KAMPALA, 3 juil (AFP) - Un archevêque ougandais estime que les fondements de l'Eglise sont en péril
L'archevêque ougandais John Baptish Odama a estimé jeudi que les fondements mêmes de l'Eglise catholique dans le pays étaient menacés par les parties en conflits dans le pays où sévit la rébellion de l'Armée de résistance du seigneur. "Il est plus qu'évident que nous, les fidèles de l'Eglise catholique et universelle, sommes ouvertement attaqués dans nos chairs et dans nos biens", a-t-il estimé dans une lettre pastorale diffusée jeudi par ce haut dignitaire du nord du pays.
Ces attaques "ne visent qu'à diviser le peuple et alors que nous avons tant besoin d'unité, je ne l'accepterai pas", a-t-il ajouté. "Nous ne pouvons accepter qu'une guerre politique devienne un conflit religieux", a-t-il poursuivi.
L'Armée de résistance du seigneur (LRA) combat depuis 1988 dans le nord du pays le régime du président Yoweri Museveni, qu'elle veut remplacer par une administration fondée sur les dix commandements de la Bible. Le mouvement rebelle est connu pour les mutilations perpétrées contre des civils. Il aurait enlevé quelque 10.000 enfants depuis 1995. Environ 800.000 personnes ont été déplacées en raison des combats.
Les dernières attaques, mises par les autorités sur le compte de la LRA ont touché des établissements catholiques, parmi lesquels des églises, des écoles et des centres de soin.
"Il est inadmissible que nous soyons continuellement provoqués comme si nous étions des belligérants contre qui on doit combattre ou être forcé à se battre ou à être vendu comme esclave ou une marchandise", a ajouté Mgr Odama. "Je ne peux pas rester tranquille quand je vois les humiliations quotidiennes et la misère dont est victime mon peuple", a-t-il souligné.
"Nous ne pouvons pas ignorer ou fermer les yeux sur la conduite cruelle des parties en présence et leurs lourdes conséquences sur les enfants", a-t-il déclaré sans citer qui que ce soit.
L'archevêque a lancé un appel à la communauté internationale pour mettre un terme à la guerre civile estimant que "ces conséquences diaboliques ont pris racine dans et à l'extérieur du pays".
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