En fait, et parralèllement à beaucoup de traditionnalistes, Monseigneur Lefèbvre semble avoir alternativement incliné, selon les périodes, soit au sédévacantisme, soit au ralliement. En 1988, en tout cas, il affirmait encore dans une conférence donnée le 10 mai au soir à Saint Nicolas, alors que les négociations commençaient à capoter, que la FSSPX n'était pas sédévacantiste. Dans la lettre aux futurs évêques d'août 1987 il les suppliait de rester attachés au siège de Pierre. Je crois qu'à ce moment-là il avait compris, comme l'explique Monseigneur Tissier de Mallerais dans son livre, que Dieu ne lui demandait pas de juger le pape officiellement et définitivement, à la manière d'un saint Léon II anathémisant Honorius, mais de maintenir du mieux qu'il pouvait, à son niveau, la Foi catholique, en posant les actes nécessaires pour cela. Il savait qu'il n'avait pas l'autorité pour cela, que seul un futur pape aura. Plutôt que de se couper les cheveux en quatre là-dessus, on devrait faire pareil à notre niveau, c'est à dire faire le maximum pour rester de bons catholiques (ce qui m'oblige en ce qui me concerne à avoir recours aux prêtres de la FSSPX) et laisser les futures autorités compétentes, c'est à dire un futur pape, juger le pape Jean-Paul II par la suite, éventuellement à la manière d'un saint Léon II pour Honorius s'il y a lieu. Mais ce n'est pas notre rôle dans la crise actuelle. S'obséder sur cette question amène soit au sédévacantisme, soit au ralliement. |