Pour beaucoup, je partage votre analyse, et ce depuis des années. (Je vous dirais même que je vois en la messe dialoguée l'expression liturgique par excellence des travers que vous nommez, mais cela, vous l'aviez déjà deviné, je crois.) Il m'en aura d'ailleurs coûté assez cher, tant il est vrai que rien de tout ceci ne nous fera jamais beaucoup d'amis...
Ici, je voudrais, toutefois, introduire certaines nuances. Votre message plus haut s'inscrit dans une analyse plus vaste dont j'ai désormais entrevu plus d'un pan. Ce fait m'amène à me demander si vous faites bien la part des choses.
Certes, le mouvement tradi a ses torts et travers. Assurément, nombre de ses éléments - et non des moindres -, y gagneraient à pratiquer davantage l'humilité. Oui, on y trouve suffisance, activisme, volontarisme - et didactivisme. Et comment ne pas voir, aussi, combien certains... hummm... faits sociologiques lui étant propres représentent un véritable problème, surtout en France ?
Toutefois, ceci est-il bien le tout de la question ? Hormis les saints et les principes, la perfection est-elle bien de ce monde ?
Je vous livre, en bref, mon point de vue, qui devrait vous situer mon idée sur ce point. À mes yeux, l'analyse 'tradie' (vous le remarquez : je simplifie) me semble la seule qui tienne. Par la force des choses, cette analyse, par la suite, doit nécessairement s'incarner, et ceci dans des circonstances déterminées. Je ne vois pas d'alternative. Étant humain et dêchu en ma nature, je fais moi-même partie du problème. L'indulgence est d'obligation.
J'en viens au problème selon moi... Cette chair et ses défauts, j'ai toujours trouvé dommage qu'il fût si souvent mal vu de les voir et de chercher à y remédier. Je vous l'ai déjà dit : j'ai fait les frais de cette réalité.
Mais le mouvement 'tradi' en est-il pour autant bon à jeter ? Est-il seul coupable ? Etc. (Étant fatigué, je ne continuerai pas : mon idée vous sera déjà apparue dans ses grands traits.)
Pour revenir au pélerinage à la francaise... Je le répète : je partage pour beaucoup votre analyse. Mais l'homme est un être social et Dieu le prend sans doute ainsi. Pour moi, je ne crois pas que les imperfections inhérentes à ce genre de manifestations populaires me gêneraient si elles s'y limitaient. Malheureusement, dans le cas du mouvement traditionnel, ces imperfections manifestent des tendances profondes ne se confinant nullement aux pélerinages. Et c'est pourquoi je suis gêné. Cependant, je ne crois pas que les choses soient mieux ailleurs.
De toute facon, le problème n'est pas le pélerinage en soi. Me semble-t-il. |