repris du BTAG :
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Nous diffusons cette dépêche de Correspondance Européenne n°65, qui paraitra le 31 juillet. Correspondance Européenne est une agence d'information dirigée par Roberto de Mattei, qui participait au congrès liturgique de Fontgombault. (Contact : Tour Louise, av. Louise 149, boite 18 / B-1050 Bruxelles. Tèl. 0032-2-5338900 - Fax 0032-2-5338907)
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CE 65/10 Fontgombault: congrès liturgique à la présence du Card. Ratzinger
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La question liturgique a été le thème d’un congrès d’études qui a eu lieu dans l’abbaye bénédictine de Fontgombault, en France, du 21 au 24 juillet, en présence de S. Emin. le Cardinal Josef Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui a ouvert et conclu les travaux. Parmi les autres participants aux sessions étaient présents deux évêques, Mgr André Mutien Léonard, évêque de Namur (Belgique), et Mgr Eric Aumonier, évêque de Versailles ; les Pères Prieurs des abbayes bénédictines de Fontgombault, Dom Antoine Forgeot, du Barroux, Dom Gérard Calvet, de Randol, Dom Eric de Lesquen et de Triors, Dom Hervé Courau qui présidait les travaux. Entre autres participaient aussi l’abbé Arnaud Devillers, supérieur de la Fraternité Saint Pierre; Fr. Carlos Urrutigoyti, supérieur de la Society St John (Etats-Unis); Mgr Camille Perl, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei et des représentants de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, de la Fraternité Saint Vincent Ferrier, des Chanoines Réguliers de la Mère de Dieu, des Légionnaires du Christ, de la Société Saint Vincent de Paul.
Parmi les orateurs qui ont pris la parole: l’évêque de Namur, Mgr Léonard; M. Stratford Caldecott, centre Faith and Culture d’Oxford; l’abbé François Clément; le Père Cassian Folsom, prieur du monastère Saint Benoît de Nurcie (Italie); Dom Daniel Field, de l’abbaye de Randol ; le chanoine André Rose, du diocèse de Namur; le Père Charbel Pazat de Lys, de l’abbaye du Barroux. A la dernière session des travaux, trois professeurs laïques de nationalités différentes ont exprimé, en accord substantiel, leurs préoccupations vis-à-vis de la crise actuelle de l’Eglise et de la société : le philosophe Robert Spaemann, ancien président de Pro Missa Tridentina, pour l’Allemagne ; le juriste Miguel Ayuso Torres, président des éditions Speiro, pour l’Espagne; l’historien Roberto de Mattei, président du Centre Culturel Lépante, pour l’Italie.
Dans ses interventions, le Cardinal Ratzinger a voulu reconduire le problème liturgique à ses fondements théologiques en réitérant la nécessité de récupérer la dimension du sacré et de retrouver le vrai sens de la liturgie, fondée sur le concept de sacrifice.
Le Cardinal a aussi précisé que ce dont on parle beaucoup et qu’on appelle « la réforme de la réforme », concerne seulement le Nouveau Rite et non la Messe traditionnelle. Il a ainsi fait siennes les observations du professeur Spaemann selon lequel, ce qui doit être modifié aujourd’hui, ce n’est pas la liturgie traditionnelle, qui reste le point de référence, mais la liturgie réformée qui a une tendance à se décomposer en une multiplicité de rites.
La préoccupation, exprimée par le professeur de Mattei selon lequel, en cohérence avec la théologie postmoderne, les catholiques fidèles à la Tradition pourraient être confinés dans un “ghetto” canoniquement reconnu, et réduits à devenir l’ “église locale” de ceux qui sont “inculturés” au passé, a été partagée par le Cardinal Ratzinger qui a souligné la nécessité d’opposer des critères objectifs à la fragmentation ecclésiologique actuelle. Il faut éviter, a-t-il ajouté, le risque que le pluralisme liturgique ait comme conséquence le choix subjectif de chacun pour sa propre église, à la carte. Le danger que l’on court aujourd’hui est en effet, selon le Préfet de la Doctrine de la Foi, le passage de l’Eglise universelle à l’église locale et de celle-ci à la communauté qui trouve dans une simple expérience religieuse le critère ultime de sa propre ecclésialité. Pour cela, un retour authentique à l’esprit de la liturgie traditionnelle ne peut pas se passer de l’autorité qui reste l’unique garantie de la vertu d’obéissance à l’intérieur de l’Eglise.