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JUIN 2001 A JUILLET 2003

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Vu de ma lucarne... Imprimer
Auteur : A X
Sujet : Vu de ma lucarne...
Date : 2001-09-28 11:55:50

Voici ma petite analyse personnelle d’ « Une catéchèse parallèle ? ».

Je vous propose de relire ces lignes ensemble.

« Dans notre ville, des personnes sans mandat et sans lien avec la paroisse ont organisé des groupes de catéchèse parallèles. »

Premier point : l’adjectif « parallèle(s) » est employé par ce lecteur qui s’adresse au père Bandelier. Le reste du raisonnement va en découler, de façon facile.

Analysons la réponse du Père Alain Bandelier

« Question délicate. J’ignore le contexte, mais » Notre père avoue ignorer le contexte, mais va tout de même s’employer à répondre. Passons. Et poursuivons la lisure.

« D’un côté, c’est vrai, il faut le dire : organiser des groupes parallèles, ce n’est pas une solution. A tous les coups, ces groupes se constituent à partir de réseaux d’amitié ou d’affinité. Cela leur donne dès le départ un esprit de chapelle, plus qu’un esprit d’Eglise. On s’engage soi-même et on engage les autres dans une pastorale parallèle. »

Constituer un groupe en fonction de réseaux d’amitié ou d’affinité, ce me semble un réflexe sain. Ce ne peut en effet être utile que si l’on se retrouve entre personnes partageant une même vision de la Foi et de la façon de la transmettre. Parler d’esprit de chapelle en opposition à un esprit d’Eglise, n’est-ce pas là faire un vilain procès d’intention à ces parents – bien souvent des mères de famille déjà bien occupées par ailleurs – qui agissent précisément « pour l’amour de l’Eglise » et celui de la Vérité ? Je pense personnellement que si.

« Le propres des parallèles, en géométrie, - poursuit le père Bandelier - c’est qu’elles ne se rencontrent jamais. «

Nous voici en plein quiproquo. L’utilisation de l’adjectif parallèle devenu ainsi substantif permet à notre père de rappeler un bon principe, lequel devient à son tour un jugement de valeur. Où a-t-on vu que ces groupes voulaient agir en « parallèle » ? Dans la tête de ce lecteur et peut-être même du père Bandelier. On sous-entend ainsi une attitude négative de la part des parents, alors que c’est bien dans un but positif (l’éducation spirituelle de leurs enfants) qu’ils agissent. Leur but n’est pas de nuire, mais bien au contraire de mettre leurs enfants sur la Voie de la Vérité.

Pourquoi continuer l’offense en écrivant « l’expérience montre presque toujours qu’on part d’une ligne parallèle et qu’on aboutit à une ligne opposée. » en renforçant son propos par un habile et pseudo-charitable « On finit par s’installer dans la marginalité ou dans la contradiction, QU’ON LE VEUILLE OU NON. » ?
De quelle marginalité veut donc nous parler notre prêtre ? Quelle contradiction évoque-t-il ? La contradiction avec les préceptes de l’Evangile ? La contradiction avec le Magistère ? Encore une fois, qui vise ici le père Bandelier ?

Poursuivons : « La lettre citée contient une réflexion très juste : l’initiation chrétienne des enfants ne se mesure pas seulement en termes de connaissances ; »

