| Auteur : Athanasios D. |
| Sujet : Aulagnier/Héry, même combat? |
| Date : 2003-05-12 14:17:02 |
(Texte de la première partie - faute de temps et pour éviter l'indigestion, malgré mes pilules oecuméniques - de l'abbé Aulagnier ponctué de quelques références en gras auxquelles il fait allusion mais qui le contredisent)
Une lecture de la nouvelle Encyclique du pape Jean-Paul II Sur la Sainte Eucharistie « Ecclesia de Eucharistia » (copié-collé du site du BTAG)
Cette encyclique est intéressante, même très intéressante. Elle est même peur-être un acte historique. Elle va, s'il n?est pas de ma part outrecuidant de le dire, dans le bon sens. Comme va dans le bon sens aussi la célébration - et son annonce urbi et orbi ? de la messe de Saint Pie V, à Sainte Marie Majeure, par le cardinal Castrillon Hoyos , le 24 mai prochain, dans une basilique romaine, sur un autel papal. Comme va également dans le bon sens, le dernier document de la Congrégation du clergé sur le prêtre et la paroisse signé par le même cardinal et publié le 4aout 2002.
N'y aurait-il pas ? aujourd?hui ? un désir de restauration dans la Sainte Eglise ? Nous le croyons.
Cette Encyclique est bonne même si on peut regretter certains points, comme par exemple ? cette différence de style, de ton trop évident qui nuit à l'unité du texte et à son exposé.
Mais laissons les critiques ? toujours possibles d?un texte ? pour nous attacher à l?essentiel du document.
Un rappel doctrinal
L'Encyclique est un rappel doctrinal sur le mystère de la Sainte Eucharistie.
Il n'y a rien là - -de bien extraordinaire?Tout de même !
Certes ! Mais l'intéressant de ce document c?est qu'il me paraît être un rappel doctrinal pour corriger les insuffisances notables de la réforme liturgique issue du Concile Vatican II, pour corriger les ambiguïtés du texte de « l'Institutio generalis » publié par la Constitution « Missale Romanum » signé par le pape Paul VI le 3 avril 1969.
NdA: Le pape désire "raviver cette « admiration » eucharistique" (EdE 6) là où "l'on note un abandon presque complet du culte de l''adoration eucharistique" et où "s'ajoutent, dans tel ou tel contexte ecclésial, des abus qui contribuent à obscurcir la foi droite et la doctrine catholique concernant cet admirable Sacrement" qui représentent autant "ombres sur le plan doctrinal et les manières de faire inacceptables" "contraires à la discipline dans laquelle l'Église exprime sa foi" (EdE 10). Il n'est nulle part question d'ambiguïtés des textes du magistère.
Ces ambiguïtés peuvent se résumer à trois comme à trois vérités se résume la doctrine catholique sur la Sainte Eucharistie :
- un sacrifice, une victime (la présence réelle), un prêtre.
« La réforme liturgique post-conciliaire »
Le sacrifice La réforme liturgique ? et j'englobe dans ce terme et le texte doctrinal « Institutio generalis » qui a présidé à cette réforme et le rite proprement dit du nouvel « Ordo Missae » - n'exprime pas d?une manière claire le mystère sacrificiel de la Sainte Eucharistie. Il n'est jamais fait allusion même pas une fois ? au caractère propitiatoire du sacrifice eucharistique. Or on sait que l'Eucharistie est un sacrifice « véritable et authentique » et point uniquement « une nourriture » (cf le can 1 de la 22ème session du Concile de trente).
On sait également que le sacrifice eucharistique ? la messe ? n?est pas un simple sacrifice de louange et d'action de grâce ni une simple commémoraison du sacrifice accompli à la Croix., mais bien un vrai sacrifice « propitiatoire » (cf le can 3 de la 22ème session du Concile de Trente).
NdA: [II] 2. La nature sacrificielle de la messe, solennellement affirmée par le concile de Trente, en accord avec toute la tradition de l'Église, a été professée de nouveau par le IIe concile du Vatican, qui a émis, au sujet de la messe, ces paroles significatives: "Notre Sauveur, à la dernière Cène ?, institua le sacrifice eucharistique de son corps et de son sang pour perpétuer le sacrifice de la croix au long des siècles, jusqu'à ce qu'il vienne, et en outre pour confier à l'Église, son épouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection."
Ce qui est ainsi enseigné par le concile est exprimé de façon concordante par les formules de la messe. En effet, la doctrine signifiée avec précision par cette phrase d?un sacramentaire ancien, appelé léonien : "Chaque fois que nous célébrons ce sacrifice en mémorial, c'est l'oeuvre de notre rédemption qui s'accomplit", cette doctrine est développée clairement et soigneusement dans les prières eucharistiques: dans ces prières, en effet, lorsque le prêtre accomplit l'anamnèse, en s'adressant à Dieu au nom de tout le peuple, il lui rend grâce et lui offre le sacrifice vivant et saint, c'est-à-dire l'oblation de l'Église et la victime par l'immolation de laquelle Dieu nous a rétablis dans son Alliance, et il prie pour que le Corps et le Sang du Christ soient un sacrifice digne du Père et qui sauve le monde.
