| Auteur : castor junior |
| Sujet : Vatican II quand tu nous as... |
| Date : 2003-03-11 14:01:37 |
"Aussi vrai que Dieu est fidèle, quand je parle avec vous, ce n’est pas oui puis non" (II Cor. 1, 18)
Le concile Vatican II Le cardinal Ratzinger a constaté que Jean XXIII et Paul VI se sont lourdement trompés en ce qui concerne les fruits du concile, "cruellement opposés" à leur attente1. En ouvrant le concile, le 11 octobre 1962, le premier avait en effet déclaré : "Notre Sainte Mère l’Eglise est dans la joie" et à la fin de son discours : "Le Concile qui vient de s’ouvrir est comme une aurore resplendissante qui se lève sur l’Eglise et déjà les premiers rayons du soleil levant emplissent nos cœurs de douceur…" En fait d’aurore, celle du concile a surpris le pape : dès l’ouverture (13 octobre 1962), sur intervention révolutionnaire du cardinal Liénart qui prit la parole de force, l’élection des membres des commissions fut remise en question : l’autodestruction s’annonçait. Les schémas à discuter, préparés de longue date, sous l’autorité de Jean XXIII, avec de multiples consultations, furent ensuite écartés en quasi-totalité : l’autodestruction se précisait. Puis l’IDOC, institut de documentation disposant de moyens matériels très importants, se mit à inonder les Pères conciliaires de nombreux textes (plusieurs millions de pages furent diffusées), préparées par des experts, des "cardinaux du bord du Rhin"2, textes dont beaucoup procédaient de l’esprit libéral3 condamné par tous les Papes précédents : la fumée de Satan se répandait, et dix ans après, Paul VI la découvrira. "Le pape Jean n’avait pas prévu cela, il s’attendait à un vote rapide et sans difficulté sur ces projets qu’il avait tous lus en y acquiesçant", dit le cardinal Ratzinger4. Les fidèles, eux, n’ont guère compris ce qui se passait, c’est-à-dire que l’autodestruction était en marche et l’ont oubliée s’ils l’ont vue. Mais comme tout dans l’Eglise depuis, s’est fait au nom du concile, ils peuvent se poser des questions, compte tenu des fruits obtenus !
Quelques conséquences visibles du concile Les fidèles n’ont guère lu les textes, mais ont forcément constaté les effets les plus apparents des réformes d’importances variées issues du concile… On ne sait que choisir ; par exemple, l’abandon de la soutane puis de tout habit ecclésiastique5, l’abandon du latin, le retournement des autels face au peuple, la mise à l’écart du tabernacle6, le tutoiement de Dieu, la communion debout et dans la main7, les absolutions collectives, les concélébrations, le jeûne très réduit, les catéchismes sélectifs8, sans parler des baptêmes et des mariages par étapes ! etc., etc. Par ailleurs, ils apprenaient que des milliers de prêtres abandonnaient, souvent pour se marier9, et constataient de multiples irrégularités et abus pratiques, y compris des prières universelles politisées, voyaient certains évêques devenir compagnons de route des communistes, et des œuvres d’Eglise financer la révolution marxiste dans le monde10. Tout cela s’est produit avec une précipitation jamais vue dans l’Eglise, et une volonté de rupture qui montraient bien qu’il s’agissait d’une révolution. L’Eglise, comme le Concile, ne désigne plus jamais nommément le plus grand danger actuel, le Communisme11. Un nouvel œcuménisme est à la mode où toutes les religions, même non chrétiennes, sont admises, la seule persécutée étant la religion catholique traditionnelle. Les Grands Maîtres de la Franc-Maçonnerie, eux, ont maintenant droit aux obsèques religieuses catholiques. Il faudrait des pages pour examiner la floraison d’autodestruction survenue en un temps record.
