A la demande générale de quelques uns, je publie ici ma lettre de vacances. Que ceux qui l'ont eu par mail me pardonne cette redîte.
Un mois de vacances dans une petite Isle de nos côtes Atlantique... Un mois en août, cela veut dire 4 dimanche et le 15 août : 5 Messes donc ! Car compte-tenu de ce que je dus y subir, le Bon Dieu me pardonnera sûrement de ne pas m'être astreint à y assister durant la semaine... Laissez-moi vous les narrer.
Eh oui ! Ce furent donc cinq Messes sans grande joie. D'habitude notre communauté profite de la présence de quelques jeunes abbés en vacances dont la façon de célébrer la sainte liturgie vient apporter quelques beautés dans notre grisaille. Mais rien n'y fit cette fois. D'aucuns veillirent à ce qu'ils ne dérogeassent point aux adaptations locales. ...Et quand je dis "adaptations", c'est par respect pour le lecteur que je n'utilise point le mot qui me viendrait à l'esprit. Qu'importe ! L'on me comprendra...
Cinq Messes sans Gloria. Me croirez-vous ? Vous auriez tort de douter. En lieu et place des paroles de cette belle prière, qui à debout se chante - à tout le moins se récite, par toute l'assemblée, nous eûmes droit à la composition diocésaine, ..."probablement diocésaine" dirais-je, car je ne peux point supposer que mes bons amis Islais ont droit à quelque texte d'usage encore plus restreint qu'un diocèse. Ah ! mais c'est que le texte est intéressant : vous le savez les hommes de bonne volonté ont disparu de notre coin de France, c'est sans doute pour cela qu'il ne reste plus qu'à dire au Bon Dieu : "Paix à la Terre qu'Il aime". Il n'y est pas plus question de Sainteté de l'Esprit que de bien d'autres choses...
Cinq Messes sans "Lavabo" ! Je galèje ? Que nenni ! Eh oui ! Dans ce doux début de siècle, incognito, le 'rituel vécu' vient de perdre ce geste destiné à purifier ces mains qui vont recevoir le corps du Christ. S'agit-il là d'un émoi illicite de ma part ? Me tromperais-je et serait-ce là un rituel supprimé depuis une certaine réforme liturgique ? Je vérifie... Que vois-je ? Le rituel est bien prévu par le Nouvel Ordo Misse. Certes il y a beau que "les miettes de la table" ne sont plus pieusement récupérées par le célébrant - mais "essuyées" dans un linge. Tout de même, la suppression du lavabo est une innovation liturgique de la tradition vivante qu'il faut noter ! Et d'ailleurs comment voudriez-vous que j'aille en faire quelque reproche au célébrant ? Il aurait beau jeu de me répondre que les fidèles, communiant "dans les mains" ne les passent point sous la burette. Alors... je me dus rester coi !
Cinq Messes sans qu'un Credo ne fut récité. Oh ! Je ne parle point de la mélodie immémoriale du Credo 1 ou des autres compositions grégoriennes. Je veut simplement noter qu'à la perte du chant qui soutient la prière, en nos contrées s'ajoute la perte du symbole de Nicée. L'on n'y récite plus que le symbole des Apôtres. Exit Nicée et autres Pères de l'Église. C'est la Tradition revisitée. Les plus méchants parleront d'un révisionnisme de la Tradition. Je remercie cependant Monsieur l'abbé J. d'avoir dépassé la période des années 80-90 où l'on parlait de sa foi en un Dieu qui chante et qui fait chanter la Vie.
Cinq Messes avec encore tant d'autres adaptations. Le constat : c'est que sans en être conscients, nos bons camarades du dimanche ne savent plus ce qui fut prescrit par Paul VI lors de la réforme liturgique. Quant à savoir ce qu'écrivit le Concile... Il ne le surent probablement jamais. La suite logique c'est qu'ils ne verront bientôt plus de différence entre quelque prière communautaire et la Messe. J'exagère ? Réfléchissez : pensez-vous sérieusement qu'un jeune enfant qui assiste tantôt à quelque ADAP, tantôt à la Messe ainsi adaptée, sera longtemps à même de faire la différence ? Déjà, je puis témoigner que de mes amies veuve, chrétienne en trois actes, ne sut point voir que la Messe ne fut pas célébrée pour l'office des funérailles de son cher époux.
Une anecdote complémentaire ? La Messe du XV août . Ce fut le bouquet ! Vous savez la pratique qui consiste à faire sortir les enfants durant les premières parties de la Messe, les confiant à quelques curettes - dames catéchètes (Les Prêtres de nos jours ne doivent sans doute plus savoir parler aux petits ???). Bref, au retour de la meute, s'agglutinant pour jouer entre elle sur le tapis de l'Autel, la dame portant une statue de notre Madone entonna quelque chant marial : ...et chacun de se lever à qui mieux mieux pour remercier, ...la dame ou la Madone je ne sais. A la fin de l'office, le Magnificat commençait, la dame repris sa place centrale, portant la statue plus haut que l'on n'ose porter de nos jours les saintes espèces lors de l'élévation. Et la foule de reprendre le chant, debout, qui tapant des mains, qui tapant des pieds, tels des derviches tourneurs. ...Je sortis en me demandant pourquoi ceux-là mêmes qui ne daignent rester debout (ou mieux s'agenouiller) durant le Canon du renouvellement non sanglant du sacrifice de Notre Seigneur, s'obligeaient à participer à cette grotesque convulsion multitudinique. Ah les Mariolâtres ! C'est injuste d'ainsi les appeler, car ils réservent souvent ce terme péjoratif aux pèlerins de Notre Dame. Mais ça fait du bien...
Un nouvel Évêque vient d'être donné à la Vendée. Nous lui demandons instamment de visiter notre communauté et de répondre au souci des âmes qui souhaitent trouver meilleur ordonnancement liturgique. Il s'y offre deux choix qui ne demanderont point moultes conciliabules (vous savez, les discussions pour savoir ce que l'on garde et ce que l'on supprime). Notre Évêque peut nous accorder la Messe selon l'Ordo de 1962 (et c'est notre demande), ou bien selon selon de 1969 "in extenso" et non pas revisité par les créationistes liturgiques qui trop longtemps sévirent dans notre diocèse. Devrais-je dire ma préférence pour le plus ancien ? C'est évident : le nouveau 'stricto sensu' personne ne le connaît ! Alors à quoi bon le vouloir restaurer ? Qui osera me dire que remettre en pratique l'ancien rite choquerait plus de fidèles que mettre en pratique l'Ordo de 1969 in extenso ? L'on connaît maints prêtres qui remirent (récemment) en vigueur l'habitude de célébrer le rite Paul VI versum Deo. ...Cela ne manqua pas ! On leur fit tant et tant reproches de ce qui parut être une reprise du rite préconciliaire.
Enfin ! quoiqu'il en soit telle est notre demande. Monseigneur l'Évêque, notre Pasteur, accordez à notre Isle Dieu et à nos âmes les grâces d'une liturgie suivant le rite de 1962, ou au moins...
In Christo, amitiés à tous ; Merci de vos prières pour cette cause.
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ps: Si des lecteurs Vendéens me lisent qu'ils se signalent.
ps: rassurez vous la missive à notre Evêque sera plus romainement tournée...