Nous y voilà… Ce qui est visé ici, ce sont ces vieux catéchismes ringards qui prétendent enseigner des « vérités toutes faites », un credo de papier, bref un catéchisme appris par cœur « à l’ancienne ». Nous nous rapprochons un peu du public visé… Qui aujourd’hui croit encore nécessaire d’apprendre et de faire réciter le catéchisme de l’Eglise catholique romaine aux enfants ? Soyons francs, soyons lucides, ce sont bien les familles catholiques traditionnelles qui sont ici visées, sans pour autant être nommées. Ce sont donc ces mères-là que notre bon pasteur assassine par ces lignes acides.
Le voici ensuite qui oppose encore cette initiation chrétienne par le catéchisme à une «expérience ecclésiale »,qui consisterait à « vivre avec d’autres croyants, différents ». Une fois encore, ne reste-t-on pas là à la surface des choses ?
Les catéchismes des mères de famille ne consiste-t-il pas précisément à entretenir l’amour du Christ, Notre-Seigneur, et de Son Eglise sainte ?
Alors bien sûr, le père Bandelier peut à sa guise enchainer sur « l’initiation liturgique », nous rappelant que la paroisse est le lieu idéal et évident pour pouvoir y avoir accès.
C’est évident, oui, il n’y a rien à dire. Si ce n’est que rien n’empêche ces groupes dits « parallèles » d’assister à des offices religieux au cours de l’année. Généralement animés par des mères de famille, ces mêmes mères ne conduisent-elles pas leurs enfants à la messe dominicale, où ils pourront alors « se frotter » à cette « initiation liturgique » ? Clairement, si.
Pour ce qui est de la paroisse, tout le monde est bien d’accord pour dire que ce DEVRAIT être le lieu où se dispense le catéchisme. Mais combien de paroisses en France (pardon à nos liseurs étrangers qui pourront nous transmettre leur propre expérience) dispensent encore un catéchisme ? Dans bien des cas, cette « proposition » (hihi) n’est même plus offerte, faute soit de bras soit d’inscrits.
Alors, me semble-t-il, ce choix peut, oui, se justifier.
Dire que c’est une responsabilité que l’on « peut assumer », c’est autre chose. Je ne suis pas certain que toutes les mères soient à même de prendre en charge des groupes de catéchèse. Certaines peuvent être très douées de façon innée et naturelle pour transmettre la Foi à leurs enfants sans pour autant avoir le charisme de prendre en charge de tels groupes. Néanmoins, ayant la Foi, ne transmettront-elles pas ce qui est ESSENTIEL aux enfants qui est bien la charité, comme acte d’amour « pour Jésus » ?

Le ton pour parler de l’ « un autre côté » est volontiers plus bonhomme, limite complaisant. Lisez vous-même : « , il faut le reconnaître aussi, (un peu d’auto-critique ne fait pas de mal) il y a des écoles et des paroisses où la catéchèse est vraiment insuffisante » Vraiment insuffisante, voilà des mots bien pesés. Vraiment insuffisante ou totalement, carrément, franchement, certainement insuffisante ? Tout cela, à mon avis, mais pas « vraiment », lequel adverbe tend à minimiser cette carence honteuse.