C'est ainsi que dans le nouveau Missel, la "règle de prière" (lex orandi) de l'Église correspond à sa constante "règle de foi" (lex credendi); celle-ci nous avertit que, sauf la manière d'offrir qui est différente, il y a identité entre le sacrifice de la croix et son renouvellement sacramentel à la messe que le Christ Seigneur a institué à la dernière Cène et qu'il a ordonné à ses Apôtres de faire en mémoire de lui; et que, par conséquent, la messe est tout ensemble sacrifice de louange, d'action de grâce, de propitiation et de satisfaction. (Institutio Generalis)
La présence réelle
La réforme liturgique n'exprime pas non plus d?une manière satisfaisante ni claire la doctrine de la présence « réelle et substantielle » de Notre Seigneur Jésus Christ dans la Sainte Eucharistie.
En effet la présence substantielle de NSJC dans l?Eucharistie est assimilée ? dans « l'institutio generalis »- à la présence de NSJC dans la Sainte Ecriture. C'est induire que la présence spirituelle de NSJC dans l'Ecriture Sainte est qualitativement homogène à la présence substantielle de NSJC dan l'Eucharistie. Ce qui est une grave erreur protestante.
On sait également que jamais le mot de transsubstantiation est utilisé dans « l'Institution géneralis. » Ce qui est tout à fait condamnable. Car c'est ce mot qui seul exprime la doctrine catholique de la conversion substantielle du pain au Corps du Christ, du vin au Sang du Christ.(cf le chapitre IV de la 13ème session du Concile de Trente).
NdA: [III] 3. De même, le mystère étonnant de la présence réelle du Seigneur sous les espèces eucharistiques est affirmé de nouveau par le IIe concile du Vatican et les autres documents du magistère de l'Église dans le même sens et la même doctrine selon lesquels le concile de Trente l'avait proposé à notre foi. Le mystère, dans la célébration de la messe, est mis en lumière non seulement par les paroles mêmes de la consécration, qui rendent le Christ présent par transsubstantiation , mais encore par le sentiment et l'expression extérieure de souverain respect et d'adoration que l'on trouve au cours de la liturgie eucharistique. Pour le même motif, le peuple chrétien est amené à honorer d'une manière particulière, par l'adoration, cet admirable sacrement, le jeudi de la Cène du Seigneur et en la solennité du Corps et du Sang du Christ. (Institutio Generalis)
Et dés lors, il est impossible de ne pas remarquer l'abolition ou l'altération des gestes par lesquels s'exprime spontanément la foi en la présence réelle.
Le « N O M » élimine les génuflexions, la purification des doigts du prêtre, les dorures des vases sacrés, les actions de grâces à genoux remplacées par un grotesque remerciement du prêtre et des fidèles assis aboutissement normal de la communion debout. Tout cela n'entrainerait-il pas une répudiation implicite du dogme de la présence réelle de NSJC dans l?Eucharistie. ?
NdA: [21] 43. Ils s'agenouilleront pour la consécration, à moins que leur état de santé, l'exiguïté des lieux ou le grand nombre des assistants ou d'autres juste raisons ne s'y opposent. Ceux qui ne s?agenouillent pas pour la consécration feront une inclinaison profonde pendant que le prêtre fait la génuflexion après la consécration. [52] 76. Ensuite le prêtre se lave les mains sur le côté de l?autel, rite qui symbolise le désir de purification intérieure. [289] 327. Parmi les objets requis pour célébrer la messe, on honore tout spécialement les vases sacrés et, parmi eux, le calice et la patène dans lesquels le vin et le pain sont offerts, consacrés et consommés. [294] 328. Les vases sacrés seront en métal noble. S?ils sont faits d'un métal susceptible de rouiller ou qui soit moins noble que l'or ils seront normalement dorés à l'intérieur. [120] 163. Lorsque la distribution de la communion est achevée, le prêtre consomme lui-même aussitôt à l'autel le vin consacré qui pourrait rester ; quant aux hosties consacrées qui restent, ou il les consomme à l?autel ou il les porte au lieu destiné à conserver l?Eucharistie. Le prêtre, revenu à l'autel, recueille les fragments, s'il y en a; puis, se tenant au côté de l'autel, ou à la crédence, il purifie la patène ou le ciboire au-dessus du calice; puis, disant à voix basse: Puissions-nous accueillir d'un coeur pur, il purifie le calice et l'essuie avec le purificatoire. Si les vases purifiés sont à l'autel, le ministre les porte à la crédence. Mais il est permis de laisser les vases à purifier, surtout s'ils sont nombreux, après les avoir recouverts comme il faut, à l'autel ou à la crédence, sur le corporal, et de les purifier aussitôt après la messe, lorsque le peuple est parti.
