"Pour être franc, je pense que la catholicité que nous avons connue a presque entièrement disparu. Resteront des groupes de fidèles qui se poseront comme points de reférénce d'une mentalité étrange et d'un style paradoxal de coportement. De tels petits groupes devront, à mon avis, essayer encore de maintenir quelque forme de catholicité, créant des espaces de convivialité dans lesquels ils pourront être protégés, s'exprimer et être incités à croître. En ayant toujours la préoccupation d'un dialogue avec ceux qui ne sont pas catholiques : un dialogue respectueux des personnes et intransigeant avec les idées, les normes et les médiations que le Christ a données à son Eglise. Nous arrivons dans ces temps où seront demandées aux catholiques des paroles décisives sur la signification et la valeur de l'existence et du devenir humain. Dans ce but sera nécessaire une formation solide au dialogue, en veillant néanmoins à ne pas susciter une Eglise d'élites, de pédants : l'Eglise est toujours un peuple, et le Dieu de ce peuple s'adresse à tous."
Extrait de l'interview accordée à Yves Chiron
La Nef - n° 119 - septembre 2001 - pp.14 et 15