Les archives du Forum Catholique
Forum | Documents | Liens | Q.F.P. | Oremus

Les archives du Forum Catholique

JUIN 2001 A JUILLET 2003

Retour à la liste des messages | Rechercher

Afficher le fil complet

Nelly présente: Imprimer
Auteur : Rémi PAU
Sujet : Nelly présente:
Date : 2003-04-08 19:44:54

(Bien oui, ma chère! Il faut savoir cumuler!)

G-Millau : FSSPX - Toulouse
Date : 08/04/2003 19:04:47


L'heure de mon lever : 7h30. Insomnie. Trop mangé la veille : le diable porte pierre.

Fraternité St Pie X – Toulouse.

Nous pliant de bonne façon aux conseils à nous adressés, nous nous sommes rendus en la chapelle du Férétra pour voir si effectivement, la messe schi-schi était mieux que la messe ralliée. C’est un fait, elle l’est. Y’a pas photo.

10h00. Pas évident de se garer dans le coin ; qui n’est d’ailleurs pas top. J’arrive à poser ma ouature sur une place régulière. Point positif, on ne peut pas rater la chapelle, signalée par landaus, poussettes et mamies.

10h05. Je me faufile sur un étroit trottoir parmi les voitures garées à cheval au mépris du code de la route. Un handicapé en fauteil roulant devrait descendre sur la chaussée pour continuer. Sur une voiture, « espoir et salut de la France » ; sur une autre, un autocollant de la médaille miraculeuse. Est-ce cela, les tradis ? Amis de l’ordre, de la discipline et du poil ras… et pas foutus de respecter la loi dès lors que l’on risquerait de faire cent mètres à pied. Cela en dit long sur l’obéissance à Rome. On se rebelle parce que c’est plus confortable, moi je dis.

10h10. Me voilà assise. Jaugeons la population. Agée mais avec des enfants de ci de là. TOUTES les mamies ont une mantille, sauf une devant moi, une dangereuse libérale. Le genre habituel de messieurs congestionnés, et quelques papys ma foi assez distingués. Deux croisements d’intello d’extrême droite avec des militaires. Tiens ! Voilà la famille-nombreuse-du-premier-rang qui entre. J’ai bien pondu, j’ai mérité de la communauté, ergo je me mets devant. Hélàs ! La fille aînée, avec son foulard sur la tête, sa mine réjouie, ses grosses lunettes, et sa robe à carreaux qui descend jusqu’aux chevilles, désolé de le dire aussi brutalement, a une touche juive. Parents, si vous me lisez, faites quelque chose, évitez-lui de ressembler à Anne Frank plus longtemps.

10h13. Les enfants sont-ils sages ? Ma foi oui ! Je ne sais pas comment ils s’y prennent ; mais il y a moins de gadgets, moins de chapelets, moins de livres d’images pieuses. Deux gamins de même pas cinq ans sont sages comme tout ; il est vrai que le père à une tête à baffer sa progéniture, et leur enverra deux ou trois pichenettes dans l’oreille durant la messe. D’autres fois, un petit câlin, une explication sur ce qui se passe. Etrange, mais ça marche, les enfants, se tiennent mi-terrorisés mi-cois.

10h14. Un enfant de chœur vient placer le calice et le corporal. Il le fait avec des gants. Bien, et pas bien. Bien, parce qu’on se souvient qu’il faut être au moins acolythe pour toucher le calice, la patène ou le corporal de ses mains nues. Pas bien parce que les gants… euh… à part pour les messes pontificales ET pour le pontife seulement, ce n’est pas liturgique. Ca fait même un peu scout. On peut transporter le calice en le tenant par le voile, si l’on est adroit ; quant au corporal, eh bien ! l’abbé n’a qu’à le faire.

10h15. Ca démarre. Les mamies de mes deux côtés ont des images pieuses où l’on tutoie le Seigneur.

10h20. Introit Judica me. Tout le monde à genoux. Ah ça ! Ignares ! On ne dira jamais assez le mal liturgique qu’a fait Pie XI en remettant à l’honneur le suivi des « prières au bas de l’autel » par les fidèles. La chorale chante à peu près juste mais poussivement. AU moins c’est le propre grégorien.

10h25 ; Kyriale correct, mais la variante coutumièrement utilisée pour « laetare ». Comprenne qui pourra.

10h30. Epitre en français. Qu’est-ce que c’est que cet abbé qui dramatise sa diction ? En plus, il n’a pas l’air commode.

