Affiches du film "Ceci est mon corps": le juge se prononcera jeudi
mardi 21 août - 13h01
PARIS (AFP) - Le juge des référés du Tribunal de Paris, Mme Catherine Taillandier, se prononcera jeudi sur la demande d'une association de Catholiques qui lui demande d'interdire les affiches publicitaires du film "Ceci est mon corps", qui doit sortir le 29 août.
L'association AGRIF (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne) a formulé cette demande à l'audience de mardi en estimant ce titre, qui reprend une phrase essentielle de la religion catholique, "provocateur et inutile".
L'AGRIF reproche à l'affiche de s'imposer aux yeux des passants qui n'ont pas souhaité voir ce film. L'utilisation de cette formule est inutile, plaide Me Wallerand de Saint-Just, avocat de l'AGRIF, car "le contenu du film n'a rien à voir avec cette phrase". C'est provocateur, ajoute-t-il, car il s'agit seulement "d'accrocher le regard pour provoquer et faire venir".
L'avocat explique que cette phrase, prononcée par le prêtre durant la messe, au moment de l'Elévation, est "la phrase la plus sacrée pour les chrétiens". C'est la phrase du Christ pendant la Cène, explique-t-il.
Son adversaire, Me Roland Rappaport, avocat du cinéaste Rodolphe Marconi, nie à l'AGRIF le droit d'agir en justice au nom des chrétiens, en lui reprochant d'être proche du Front national. Il lui reproche aussi d'agir tardivement, expliquant que personne n'a été choqué lors de la sélection et de la projection du film à Cannes, puis dans une salle parisienne, et à La Bourboule. Il ajoute que cette phrase a été le titre d'un ballet présenté au festival d'Avignon cet été.
On ne peut pas "interdire ces paroles urbi et orbi, quelle que soit la création et le contexte", dit-il, soutenant que "Ceci est mon corps" appartient à la culture religieuse commune. "On pourrait aussi interdire +que la lumière soit+, qui fonde la Genèse ?" conclut Me Rappaport.
Le substitut Pierre Dillange s'est associé à cette défense en estimant que, hors de toute volonté agressive ou nuisible à la religion, la position de l'AGRIF était "intégriste".