer par la montée au sanctuaire de tous les pélerins enfins réunis dans un même Coeur. De Notre Dame au Sacré Coeur le pèlerinage de notre rédemption s'est accompli, nous avions quitté le Saint Sacrement au pied de la Vierge, la Toute Sainte, nous l'avons retrouvé au pied du Sacré Coeur, ce Coeur qui nous a tant aimé, qui nous a tout donné.

La ville, hébétée d'obscénité, affligée par les athées, navrée par l'impiété, n'a rien vu : elle a été sanctifiée à son insu, elle n'en saura rien, tout est bien, tout est grâce.

Là-haut une scène inconnue et grandiose déployait son mystère de sainteté. Sur le parapet de pierre qui nous surplombait tous, devant la basilique du Sacré-Coeur, ce Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine, Mgr Vingt-Trois avait déposé le Saint Sacrement qui regardait ainsi tout Paris.

Nous étions tous enfin arrêtés, figés dans une expectative de sainteté.

L'Archevêque de Paris a élevé le Saint Sacrement lentement, à vrai dire on ne pouvait que le deviner, il disparaissait complètement derrière, on ne voyait plus que le Saint Sacrement briller surnaturellement au-desus de nous et de la ville qu'il bénissait. Puis, il a penché le Saint Sacrement, penché vers nous, et nous a béni longuement se tournant de chaque côté, nous étions tous tombés à genoux, on n'entendait plus rien, c'était le même silence qu'à l'Elévation.

Nous nous sommes relevés lentement, toujours en silence, imprégné de ce rare moment de sainteté inouïe qu'il nous avait été donné de pouvoir partager.

En haut les anges du Sacré-Coeur nous attendaient, les Soeurs Bénédictines du Sacré-Coeur avaient veillé, avaient tout préparé, avaient prié pour nous pauvres pécheurs, pécheurs juste un peu moins ce soir, mais c'était déjà beaucoup, beaucoup pour nous, veuille le Bon Dieu nous pardonner nos errements, nos égarements : nous étions arrivés au Port de la Sainteté.

Nous y rentrons dans un grand recueillement, comme elle est belle la basilique du Sacré-Coeur, ce miracle permanent qui domine et protège Paris, la France et le reste du Monde. L'atmosphère est saturée de sainteté, nous nous écoulons à l'intérieur, l'emplissons, la remplissons, le Tantum Ergo résonne, à genoux nous tenons notre cierge, notre lampe allumée, la veillée peut commencer.


Tantum ergo, Sacramentum
Veneremur cernui :
Et antiquum documentum,
Novo cedat ritui :
Praestet fides suplementum,
Sensuum defectui.
Genitori, Genitoque,
Laus et jubilatio :
Salus, honor, virtus quoque,
Sit et benedictio :
Procedenti abutroque,
Comparsit laudatio.


La discussion

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                  Ah NON ! Morgane, de Danver [2005-06-03 15:17:39]