Les contradictions doctrinales Mais si l’écume était bien visible, la vague de fond, obscurcie par la fumée de Satan, était moins facile à déceler. Cependant, bien des fidèles constatant qu’on leur changeait la religion, commençaient à se demander à quoi le clergé, en particulier le jeune clergé, souvent politiquement marqué, croyait encore. Peu de gens se rendaient compte que le changement allait jusqu’à des contradictions complètes avec la doctrine antérieure de l’Eglise, souvent mal connue. De telles contradictions ne peuvent laisser indifférent, mais ne sont pas impossibles. Elles ne remettent pas en cause la foi, pour autant que les textes de Vatican II n’ont pas le caractère de l’infaillibilité. Le pape Paul VI qui les a promulgués, a pris soin de préciser le contraire : "Etant donné le caractère pastoral du concile, celui-ci a évité de proclamer de manière extraordinaire des dogmes affectés de la note d’infaillibilité"12. Aucune des nouveautés de Vatican II n’a donc cette note et, si l’on constate des contradictions entre ses textes et des textes antérieurs, il est permis très légitimement de s’interroger et d’en discuter. Il est cependant évident que les autorités romaines, gênées, ont une tendance naturelle à ne pas reconnaître les contradictions. D’ailleurs, plusieurs textes du Concile sont ambigus et ont besoin d’interprétations. Jean-Paul II, lorsqu’il a parlé au début de son pontificat13 de l’enseignement intégral du concile, avait précisé : "Entendu à la lumière de toute la Sainte Tradition et sur la base du magistère constant de l’Eglise". Mais, bien entendu, il n’y a pas que des contradictions dans les textes de Vatican II, qui ont proclamé des vérités constantes, par exemple, que l’avortement est "un crime abominable"14 et qu’il faut "conserver et favoriser de toutes manières tous les rites légitimement reconnus" (à l’époque)15, etc.
Une contradiction incontestable sur la liberté religieuse Il existe un cas particulièrement indiscutable de contradiction entre un texte de Vatican II et la doctrine traditionnelle de l’Eglise , celui de la liberté religieuse au for externe. Il est d’autant plus frappant que la doctrine constante est précisée en particulier dans un document qui a les caractères de l’infaillibilité : l’encyclique Quanta Cura17 du pape Pie IX. L’Eglise a enseigné pendant quinze siècles une doctrine sur le rôle des autorités civiles en matière religieuse : l’Etat doit reconnaître la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est Roi de l’Univers. Il a aussi le devoir d’assurer le bien commun et de protéger les citoyens (par exemple, contre les épidémies, contre la drogue, contre les perversions, contre les fausses nouvelles, mais également en matière religieuse). L’Eglise a toujours enseigné cette doctrine qui découlait du simple fait que la vérité et l’erreur n’ont pas les mêmes droits vis-à-vis de cet Etat, et donc que la vraie religion et les autres ne peuvent être mises sur le même pied. L’erreur, dans certains cas, peut être tolérée, mais seule la vérité a des droits. Cela ne paraît plus évident de nos jours, compte tenu des idées libérales largement répandues depuis deux siècles, parce que la foi a beaucoup diminué et que si l’on ne croit pas vraiment, on peut être libéral18. Mais personne ne contestera que l’élève qui fait une erreur dans son problème n’a pas les mêmes droits que celui qui trouve la bonne solution ; ou que le médecin qui fait une erreur grave peut être condamné. Il en est de même en matière religieuse : la vraie religion a des droits que n’ont pas les religions fausses. Qui n’admet d’ailleurs que l’Etat doit empêcher de nuire certaines sectes ? En ce qui concerne la liberté religieuse au for interne, il n’y a pas de problème : tout homme est tenu de chercher la vérité et d’y adhérer ; et s’il se trompe de religion, c’est un problème, grave d’ailleurs, entre Dieu et lui. Les pouvoirs publics n’ont pas à s’en mêler et l’on ne peut chercher à forcer quelqu’un à croire. L’Eglise a toujours condamné les abus qui se sont produits dans ce sens dans le passé. Mais l’exercice public du culte concerne l’Etat, et pendant des siècles, dans de nombreux pays, la religion catholique a été protégée par l’Etat avec des droits exclusifs concernant l’exercice public du culte. Cela n’empêchait pas de tolérer l’existence d’autres cultes. C’est en 1830 que l’abbé de Lamennais a soutenu que l’Etat devait admettre publiquement la liberté de tous les cultes. Il fut suivi par Montalembert et bien d’autres. C’est alors qu’à la suite de Grégoire XVI, le pape Pie IX condamna de façon extrêmement ferme ces théories dans l’encyclique Quanta Cura qui a les caractères de l’infaillibilité en ce qui concerne les opinions condamnées, et dans son annexe, le Syllabus19. Les conditions de l’infaillibilité de cette encyclique sont explicitées au § 14 : "Nous avons jugé bon d’élever à nouveau Notre Voix Apostolique. En conséquence, toutes et chacune des opinions déréglées et des doctrines rappelées en détail dans ces lettres, Nous les réprouvons, proscrivons et condamnons au nom de Notre Autorité Apostolique ; et Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l’Eglise catholique les tiennent absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées." Sont condamnés dans cette encyclique ceux qui osent enseigner que : "Le meilleur régime politique