10h35. Chant du trait. En entier ! Ouais ! Cool ! Par des hommes (justes et ensemble) puis pollué par une ou deux femmes, pas juste, et surtout pas dans le rythme. Messieurs, virez mesdames et chantez le trait tous seuls ; puis envisager d’ajouter le graduel. D’ores et déjà, bon courage pour le trait des Rameaux.

10h40. Chant de l’Evangile en latin puis récitation en français avec la même diction ampoulée.

10h45. Tiens, pas de prône ? Même la FSSP à Besançon en fait un !

10h50. Sermon. Long sermon. Très long sermon. « La croix des larrons n’a servi à rien, parce qu’ils n’étaient pas prêtres. » Nos liseurs sont-ils d’accord ?

10h55. Que c’est long ce sermon ! Que c’est rasoir ! Ca parle de sacerdoce, de sang, d’immolation, c’est une vraie boucherie.

11h00. Ca y est, j’ai décrypté la diction de l’abbé tar-ta-gueule. Il découpe ses phrases en membres, insère une seconde de silence entre chaque membre, met un accent de phrase avant chaque silence, et avale le reste. Exemple avec la pharse ci-dessus : lcroidlarOOOONS (silence) nsrviariEEEEEN (silence) prcqlntpprEEEEEEtrs (silence).

11h05. Jamais il le finit, son sermon ?

11h10. Un développement sur la résurrection de Lazare ; on en reprend pour dix minutes.

11h15. Check-up rapide des lieux. Chapelle sobre mais peu entretenue (les Bordelais ne partagent pas ?) Statues voilées, comme de coutume pour ce dimanche. Un mini-antependium pas dégueu devant l’autel. Trop d’orgue pour un dimanche de la passion. D’où vient cette coutume qu’on le tolère pour l’accompagnement ?

11h20. Tiens, le sermon est fini. Check up des enfants de chœur. Les deux aînés semblent sortis d’un dessin de Joubert ; le thuriféraire à une coupe de cheveux impec, à me rendre jalouse. Les autres sont pas mal. Monsieur l’abbé a du goût. Curieusement, tous les jeunes, que ce soit dans le chœur ou dans le nef, ont un air dans la lune. Sans doute pensent-ils au soleil toulousain qui les attend dehors. Le thuriféraire réussit à avoir de la classe avec cet air ahuri, en même temps. Sans doute a-t-il une grâce spéciale. Credo 3 bien chanté !

11h25. Offertoire, machin, blabla. La chorale chante Vexilla Regis. Personne ne s’agenouille pendant le Sanctus. La messe schi-schi prend définitivement de l’avance sur la messe ra-ra.

11h30. Canon. Mamie de gauche en est encore à la « lecture des diptyques » dans son Dom Lefebvre modèle 1920.

11h35. Pater en solo. Prières de communion. Le confiteor récité : un mauvais point.

11h40. Communion. Mais où se cache l’agent des RG ? Je n’arrive pas à le voir ! Chant de communion du propre.

11h45. On ablutionne. Ite Missa Est, et pas Benedicamus Domino comme l’autre jour : bien. Dernier évangile in petto : bien. Et pour mettre un peu de peps dans le dimanche : Ave Regina Caelorum, puis « O croix dressée sur le monde ». Ca faisait un bail !

11h50. Je sors en sifflotant « o croix dressée sur le monde » et rejoins ma voiture en me faufilant entre les renault espace à autocollants pieux (sans doute l’une d’elles est-elle celle du père baffeur).

Personne n’a découvert Nelly ; je ne déjeunerai donc pas au Grand Café de l’Opéra.

Note : 3/5. Peut se transformer en 3,5/5 si la chorale travaille, et si les
sermons ne dépassent pas cinq minutes.

Nelly
- Ah, ce thuriféraire! Si seulement j'étais un peu plus jeune et un peu plus féminine...


G-Millau : Dominicains de Rangueil
Date : 08/04/2003 19:06:49


Vigiles du samedi soir au couvent St Thomas d'Aquin des dominicains de Rangueil, Toulouse.

Retour en trombe à Toulouse (j'étais à Cordes). Il est vingt heures ; je vais m’acheter un big mac, un coca, et direction Rangueil et le campus des Dominicains. Il y a une entrée mystérieuse que je ne trouve pas ; j’avise un père (ou un novice, vu son âge) qui m’ouvre une porte latérale. Immense église en béton aux côtés ajourés. Grande pierre massive en guise d’autel (comme ça, on ne pourra pas dire que c’est une table) ; six chandeliers disposés comme à Marseille ; un chœur derrière l’autel d’où entrent une bonne trentaine de laïcs ; il y a au moins autant de pères. Trente laïcs pour des vigiles, c’est pas mal !
Nos liseurs tradis seront enthousiasmés de lire que le schéma de l’office est assez tradi. Un invitatoire, une hymne (adapté du Audi Conditor grégorien), trois psaumes, une lecture patristique, un réponds ; un petit trait en lieu et place d’Alleluia, la lecture de l’Evangile du lendemain, pas de Te Deum, mais un chant polyphonique adapté d’un choral de Bach, durant lequel le célébrant, en chape violette, encense l’autel ; oraison et ciao poupée. Le tout avec les chants du P. Gouzes, exécutés à trois voix égales. Sans vouloir faire le rabat-joie, je ne connais pas beaucoup d’endroits où l’on célèbre les vigiles avec ce luxe. Qui plus est, les pères chantent assez juste.