« elle peut même être très déviante. » Aaaaaaah… même ?
Notre abbé poursuit en posant la question de la légitimité en pareil cas d’ «essayer de faire quelque chose, même si c’est en dehors du cadre officiel ». Il nous rappelle la mission éducative inaliénable des parents. Il ne répond pas tout de suite à la question.
Il le fera dans son paragraphe de conclusion intitulé « UNE CATECHESE COMPLEMENTAIRE, ET NON PAS PARALLELE ET CONCURRENTE ». Et il conseille dans les cas difficiles « d’envisager une double appartenance. » C’est-à-dire : une inscription au catéchisme « officiel », paroissial ou scolaire, puis une autre dans un groupe « complémentaire ». Et il affirme catégoriquement et doctement « Rien n’empêche des familles ». Rien n’empêche ?
Malheureusement si, parfois. Le temps est un élément important. La distance aussi par moments. Et puis peut-être aussi la confiance en soi. Confiance en sa capacité propre à « contre-carrer » l’enseignement reçu au cours du catéchisme que l’on appellera donc « paroissial ou scolaire ». Comment aussi justifier à un enfant que l’on puisse lui dire une chose ou son contraire, que l’on puisse d’un côté orienter sa foi vers l’Homme et d’un autre vers Dieu ? Ne court-on pas ici le risque et ne fait-on pas courir ce risque à nos enfants, qu’ils croient que la Foi est le fruit d’une réflexion subjective et non l’adhésion à la Vérité, Vérité qui ne dépend pas de soi mais qui EST ? Quelle force faut-il avoir pour trouver les mots justes pour expliquer cela à ses enfants ! Personnellement, je rends grâce à feu mon cher père pour la patience et la douceur qui fut la sienne lorsqu’il m’expliquait clairement et sans violence que telle assertion de mon aumônier censé nous dispenser le catéchisme n’était peut-être pas tout à fait conforme aux dogmes de l’Eglise ? Je ne sais si je saurais moi-même agir ainsi. Je crains même le contraire. Alors, personnellement, je crois, oui, que quelque chose « m’empêche » de courir ce risque.
Le vieux procès des personnes qui se retirent de ces groupes de catéchèse qualifiés d’ »officiels » est un procès tronqué. L’expérience montre hélas ! que tout ceci est bien verrouillé. « Faire l’expérience de la Tradition », même de façon minime est dans les faits impossible. Oser proposer que la messe des enfants puisse être une messe « normale » sans mime ni jeux de rôle débiles, c’est déjà faire preuve d’intégrisme. Parler de confession, c’est mettre le Mal sous les yeux des enfants et les exposer à faire ensuite d’affreux cauchemars.
Dénoncer les plaintes de ces parents qui pleurent de ne pouvoir offrir un catéchisme vraiment paroissial à leurs enfants, c’est ignorer que tout ceci s’opère dans la souffrance. Je ne connais pas personnellement beaucoup de parents qui se réjouissent de la situation actuelle. Je crois connaître bien des mères qui préféreraient laisser leur place de « catéchistes par défaut » aux prêtres qui manquent tant à l’Eglise, ou même aux prêtres qui leur dévouent cette tâche qui devrait être la leur.
La conclusion de cet article est une gifle adressée à ces mères, à ces familles pieuses. Elles sont une insulte, eu égard au souci quotidien de ces parents qui essayent en toute chose d’élever leurs enfants à rendre grâce à Dieu.
Ces « certains chrétiens », dont il est ici question, et dont on a bien perçu qui ils étaient dans l’esprit de ce pasteur, ne se considèrent pas comme supérieurs ni même garants de quoi que ce soit. C’est bien l’Eglise qui est garante de la Vérité. Là encore on reste dans le domaine du procès d’intention, renvoyant ces chrétiens-là à leur vilain vieil Orgueil, qui blesserait l’Eglise et ses membres, en les humiliant.
Bien sûr que l’on trouvera parmi les catholiques traditionnels des expressions maladroites. C’est évident.
Mais peut-on HONNETEMENT et CHARITABLEMENT écrire que c’est un fait général, et notamment auprès de ces mères catéchistes ?

XA

 



La discussion

      "Une catéchèse parallèle ?", de A X [2001-09-27 16:08:11]
          et Dieu, dans tout ça ?, de Petipeu justin [2001-09-27 21:47:36]
          Bien sûr, de BILLIG Marc [2001-09-28 07:18:13]
              et l'obéissance dans tout ça ?, de Josep F [2001-09-28 08:16:33]
                  Rivarol, de Arnold [2001-09-29 10:42:57]
                  Ah?, de BILLIG Marc [2001-09-29 18:02:55]
                      Mouais...., de Petipeu justin [2001-09-29 19:10:10]
                          Etre d'Eglise, de BILLIG Marc [2001-09-30 08:09:17]
                              à qui obéissez-vous ?, de Josep F [2001-10-01 09:02:35]
                                  Comme tout catholique,, de BILLIG Marc [2001-10-01 20:29:33]
                                      j'obéis sauf quand ..., de Josep F [2001-10-02 08:07:50]
                                          Devoir de discernement, de BILLIG Marc [2001-10-02 12:30:42]
                                          Marre, de Nelly Achlaw [2001-10-02 23:14:27]
                                              Carton jaune foncé (pdt), de A X [2001-10-03 08:55:34]
          Message aux parents ayant des enfants en âge d'ê [...], de A X [2001-09-28 09:20:02]
              PAs clair., de Savonarole [2001-09-28 10:17:46]
                  Euh..., de Petipeu justin [2001-09-28 18:56:02]
          Vu de ma lucarne..., de A X [2001-09-28 11:55:50]
              Géométrie, de Leopardi [2001-09-28 13:06:03]
                  Quelle école avez-vous fréquenté ?, de A X [2001-09-28 13:10:15]
                      La communale, de Leopardi [2001-09-28 14:09:57]
                  Euclide., de Savonarole [2001-09-28 16:57:21]
              bravo !!!!!, de Petipeu justin [2001-09-28 19:02:12]
              Il suffirait, de BILLIG Marc [2001-09-30 08:06:23]
          On dit parfois "plus bête que méchant", de MARCIANI Pierre [2001-09-28 15:10:30]