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Le pèlerinage Paris-Chartres restera-t-il traditionnel ? Imprimer
Auteur : Pierson J.
Sujet : Le pèlerinage Paris-Chartres restera-t-il traditionnel ?
Date : 2001-08-10 19:09:54

Le pèlerinage Paris-Chartres restera-t-il traditionnel ?
Ou le complexe du tradi rallié.

J’ai reçu le numéro 118 de l’Appel de Chartres (juin 2001), petite feuille de chou de l’association Notre-Dame de Chrétienté, organisant le pèlerinage Paris-Chartres qui a lieu chaque année à la Pentecôte, sauf en 2000.

J’y ai lu en première page dans l’éditorial d’Hubert de Gestas, président de la dite association :
« Mais nous avons aussi entendu ces quelques mises en garde et surtout cette invitation pressante à dépasser les clivages, la guerre des rites qui oublierait l’essentiel : le Saint Sacrifice de la Messe, le sacrifice rédempteur ; à surmonter la tentation de l’activisme et notre prétention à vouloir sauver la société … »

J’avoue avoir été extrêmement surpris par cette partie du texte. Pour ma part, je n’ai rien entendu de la sorte au cours du dernier pèlerinage. Puisque l’article parle juste avant de l’homélie du Cardinal, j’ai supposé que c’était là que se trouvaient ces mises en garde.

J’ai donc relu attentivement ce sermon, d’autant plus facilement qu’il est donné en version intégrale dans le même numéro de l’Appel de Chartres. Et je n’y ai trouvé aucune mention de clivage PieV/PaulVI, droite/gauche, nord/sud, est/ouest, etc. Soit Hubert de Gestas interprète ce sermon (en prenant ses désirs pour des réalités ?), soit il s’agit de paroles privées du Cardinal, adressées dans le cercle étroit des hauts dirigeants de l’association, et qu’Hubert de Gestas, en fils obéissant de l’Eglise, s’empresse de nous livrer.

Nous avons oublié le Saint Sacrifice de la messe, nous dit-on. Erreur ! Nous ne pensons qu’à cela. C’est même là LE combat. C’est ce à quoi pensaient également les protestants qui ont applaudi la nouvelle messe. Pardi ! On n’y parle tellement peu du Saint Sacrifice et de la Présence réelle qu’ils peuvent même l’utiliser pour leurs ADAP !

J’entends encore Hubert de Gestas dire, en novembre 2000 à l’occasion du congrès de l’association, devant la foule compacte et enthousiaste répandue sur les gradins inférieurs et supérieurs de l’immense Palais des Congrès de Versailles (à une demi-lieue de la Chambre du Roi) : « Moi président, seul le rite traditionnel sera utilisé au pèlerinage ». Ca ne serait pas du clivage, cela ? Il faut dire qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Eh bien ! Je vous flanque mon billet que dans quelques temps, on aura la messe Paul VI au pèlerinage, histoire de déjouer les clivages. Oh ! Bien sûr, ce seront d’abord des messes privées, et très peu nombreuses. Et en latin, dites vers le côté Est de la tente chapelle collective. Un peu de décence bourgeoise voyons : on n’abandonne le combat que lentement. Comme cela, le mouvement ne se remarque pas, et ça sauve les apparences, ce qui est bien l’essentiel.

Je me souviens d’articles élogieux sur le pèlerinage, il y a quelques années, dans des magazines à diffusion nationale où il était dit : « La messe est leur étendard ». Il commence à être mis en berne celui-là, mon colonel !

Car il faut bien l’avouer : nous autres traditionalistes ne sommes que des entêtés, persuadés qu’on nous cherche querelle. Dépassons ce stade, que diantre ! Si on nous interdit la messe Saint Pie V, c’est pour notre bien ! Hubert de Gestas l’a bien compris et s’empresse de nous délivrer ce message. Le blocage d’implantation de communautés religieuses traditionnelles dans les diocèses français, les difficultés pour obtenir une messe dominicale St Pie V, les tracasseries pour obtenir une messe de mariage traditionnelle dans un lieu donné, la mise au placard de prêtres à « tendances » traditionalistes, les pressions sur les jeunes prêtres disant la messe traditionnelle, bref, « l’immense souffrance » dont parle un autre article sur la même page du même numéro de l’Appel de Chartres mais signé cette fois par l’aumônier de l’association, tout cela, c’est du vent ! De la paranoïa ! Ou si cela existe, c’est pour notre bien ! Donc, arrêtons le clivage, s’il vous plait.

