cet opéra scandaleux donné ces jours derniers à Montpellier, un liseur nous cathommunique:
J'ai vu sur le FC, dernièrement, que Hindemith (que le mélomane que je suis connais plutôt bien) faisait de nouveau couler de l'encre. J'ai peu suivi l'histoire, mais le peu que j'ai lu et entendu me donne à penser que nos brillants bons apôtres de la "liberté d'expression" oubliaient (sciemment ?) un détail : Hindemith a récusé son opéra Sancta Susana. Qu'il l'ait fait après le scandale de la première pour des raisons d'opportunisme, c'est possible. Mais pourquoi ce compositeur dont l'une des plus belles oeuvres est dédiée à St François (Nobilissima visione, 16 ans après Sancta Susana), 40 ans plus tard, alors qu'il est révéré par certains (Leonard Bernstein) et de toute façon "oublié" par les autres, continue-t-il opiniâtrement, jusqu'à son dernier souffle, à renier cet opéra de jeunesse ? Honnêtement, je doute que même les plus autorisés des experts le sachent exactement, mais une chose est sûre : Hindemith a refusé toute sa vie la paternité de cet opéra. Alors outre l'ironie sinistre initiale (des censeurs politiquement corrects qui suivent le terrorisme mental anticatholique de leur temps comme des moutons de panurge, refusent aux catholiques le droit de se défendre et se font tout de même passer pour les esprits libres victimes de l'obscurantisme et de l'intolérance), il y a une deuxième ironie : ils se servent de Hindemith comme porte-drapeau de leur combat alors que s'il était vivant, on peut légitimement penser que Hindemith aurait interdit cette représentation.
J'avoue aimer ces gens qui font tranquillement voter les morts pour leur camp, vu que l'intéressé n'est plus là pour donner son avis. Roger Muraro, pianiste de génie, disait l'an dernier dans Diapason que la musique de Messiaen n'était pas tant celle d'un catholique que celle d'un croyant panthéiste pour qui les frontières des Eglises disparaissent, bla bla bla. Messiaen, qui a célébré toute sa vie Dieu à travers la théologie catholique, qui, quoi que considéré comme le plus grand compositeur vivant, interdisait qu'on bouge ou qu'on parle à sa tribune de la Trinité parce qu'il y était comme paroissien avant d'y être comme organiste, aurait été surpris d'apprendre que son "Et exspecto resurrectionem mortuorum" ou sa "Transfiguration de Notre Seigneur Jésus Christ" sont un remix new age de bouddhisme, d'animisme et, éventuellement, d'un peu de christianisme. Il n'en demeure pas moins que l'intégrale Messiaen de Muraro est de loin la plus remarquable, et que je pourrais écouter en boucle son "catalogue d'oiseaux" et son "20 regards sur l'enfant Jésus".
Sur cette petite réflexion de catholique outragé par le blasphème et de mélomane outragé par la stupidité, etc...
Jean, liseur régulier du Forum |