C?est ce que constate le pape. Ce qu?il veut corriger.
NdA: 
Le Sacerdoce Ministériel
Enfin la réforme liturgique n?exprime pas non plus clairement le rôle du prêtre à l?autel.
Elle n?en fait qu?un président d?assemblée agissant au nom de l?assemblée des fidèles et non plus spécifiquement au nom de NSJC ? in persona Christi.
C?est la définition du fameux article 7. Et c?est pourquoi « la prière eucharistique » - c?est à dire le canon de la messe ? est définie par ce document « l?Institutio généralis « »comme une « prière présidentielle ». Ce qui est faux. (n10 n12). Car à l?autel comme à la Croix, c?est le même sacrifice, c?est la même victime, NSJC, c?est le même prêtre, toujours NSJC et les ministres qui l?offrent ?représentant « le grand prêtre » n?agissent qu?en son nom? in persona Christi.
NdA: [10] 30. Entre tout ce qui revient au prêtre, la prière eucharistique occupe la première place, car elle est le sommet de toute la célébration. Viennent ensuite les oraisons, c'est-à-dire la prière d'ouverture (collecte), la prière sur les offrandes et la prière après la communion. Ces prières, dites par le prêtre qui préside l'assemblée comme tenant la place du Christ en personne, s'adressent à Dieu au nom de tout le peuple saint et de tous ceux qui sont présents. C'est donc à juste titre qu'on les nomme "oraisons présidentielles". [12] 32. La nature des parties "présidentielles" exige qu'elles soient prononcées clairement et à haute voix, et qu'elles soient écoutées attentivement par tous. Par conséquent, pendant que le prêtre les prononce, il n'y aura pas d'autres prières ni d'autres chants, l'orgue et les autres instruments resteront silencieux. [13] 33. Le prêtre prie comme président, au nom de l?Eglise et de la communauté rassemblée ; il prie aussi parfois en son nom propre, afin d'accomplir son ministère avec attention et piété. Ces prières-là, proposées avant la lecture de l?Evangile, à la préparation des dons, avant et après la communion du prêtre, sont prononcées à voix basse. (Institutio Generalis)
Et quoi, l'article 7? En quoi pose-t-il problème? Souligne-t-il un aspect au détriment d'un autre? Ou bien élargit-il la définition en unissant les différents aspects soulignés et parfaitement catholiques? Faut-il taire des vérités sous prétexte qu'un esprit borné s'acharne à les opposer là où l'Eglise les réunit harmonieusement? 
Pour l'accomplissement d'une si grande oeuvre, le Christ est toujours là auprès de son Eglise, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la messe, et dans la personne du ministre, "le même offrant maintenant par le ministère des prêtres, qui s'offrit alors lui-même sur la croix" et, au plus haut point, sous les espèces eucharistiques. Il est présent par sa vertu dans les sacrements au point que lorsque quelqu'un baptise, c'est le Christ lui-même qui baptise. Il est là présent dans sa parole, car c'est lui qui parle tandis qu'on lit dans l'Eglise les Saintes Ecritures. Enfin il est là présent lorsque l'Eglise prie et chante les psaumes, lui qui a promis: "Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d'eux" (Mat.18,20). Effectivement, pour l'accomplissement de cette grande oeuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s'associe toujours l'Eglise, son Epouse bien-aimée, qui l'invoque comme son Seigneur et qui passe par lui pour rendre son culte au Père éternel.
C'est donc à juste titre que la liturgie est considérée comme l'exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ, exercice dans lequel la sanctification de l'homme est réalisée d'une manière propre à chacun d'eux, et dans lequel le culte public intégral est exercé par le Corps mystique de Jésus-Christ, c'est-à-dire par le Chef et par ses membres.
Par suite, toute célébration liturgique, en tant qu'oeuvre du Christ prêtre et de son Corps qui est l'Eglise, est l'action sacrée par excellence dont nulle autre action de l'Eglise ne peut atteindre l'efficacité au même titre et au même degré. (Sacrosanctum Concilium 7)
On ne peut entretenir aucun doute sur ce point.
NdA: 
A lire: Sacrosanctum Concilium: http://www.portstnicolas.net/cms.php?pageid=284
Institutio Generalis: http://cnpl.cef.fr/PGMR_TertiaTypica/Frame_PGMR.htm
Catéchisme de l'Eglise Catholique (en particulier l'article 3 intitulé "Le sacrement de l'Eucharistie", un régal pour les tradis): http://www.intratext.com/IXT/FRA0013/_P20.HTM
Athanasios - encore faché, toujours pas méchant - je pourrais continuer, mais le reste est du même acabit - donc insupportable - et je crains pour ma santé mentale...
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