Nelly


Tourisme : St Bertrand de Comminges
Date : 08/04/2003 19:10:03


Dimanche midi.

Départ pour St Gaudens et St Bertrand de Comminges. Les derniers kilomètres traversent un délicieux paysage, et un nom moins délicieux village, Valcabrère. Dans les champs, des traces de fouilles ; il y avait une grande cité romaine ici (dix mille habitants, pense-t-on). A quoi ressemble donc cette partie dans les champs ? Aux bords du Doubs, en bas d’Etrepigney.

St Bertrand de Comminges est un patelin à scouts. Je le sais, puisque un rassemblement national de la route SUF a eu lieu ici ; certains de mes liseurs y étaient peut-être. Les églises sur des pitons rocheux mettent les scouts en transe ; on sait l’effet hypnotique que Vèzelay a eu sur les Europe ; on s’étonne moins de St Bertrand, avec son bel air de gros murs à contreforts sur un piédestal. Quelques rues pittoresques et ensoleillées ; j’ai une pensée émue pour les routiers qui ont du certainement se déchirer les pieds comme à leur habitude ; moi, ma XXX est garée sur un parking ensoleillé (le soleil est une vraie bénédiction qui n’a pas discontinuée depuis mon arrivée à Toulouse) où je reviendrai me prélasser après la visite en mangeant quelques navettes de Carcassonne. Une petite montée à pied vers l’ancienne cathédrale. Comment donc cinq cents routiers peuvent-ils tenir ici ? Je les imagine, de nuit, tenant une petite bougie chacun, chantant « peuple de Dieu, cité de l’Emmanuel » en train de se taper une entrée en procession dans la cathédrale et de se taper un truc bien mytho, du genre prostration devant l’autel. Il pleut ; et quatre cent cinquante pulls bleus marinent patiemment.

C’est ainsi ; Nelly est de sortie, il fait beau ; en revanche, les SUF sont dehors, voilà qu’il pleut ; et lorsqu’il s’agit du pélérinage de Chartres, les éléments sont déchaînés et les chemins boueux.

La cathédrale est flanquée d’un aimable cloître ; auquel un cerbère me donne accès en disant avec un accent du coin : « le monument est à vous jusqu’à dix huit heures trente ». le cloître est roman et charpenté sur trois côtés ; le quatrième a une voûte gothique. Beau pilier des quatre évangélistes. Chose peu courante, le cloître est ouvert sur la vallée ; on y voit des (verts) pâturages, on y entend des clochettes de moutons. C’était un cloître de chanoines ; des moines n’auraient pas accepté autre chose qu’un mur aveugle. Exceptions notoires : le mont St Michel, Randol.

A l’intérieur, l’église est gothique, assez élancée, avec un jubé et un chœur totalement clos, en bois sculpté à la Renaissance. C’est époustouflant ; chaque accoudoir, chaque miséricorde, chaque bas-relief au-dessus des stalles est différent ; on y voit les prophètes (une série favorisée aussi à Albi), les dons de l’esprit… mais aussi un maître d’école donnant la fessée à un élève. Au dessus du portail du jubé, bel ambon d’où on lisait l’Evangile. Rétable renaissance très fignolé ; bref, ce chœur est du bel ouvrage.

Le reste de l’église est donc fort réduit ; où a-t-on pu caser tous ces routiers, je ne sais. L’orgue fameux de St Bertrand est dans un coin de la nef, porté sur des piliers. Tombeau du saint, fresque naïve de ses miracles. Un petit trésor avec deux chapes très anciennes.

Opération cartes postales, puis direction la basilique voisine de St Just de Valcabrère, au milieu d’un charmant cimetière ; le soleil brille toujours. La basilique est construite sur une nécropole paléochrétienne, et probablement sur des restes romains encore à découvrir. Elle est dédiée à deux martyrs espagnols, Just et Pasteur (sept et treize ans : à l’époque, pour être jeune et rebelle, on confessait le Christ. C’était trop mortel !)

