| Auteur : Athanasios D. |
| Sujet : Pourriez-vous... |
| Date : 2003-04-03 13:40:33 |
rajouter l'initiale de votre nom (par exemple) pour vous distinguer d'un autre liseur qui signe du même prénom que le vôtre? Cela permettrait d'éviter certaines confusions de personnes. Merci.
Force est de constater que parfois, les pasteurs légitimes s'emportent avec un élan sincère mais pas toujours éclairé dans des propos qui n'honorent pas l'Eglise et son magistère. D'aucun sur ce forum vous diront qu'il s'agit d'une situation générale ayant une cause univoque, mais ce sont des propos discutables et discutés, défendus par ce qu'il convient d'appeler un nombre de personnes "relativement réduit" (cf. Motu Proprio Ecclesia Dei). Toujours est-il que la critique, si elle suit certaines règles évidentes comme la révérence due à nos pasteurs pour le bien commun, n'empêche pas le progrès dans la vie spirituelle. Malheureusement, et vous l'avez constaté, les sensibilités sont souvent exacerbées à l'excès pour des raisons forts diverses comme la frustration, ce qui fait que ce forum ressemble régulièrement à un exutoire... C'est inévitable, à force de défendre une position, on se retranche petit à petit dans des extrêmes, on va trop loin, les positions se cristalisent, on ne revient plus, l'agacement et la colère entre en jeu (avec les invectives de circonstances) qui finissent de consommer la rupture et finalement on en vient à oublier le point de départ de la dispute.
Chez saint Thomas d'Aquin, on peut lire à ce sujet : "Disputer (contendere) c'est se dresser contre (tendere contra) quelqu'un. Aussi, alors que la discorde implique une opposition de volonté, la dispute implique une opposition dans les paroles. C'est pourquoi on appelle dispute un discours qui se développe par oppositions, et Cicéron considère la dispute comme une figure de rhétorique " Il y a dispute, dit-il, lorsque, dans un discours, on oppose des choses contraires comme ceci la flatterie a des commencements agréables, mais, à la fin, elle porte les fruits les plus amers. " Or, l'opposition, dans les discours, peut se présenter de deux façons : ou bien celui qui dispute a l'intention de contester, ou bien ce n'est qu'un procédé. Dans le premier cas, il faut encore distinguer : ou bien celui qui apporte la contradiction le fait contre la vérité, ce qui est blâmable ; ou bien il le fait contre l'erreur, ce qui est louable. Quand il s'agit d'un simple procédé, ou bien ce mode de contradiction convient aux personnes et aux affaires, alors c'est louable, et Cicéron' dit que " la dispute est un discours mordant, propre à confirmer et à réfuter ", ou bien ce mode dépasse les limites qui conviennent aux personnes et aux affaires, et alors la dispute est blâmable. Donc, si la dispute manifeste une opposition à la vérité et une démesure dans la forme, elle est péché mortel. C'est ainsi que S. Ambroise définit la dispute : " La dispute est un assaut contre la vérité, avec une insolence criarde. " Mais si la dispute combat le mensonge, et reste mesurée dans sa vivacité, elle est digne de louange. ? Si maintenant la dispute implique lutte contre l'erreur, mais manque de mesure, elle peut être péché véniel ; à moins que par hasard la démesure ne soit telle qu'elle engendre le scandale chez autrui. C'est pourquoi l'Apôtre après avoir dit à Timothée : " Évite les disputes de mots ", ajoute : " Elle sont bonnes seulement à perdre ceux qui les écoutent " (2 Tm 2, 14)." et aussi: "La discorde, nous l'avons vu plus haut, est fille de la vaine gloire. Ceux qui sont en désaccord maintiennent en effet leur propre point de vue, et l'un ne veut pas céder à l'autre ; or le propre de l'orgueil et de la vaine gloire est de rechercher sa propre excellence. Et de même que ceux qui sont en désaccord le sont parce qu'ils tiennent de tout leur coeur à leurs idées personnelles, de même ceux qui sont en dispute le sont parce qu'ils défendent chacun par la parole ce qu'ils jugent bon. C'est pourquoi l'on considère que la dispute est, au même titre que la discorde, fille de la vaine gloire."
C'est raffraichissant, je dois dire...
Can. 212 ? § 1. Les fidèles conscients de leur propre responsabilité sont tenus d?adhérer par obéissance chrétienne à ce que les Pasteurs sacrés, comme représentants du Christ, déclarent en tant que maîtres de la foi ou décident en tant que chefs de l?Église. § 2. Les fidèles ont la liberté de faire connaître aux Pasteurs de l?Église leurs besoins surtout spirituels, ainsi que leurs souhaits. § 3. Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l?Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l?intégrité de la foi et des m?urs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l?utilité commune et de la dignité des personnes. (lire aussi le reste des canons relatifs aux OBLIGATIONS ET DROITS DE TOUS LES FIDÈLES, en CLIQUANT ICI)
Athanasios - bienvenue à vous, même si je ne suis pas vraiment ici chez moi  |
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