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JUIN 2001 A JUILLET 2003

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Interview de Philippe THOMAS Imprimer
Auteur : ARNAUD Xavier
Sujet : Interview de Philippe THOMAS
Date : 2001-06-20 15:59:44

Pour ceux qui n'aurait pas lu cet entretien dans Agoramag
___________________________________________________________

Philippe Thomas, secrétaire de l'association Oremus


Suite à la publication du sondage Ipsos sur les caholiques français et la messe traditionnelle, nous avons
demandé à Philippe Thomas, secrétaire de l'association Oremus, qui a publié ce sondage, de répondre à
quelques questions.

Propos recueillis par Bernard JOUSTRATE


AgoraMag : Philippe Thomas, votre association vient de publier les résultats d'un sondage que vous avez fait
réaliser par l'institut IPSOS sur la messe traditionnelle. Parlez-nous d'abord d'Oremus, qui êtes-vous ?

Oremus est une association de laïcs catholiques attachés à la messe traditionnelle qui a été fondée en 1994. A l'époque
le Barroux venait de remettre au Saint Père une supplique signée par plusieurs dizaines de milliers de fidèles demandant
une plus grande liberté pour la liturgie traditionnelle. Le pape avait dit à Dom Gérard "il faut convaincre les évêques"; à
son retour Dom Gérard nous avait confié cette supplique en nous disant "Faites quelque chose pour tous ces fidèles".
C'est le point de départ de notre association qui oeuvre pour que les fidèles voient leurs légitimes aspirations liturgiques
satisfaites dans le cadre d'une légitime application du motu proprio.
Notre groupe de laïcs s'enrichit d'année en année des correspondants locaux qui dans leur diocèse sont intéressés par
faire connaître nos informations et nous tenir au courant de la situation liturgique de leur diocèse. Vos lecteurs qui
souhaiteraient collaborer avec nous pour cela sont les bienvenus.

AgoraMag : En quoi consiste votre action ?

Nous pensons qu'il n'est pas de notre ressort de demander la messe traditionnelle dans un diocèse si nous n'y résidons
pas. La solution ne peut être que locale et résulter dans l'établissement de liens fraternels entre les fidèles du diocèse et
leur évêque; si une association nationale s'avisait d'essayer d'obtenir dans un diocèse précis l'application concrète du
motu proprio elle se verrait légitimement répondre "ce n'est pas votre problème"; par contre nous pouvons par notre
action informer, d'une part les fidèles désireux de profiter du motu proprio et d'autre part les évêques et le clergé afin
qu'ils comprennent mieux les demandes qui leurs sont faites et les motivations qui les sous-tendent. A cet effet nous
publions 3 ou 4 fois par ans, la lettre d'Oremus, qui montre de numéro en numéro, qui sont les fidèles traditionalistes,
quelles sont leurs motivations, quels peuvent être leurs rapport avec l'autorité etc ... Nous publions des documents et des
réflexions qui, nous l'espérons, montrent qu'une application généreuse du motu proprio ne créera pas de problèmes dans
les diocèses et au contraire apaisera des plaies anciennes.

Nous avons également entrepris la publication annuelle d'un guide des lieux de messes traditionnelles dans le monde,
ainsi que différents livrets pour mieux faire connaître la liturgie traditionnelle.

Enfin nous intervenons ponctuellement auprès de groupes de fidèles, pour les aider dans leurs démarches, par des
conseils, des documents, l'expérience des autres diocèses et la fourniture des adresses de notre fichier dans leur
diocèse.

AgoraMag : Pourquoi avez-vous commandé ce sondage ?

Lorsque nous demandons à des prêtres ou des évêques pourquoi le motu proprio n'est pas plus et mieux appliqué, on
nous répond soit que cela n'intéresse personne, soit que les fidèles seraient hostiles à une plus grande diffusion du rite
tridentin et que cela créerait inévitablement une division dans les diocèses. Or l'application du motu proprio dépend de
l'autorité locale de l'évêque; s'il est persuadé que cette demande est inexistante et causerait des troubles, pourquoi
autoriserait-il de telles célébrations ? On peut trouver cela injuste quand on est persuadé de la richesse que représente la
liturgie traditionnelle mais encore faut-il pouvoir en convaincre l'autorité compétente.

De plus nous étions convaincus que beaucoup de fidèles ont arrêté la pratique religieuse parce qu'ils ne trouvent plus
dans leur paroisse une liturgie convenant à leurs aspirations spirituelles.