La grande particularité de Valcabrère, c’est le réemploi : nombre de pierres de l’édifice actuel proviennent de ruines romaines ou d’édifices plus anciens; les murs sont truffés d’inscriptions funéraires en latin, de fragments de bas-reliefs romains, de stèles funéraires ; les colonnes sont simplement de petites colonnes empilées tant bien que mal ; bref, c’est du roman (le chevet, extérieurement, est très original) mais fait de matériaux de récupération trouvés chez Emmaus, pour ainsi dire. Restes d’un cloître dehors ; sarcophages de partout. L’enterrement du sol de la basilique atteste des remblais qui ont été effectués au cours des siècles ; il y a probablement encore beaucoup à découvrir dans le coin. Dans le chœur, ciborium gothique et mini crypte. Restes de pélerins de St Jacques : os, bourdons, coquilles, grelots.

Nelly



G-Millau : Bénédictins d'En Calcat
Date : 08/04/2003 19:12:33


Dominique, si je vous ai croisé sans le savoir, hein...

(Or donc, retrouvons Nelly dans le COmminges)

Un petit tour dans la montagne. Routes pentues ; on ignore les laçets, ici. Col de Mentée, puis col du portet d’Aspet. St Girons. Vais-je visiter la cité de St Lizier aux deux cathédrales ? Je vois un panneau qui annonce « St Lizier, ville jumelée avec le camp de réfugiés palestinien de xxxxx ». Voilà qui va faciliter mon choix. Direction Toulouse !

L’autoroute étant déjà bien saturée, je baguenaude par les collines de l’Ariège ; Carbonne, puis Auterives, et me voilà à Villefranche de Lauragais ; je pousse vers Revel, et après tout, pourquoi pas, Sorèze et Dourgne.

Il est neuf heures moins le quart lorsque je pointe mon nez à l’abbaye Ste Scholastique. Les moniales disent complies à 19h55, c’est dire qu’elles doivent pioncer. Les bâtiments sont très « renouveau monastique XIXème siècle » et m’évoquent fortement Ste Cécile de Solesmes.

Tentons notre chance à En Calcat, alors. Oui ! Office des vigiles à 21 heures ! J’entre. Eglise néo-romane. Je dois dire que c’est un peu le style du Barroux, avec le goût du XIXème, en somme. Une chouette colonnade à la Fontgombault dans le fond du chœur.

L’office est en français, avec un pasutier aménagé pour l’occasion par le cardinal Garronne. Le plan est un mix de vigiles et de complies.

Angélus, hymne (du Jacques Berthier, nos liseurs n’apprécieront pas), puis trois psaumes traditionnellement attribués aux vigiles (les 1, 2 et 3) ; une lecture scripturaire (selon le lectionnaire de Solesmes), un répons, les psaumes de complies (4, 90, 133), une lecture patristique, puis oraison (dite à l’ambon face au peuple : étrange !) et ciao poulette. Les moines ne sont pas tonsurés ; certains sont même barbati, y compris l’abbé. Dans l’ensemble, c’est bien chanté, et juste ; une bouffée d’oxygène avant le retour vers Toulouse.

Nelly


La discussion

      Nelly présente:, de Rémi PAU [2003-04-08 19:44:54]
          A Nelly., de Jonathan (213.36.141.xxx) [2003-04-08 21:16:11]
              Re : A Nelly., de Nelly (195.101.118.xxx) [2003-04-09 16:04:38]
          je croyais, de daniel [2003-04-09 09:34:17]
              Re : je croyais, de Nelly (195.101.118.xxx) [2003-04-09 16:05:55]
                  pull, de daniel [2003-04-09 18:25:02]
                      Re : pull, de Nelly (193.250.238.xxx) [2003-04-10 16:59:51]
                          dimanche, de daniel [2003-04-11 13:25:31]
          Du tout grand Nelly comme on l'aime..., de Bertrand Décaillet (194.209.178.xxx) [2003-04-09 09:38:30]
          Ah Saint Bertrand !, de Nicole (212.198.0.xxx) [2003-04-09 11:30:07]
              Ah Nicole !, de Tintin (212.71.20.xxx) [2003-04-10 11:46:11]
                  Oui oui,, de Nicole (212.198.0.xxx) [2003-04-10 11:55:08]
                  Sans votre barbe, de Rémi PAU [2003-04-10 11:57:26]
          c'est d'1 méchanceté ! [NT], de Adso [2003-04-09 14:49:43]
          Merci !, de dominique dg [2003-04-09 14:55:26]
          A Nelly (Ultime message), de Jonathan (213.36.138.xxx) [2003-04-09 19:26:24]