et le progrès de la société civile exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la religion que si elle n’existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie et les fausses religions." Cette proposition est condamnée de manière infaillible ; c’est donc que "les gouvernements doivent faire une différence entre la vraie et les fausses religions". Et est également condamné que "la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnaît pas au pouvoir le devoir de réprimer, par des peines légales, les violations de la loi catholique, si ce n’est dans la mesure où la tranquillité publique le demande". Cette proposition est condamnée de manière infaillible, c’est donc que le pouvoir a le devoir de réprimer par des peines légales les violations de la loi catholique, par exemple l’avortement, la profanation d’une église ou la production de films blasphématoires etc. Est condamné également dans Quanta Cura, de façon infaillible, le fait de dire que : "La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme. Ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien organisée." (Opinion que Grégoire XVI qualifiait déjà de délire dans Mirari Vos – 1832). C’est donc que la loi ne doit pas garantir indistinctement la liberté de tous les cultes, y compris les faux cultes. Or Vatican II proclame dans Dignitatis Humanæ ce qui est condamné ainsi de façon infaillible. §2 : "Le Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse… de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites selon sa conscience en privé comme en public20 seul ou associé à d’autres. Le droit… doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil." § 3 : "Le pouvoir civil… dépasse ses limites s’il s’arroge le droit de diriger ou d’empêcher les actes religieux." Comme il s’agit de toutes les religions, on voit que, pour Vatican II, l’exercice public des faux cultes est devenu un droit au regard des autorités civiles. Il y a bien contradiction entre Dignitatis Humanæ qui proclame la "liberté religieuse" au for externe et Quanta Cura qui a condamné "La liberté de conscience et des cultes", même si les deux expressions ne sont pas identiques. En effet, l’expression "liberté religieuse" englobe bien "la liberté de conscience et des cultes" même si elle comprend également d’autres aspects (liberté de propagande, etc.). Les applications faites de Dignitatis Humanæ le confirment.
Résumé des deux thèses contradictoires La doctrine traditionnelle dit que l’exercice public des faux cultes n’est un droit à aucun titre, ce qui est la conséquence du fait, reconnu heureusement par Vatican II, qu’il y a une seule et unique vraie religion, la religion catholique, fondée par Dieu lui-même, Notre-Seigneur qui a dit à ses apôtres : "Allez donc, de toutes les nations faites des disciples", ce qui montre bien sa royauté sur les nations21. Cette doctrine admet que, pour éviter un plus grand mal, dans certaines circonstances, l’exercice des faux cultes soit toléré par les pouvoirs publics, ce qui est très différent d’avoir un droit. Vatican II dit le contraire : le droit à la liberté religieuse (y compris les faux cultes) est un droit civil. Des experts irrécusables confirment les contradictions. Le R.P. Congar22, l’un des principaux inspirateurs du concile, a écrit, en effet : "On ne peut nier qu’un tel texte (Dignitatis Humanæ ne dise matériellement autre chose que le Syllabus de 1864, et même à peu près le contraire des propositions 15, 77 et 79"23. Le P. John Courtney Murray24, parlant des deux "positions", celle de la doctrine traditionnelle et celle de Vatican II, a écrit : "Leurs divergences sont à un niveau plus profond, si profond de fait qu’il serait difficile d’aller plus loin." Il y a également écrit qu’en ce qui concerne le rôle des pouvoirs publics dans les affaires religieuses (la cura religiosis), les deux positions sont soit contradictoires, soit contraires. Le cardinal Ratzinger admet qu’il s’agit d’une "nouveauté", mais dans la "continuité", comme si "oui" pouvait être dans la continuité de "non". Il a d’ailleurs employé une expression très forte à propos de la Constitution Gaudium et Spes de Vatican II, quand il écrit : "Si l’on cherche un diagnostic global du texte, on pourrait dire qu’il est (en liaison avec les textes sur la liberté religieuse et sur les religions du monde) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de Contre-Syllabus"25. Comment mieux montrer qu’il y a des contradictions entre Vatican II et le pape Pie IX ? Dans le Syllabus, annexe de l’encyclique Quanta Cura, on peut relever en effet les propositions suivantes, condamnées en tant qu’"erreurs de notre temps" : N° 15 : "Il est libre à chaque homme… d’embrasser et de professer la religion qu’à la lumière de la raison, il aura regardée comme vraie." N° 55 : "L’Eglise doit être séparée de l’Etat et l’Etat de l’Eglise." N° 77 : "A notre époque, il n’y a plus intérêt à ce que la religion catholique soit considérée comme la seule religion de l’Etat, à l’exclusion de tous les autres cultes." N° 79 : "En effet, il est faux que la liberté civile de tous les cultes, et que le plein pouvoir attribué à tous de manifester ouvertement et publiquement n’importe quelles opinions et n’importe quelles pensées, conduisent plus facilement les peuples à la corruption des mœurs et des esprits, et propagent l’indifférentisme."
