CITE DU VATICAN, 25 mai (AFP) - L'entrée de la Turquie dans l'Europe est "problématique" aux yeux du Vatican
L'entrée de la Turquie dans l'Union européenne est "problématique", de même que celle d'Israël et de la Russie, a déclaré dimanche le ministre des Affaires étrangères du Vatican, le cardinal Jean-Louis Tauran. "L'inclusion de la Russie, de la Turquie et d'Israël pose le problème des frontières géographiques de l'Union", a dit Mgr Tauran dans un entretien au grand quotidien italien Corriere della Sera.
Passant sur le respect des droits de l'Homme et la protection des minorités --"ce sera aux responsables européens de juger"--, il estime qu'"il reste un problème".
"Est-il possible que tous les pays partageant le patrimoine de valeurs chères à l'Europe fassent acte de candidature et d'adhésion à l'Union ? N'y a-t-il pas une nécessité d'imposer des frontières géographiques à cette Union ?", demande-t-il.
Le haut prélat catholique français suggère d'offrir la priorité à des pays comme la Moldavie ou l'Ukraine, plutôt qu'aux trois autres pays.
Leurs habitants sont en majorité non catholiques, mais respectivement orthodoxes, musulmans et juifs.
La Turquie est candidate à l'intégration à l'UE depuis décembre 1999, contrairement à Israël ou à la Russie.
Le Vatican insiste beaucoup en cette période de préparation de la future Constitution européenne sur l'ancrage chrétien de l'Union.
Le projet en gestation lui donne partiellement satisfaction, puisque l'Union s'engagerait au respect du statut prévu par les législations nationales pour les Eglises et les associations religieuses et au dialogue avec celles-ci.
"J'espère que toute cela sera confirmé dans la version définitive", a dit Mgr Tauran.
Le préambule le laisse en revanche sur sa faim. Le Vatican veut la mention du "patrimoine religieux, et spécialement chrétien" dans le texte fondamental.
"Même la mention plus générale de +patrimoine religieux+ serait inadéquate", a jugé Mgr Tauran.
Il exprime aussi le souhait d'aboutir à un rapprochement avec l'Eglise orthodoxe, reconnaissant en même temps que cela prendra "du temps et beaucoup de bonne volonté". "L'Eglise catholique n'a jamais songé à voler les brebis du troupeau orthodoxe", assure-t-il.
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