Il est par ailleurs assez stupéfiant que le président d’une association qui porte dans son titre le mot « chrétienté » affirme qu’il ne faut pas chercher à sauver la société. Peut-être voulait-il dire qu’il n’y a plus d’espoir de sauver celle dans laquelle nous vivons ? Les tout premiers chrétiens n’étaient qu’une poignée, mais ils avaient l’ambition de sauver l’humanité. C’est un autre style ! Nous aurions donc le devoir de défendre le Christ Roi sans pour autant prétendre vouloir sauver la société : veuillez m’expliquer, je vous prie !

Quant à la tentation d’activisme des pèlerins et des chapitres, je crois qu’on peut se rassurer : il serait joyeux d’avoir à éviter ce danger mais on est très loin d’atteindre un niveau préoccupant. Je parle en moyenne, sachant qu’il y a toujours de belles exceptions. Mais c’est tellement confortable de se dire que l’activisme est mauvais pour la santé spirituelle.

De tout cela, il me vient une petite envie de pleurer : j’ai toujours été un grand sentimental. Mais enfin, après tout, il faut que je garde ma sérénité et me préoccuper surtout du salut de mon âme. Et comme me le disait un moine bénédictin il y a deux ans, à qui j’évoquais la situation tendue du pèlerinage : « il a duré presque vint ans, c’est déjà beaucoup ». L’année suivante, il m’a ajouté : « ça serait quand même dommage que ça s’arrête ». Ca serait dommage en effet. Et de nombreux jeunes prêtres diocésains comptent beaucoup sur nous pour tenir le coup et faire instaurer (enfin !) un véritable droit de cité pour le rite traditionnel dans l’Eglise. D’autres prêtres, moins jeunes, préfèrent nous voir abandonner le clivage. Je dis tout de suite que ma sympathie va aux premiers. Que voulez-vous, il y a comme cela des sentiments naturels qu’on ne maîtrise que difficilement.

On peut se demander si ce genre d’écrits (je parle de l’article d’Hubert de Gestas) aidera le pèlerinage à aller de l’avant. Sans doute, mais dans quel sens ? Je suis assez bien placé pour savoir que la plupart des piliers de chapitres ne s’orientent pas dans ce sens-là. Et le nombre de pèlerins est fortement corrélé au nombre de chapitres … En clair il ne faut pas se tromper sur les véritables moteurs du pèlerinage. Car, comme le disait Pierre Dac : « l’avenir est devant soi, mais il se retrouve derrière chaque fois qu’on fait demi-tour ».

C’est qu’ils vont finir par me le casser ce pèlerinage. Ah les gueux !

J. Pierson. Août 2001.


 



La discussion

      Le pèlerinage Paris-Chartres restera-t-il traditi [...], de Pierson J. [2001-08-10 19:09:54]
          Espérons que, de L S [2001-08-10 21:25:45]
          AS-TU VERIFIE, de Pierre PUMA Pierre [2001-08-11 07:42:09]
              j'ai vérifié ?, de Pierson J. [2001-08-13 10:21:10]
                  Nouveau débat, de ARNAUD Xavier [2001-08-13 10:35:24]
                      JE COMPRENDS, de Pierre PUMA Pierre [2001-08-13 18:04:43]
                  C'EST UN PEU LEGER QUAND MEME,, de Pierre PUMA Pierre [2001-08-13 18:02:49]
                      vous êtes bien renseigné ?, de Pierson J. [2001-08-14 13:32:00]
                          VOUS ETES SUR ECOUTE..., de Pierre PUMA Pierre [2001-08-17 09:44:30]
                          JE MAINTIENS MA DEMANDE, de Pierre PUMA Pierre [2001-08-17 09:46:03]