Voilà pourquoi nous avons voulu savoir ce que les catholiques français pensaient de l'application du motu proprio, s'ils
étaient favorables à son extension, s'ils en profiteraient éventuellement. Pour cela il fallait faire réaliser cette enquête par
un institut de sondage irréprochable dont les résultats ne pourraient être contestés. C'est ce que nous avons fait.

AgoraMag : Quels en sont pour vous les principaux enseignements ?

Nous tirons du sondage trois grands enseignements :

- les catholiques français sont pour moitié ignorants de l'existence du Motu proprio; la moitié d'entre eux pense que la
messe traditionnelle est interdite ou ne savent pas si elle est autorisée; alors que c'était d'abord une mesure de charité
légitime à l'égard des fidèles suivants Mgr Lefebvre mais aussi une mesure pour tous les fidèles catholiques, on constate
que le peu d'empressement à en faire publicité que nous constatons chaque jour dans les diocèses se vérifie dans ces
chiffres

- autre enseignement , les catholiques ne sont en rien hostiles au développement des lieux de messes traditionnelles
dans les diocèses et près de la moitié d'entre eux est même favorable à ce développement; ce sont des chiffres
considérables; les "responsables" qui font preuve d'hostilité à l'égard de l'application du motu proprio ne sont donc
absolument pas représentatifs du peuple chrétien; c'est encore un "pavé" dans leur camp !

- enfin, les catholiques ne sont pas du tout opposés à assister à cette liturgie dont on nous dit chaque jour qu'elle n'est
pas accessible, pas assez moderne, pas assez attirante mais dont nous savons surtout qu'elle n'est pas assez connue !
S'ils en avaient l'occasion, un quart des catholiques répondent qu'ils assisteraient certainement à la liturgie traditionnelle;
bien sûr cela ne fait pas de ces 25% de catholiques des "traditionalistes", car leur affirmation (pourtant forte, ils auraient
pu dire "probablement") ne concerne que l'assistance ponctuelle; pourtant cela montre amplement que les catholiques
sont non seulement plus que tolérants à l'égard de la liturgie traditionnelle, ils y assisteraient même plutôt volontiers

Ces trois résultats dont les chiffres sont assez clairs, montrent que le discours officiel sur l'application du motu proprio est
un discours idéologique, qui vise à l'exclusion, sans souci du bien commun des fidèles.
Nous ne nous attendions pas forcément à des tendances aussi fortes parmi les catholiques français.

AgoraMag : Quelle a été la diffusion du sondage, avez-vous eu des échos favorables ?

Nous avons diffusé le sondage par différents canaux. Mailing sur internet, mailing par courrier, distribution au pèlerinage
de Chartres et dans les principaux lieux de messe traditionnelle en région parisienne. Au total nous avons diffusé plus de
15000 exemplaires du sondage. Mais nous l'avons également envoyé à la presse catholique, aux principales
communautés religieuses en France, liées à la messe traditionnelle ou non, aux séminaires, aux universités pontificales
du mode entier, à l'ensemble des évêques de France et aux principales autorités romaines. Les résultats ont été remis
personnellement au cardinal Castrillon Hoyos lors de sa venue à Chartres. Il est encore trop tôt pour en tirer un bilan mais
globalement l'accueil a été très enthousiaste et intéressé. Le sondage a fait l'objet de dépêches de l'AFP, de mentions
dans la Croix et le Figaro, d'un débat sur radio Notre Dame. C'est un bon début que nous souhaitons amplifier.
Pour cela nous souhaitons d'abord faire connaître le sondage dans les lieux où est célébrée la messe traditionnelle car
les fidèles qui y viennent pourront le faire connaître autour d'eux. Nous pouvons envoyer un nombre adéquat
d'exemplaires à toute personne qui nous proposerait de les distribuer à la sortie de sa chapelle ou en un autre lieu et ceci
à nos frais bien sûr.

AgoraMag : Le sondage a fait l'objet de diverses objections.
La première objection qui vient à l'esprit, c'est "A quoi ça sert ? Le nombre n'a jamais fait la vérité, nous
n'avions pas besoin de cela pour être attaché à la liturgie traditionnelle"

Nous pensons qu'au contraire des faits, des études , des analyses diffusées sont de nature à influencer tous ceux qui
peuvent intervenir dans les décisions : le clergé, les évêques, les autorités romaines; il ne s'agit pas d'utiliser le nombre
comme une pression mais il ne faudrait pas que l'idéal anti-démocratique de certaines personnes leur fasse oublier le
bien commun; il est normal et juste dans un diocèse de tenir compte de l'opinion des uns ou des autres avant de prendre
une décision; justement notre sondage peut rassurer les évêques : la libre autorisation de la messe traditionnelle ne
suscitera aucune difficulté !

