ATHENES, 29 mai (AFP) - Convention: les orthodoxes grecs veulent toujours une référence "chrétienne"
L'Eglise orthodoxe grecque a rejeté jeudi comme insuffisante la mention d'un héritage "religieux" de l'Europe dans le projet de préambule de la future Constitution européenne, jugeant que ce texte devait faire clairement référence aux "racines chrétiennes" de l'UE. L'Eglise grecque, non-séparée de l'Etat, "veut une référence précise et catégorique aux racines chrétiennes de l'Europe, et ne peut se satisfaire de la mention contenue dans le projet", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Haris Konidaris. "Nous continuerons à nous battre", a-t-il ajouté.
"Cette position est la même que celle du Vatican", a-t-il ajouté, rappelant la tenue récente à Athènes sur ce sujet d'une rencontre réunissant orthodoxes, catholiques et représentants de l'Eglise anglicane. Au sein de l'UE élargie, l'orthodoxie n'est majoritaire qu'en Grèce et à Chypre.
M. Konidaris a aussi souligné le refus de son Eglise de voir mettre sur le même plan la tradition chrétienne et les traditions juives et musulmanes "qui n'ont pas joué le rôle fondamental de la première dans la formation de la culture européenne et dans l'histoire de l'Europe".
Selon les langues de l'UE dans lequel il est décliné, le projet de préambule fait en effet référence soit à "des héritages religieux" au pluriel, comme en allemand, soit à "un héritage religieux" au singulier, comme en grec, quand il ne laisse pas planer le doute, comme en français où il est question "des héritages culturels, religieux et humanistes.
"C'est un point qui devra être éclairci", a souligné M. Konidaris.
Selon des sources religieuses, le clergé grec est également opposé à une autre phrase du projet de préambule, mentionnant l'influence dans la culture européenne des "courants philosophiques des Lumières".
Les dignitaires grecs s'en prennent encore régulièrement dans leurs prêches à l'héritage des Lumières, accusé d'avoir jeté les germes d'une désacralisation du monde.
Réputée pour son conservatisme, l'Eglise avait également farouchement bataillé en 2000 contre la suppression de la mention de la religion sur les cartes d'identité des Grecs.
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