AgoraMag : On pourra dire aussi que "vous interprétez les résultats, il n'y a pas 60% de catholiques attachés
à l'ancienne liturgie; les gens n'ont pas répondu qu'ils assisteraient à la messe traditionnelle s'ils en avaient la
possibilité mais seulement si ils en avaient l'occasion"

Effectivement il faut faire attention aux termes et nous avons utilisé à tort dans notre propre analyse du sondage le mot
"possibilité"; ce n'est pas la même chose qu'occasion mais quand certains critiques disent "cela veut juste dire que si un
ami se marie avec l'ancienne messe ils iront y assister", c'est une erreur ! Avoir l'occasion de faire quelque chose c'est
neutre; et lorsque la moitié des sondés considère cette chose comme à priori interdite il est quand même surprenant de
voir 25% d'entre eux répondent non pas "peut-être" ou "sans doute" mais "j'y assisterais certainement"; il nous semble
donc qu'il y a là un à priori réellement favorable mais qui n'a rien d'étonnant; aujourd'hui 90% des catholiques ne sont plus
des pratiquants réguliers mais il s'agit de s'interroger ... pourquoi ne pratiquent-ils plus alors que la liturgie qui leur est
proposée dans les paroisses est justement plus simple, plus accessible, plus compréhensible, plus fraternelle que
l'ancien rite ? parce qu'une partie d'entre eux ne s'y retrouve pas c'est tout; nous disons donc qu'il existe un fort courant de
fidèles qui se retrouveraient à leur aise en assistant à la liturgie traditionnelle... c'est important de le dire

AgoraMag : Jean Madiran, dans un article de Présent, conteste l'existence même d'un sondage qui donnerait
des résultats avec des chiffres après la virgule.

Personne n'a jamais prétendu que les sondages étaient exacts à la virgule près. Un sondage donne une tendance, basée
sur des méthodes statistiques scientifiques de quotas de population, mais nulle part nous n'avons eu à tirer de conclusion
sur des résultats du type "49,5% de oui contre 50,5% de non" ! On ne peut rien dire dans ce cas sur la majorité, on peut
juste dire que les deux avis sont assez largement représentés. Bien sûr que le chiffre de 5,4% ne peut pas être rapporté
à la taille de la population française pour en tirer le nombre exact de personnes ! Ce sont les chiffres résultant de
l'interrogation des 1000 personnes sondées et ils sont objectifs pour ces personnes, mais statistiquement on estime que
l'avis de ces mille personnes peut dans une certaine mesure être extrapolé, avec une marge d'erreur à l'ensemble de la
population; l'interprétation est une affaire difficile; elle doit être prudente et se baser sur des ordres de grandeurs
comparés; les résultats de notre sondage le permettent. Quand vous voyez le peu de qualités de sondages diffusés à la
radio ou à la télévision, effectués sans aucune base scientifique, sur des personnes prises au hasard (généralement à
peine 100 ou 200), on peut se dire que le travail réalisé par IPSOS est quand même autrement plus sérieux. Je ne pense
donc pas comme M Madiran l'a écrit que ce sondage soit farfelu parce que les chiffres sont donnés avec des virgules.

AgoraMag : Comment ce sondage peut-il être utilisé ?

Ce sondage peut être pour les mois ou les années à venir un outil pour tous ceux qui veulent oeuvrer en faveur de la
liturgie traditionnelle pour montrer à leur évêques, leur clergé, leurs connaissances que l'existence et la diffusion du rite
traditionnel est une richesse et non un facteur de division. Toute personne désirant diffuser ce sondage peut nous en
demander.
Pour ceux qui seraient intéressés voici les coordonnées d'Oremus : 11 avenue Chauchard - 78000 Versailles Tél : 01 53
68 46 28 - Fax : 01 53 68 46 27 Mél : oremus@pro-ecclesia.com Site internet : http://www.pro-ecclesia.com" target="_blank" >http://www.pro-ecclesia.com

 



La discussion

      Interview de Philippe THOMAS, de ARNAUD Xavier [2001-06-20 15:59:44]
          Matraquage !, de Antoine Jacques [2001-06-20 17:39:50]
              no comprendo ???, de ORSEL Olivier [2001-06-20 18:19:04]
                  Mon cher Olivier, de ARNAUD Xavier [2001-06-21 14:08:04]
                      Non !, de ORSEL Olivier [2001-06-21 14:38:31]
                          Bon !, de ARNAUD Xavier [2001-06-21 14:49:50]
              Matraquage ?, de Leopardi [2001-06-21 08:46:26]
              Le matraquage n'est pas fini, de ARNAUD Xavier [2001-06-21 14:54:50]