Les conséquences sont graves Cette question concerne d’abord les autorités publiques, mais les fidèles ne peuvent s’en désintéresser car il ne s’agit pas d’une querelle de mots, mais d’un problème de fond, révélateur d’un état d’esprit. • D’abord parce qu’il y a contradiction entre la doctrine traditionnelle de l’Eglise précisée d’une façon infaillible, et un texte de Vatican II, et que la hiérarchie, plus de vingt ans après, n’a pas encore eu le courage de l’admettre et de rectifier26. Il faudra bien que cela se fasse même s’il est gênant de reconnaître que Vatican II s’est trompé, et s’il est impossible de dire que Pie IX, utilisant son infaillibilité, ait pu se tromper. Mais l’histoire montre que cela peut être long. On ne pourra pas cependant se contenter des arguties et des subtilités qui fleurissent à ce sujet. • Ensuite parce que certaines constitutions ou concordats d’états catholiques ont été modifiés dans un sens défavorable à l’Eglise catholique, à la suite de cette déclaration de Vatican II : Espagne en 1967 ; Italie en 1984 ; Colombie en 1973 ; cantons suisses, etc. Le cas de l’Espagne est révélateur : dans le Concordat de 1953, il était dit : "La religion catholique, apostolique et romaine continue d’être la seule de l’Etat espagnol". Il était précisé que personne ne serait inquiété pour l’exercice privé de son culte, mais que seules seraient autorisées les manifestations extérieures de la religion catholique. Sur pression du Saint-Siège (!), en 1967, le gouvernement espagnol accorda l’entière liberté à tous les cultes en s’appuyant sur Dignitatis Humanæ : la loi du 28 juin 1967 déclare maintenant : "La profession et la pratique, tant publique que privée, de toute religion, seront garanties par l’Etat, sans autres limitations que celles établies par l’article 2 de cette loi." C’est donc la hiérarchie catholique elle-même qui a poussé à la disparition des états confessionnels qui protégeaient partiellement l’Eglise catholique. Devant un tel exemple d’autodestruction, comment ne pas appliquer l’Evangile pour juger "les faux prophètes à leurs fruits" ?
Le règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ Les principes mêmes de Dignitatis Humanæ sont une négation pratique de la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lequel est Roi, non seulement de chaque homme pris individuellement, mais aussi de chaque Nation. C’est ce que Pie XI avait développé dans l’encyclique Quas Primas qui instituait, en 1925, la fête du Christ-Roi et dans laquelle il disait : "Aux Etats, la célébration annuelle de cette fête rappellera que les magistrats et les gouvernants sont tenus, comme les citoyens, de rendre au Christ un culte public et de lui obéir." Il avait ajouté : "On commença par nier le pouvoir du Christ sur toutes les nations, on dénia à l’Eglise un droit dérivé du droit du Christ Lui-même, celui d’enseigner le genre humain, de porter des lois, de diriger des peuples, de les conduire à la béatitude éternelle. Alors la religion du Christ fut peu à peu traitée d’égale à égale avec les faux cultes, et placée avec une choquante inconvenance sur le même niveau"27. Naturellement, "l’esprit du monde" a tellement pénétré un grand nombre de catholiques, que la notion même de "Règne social de Jésus-Christ" ne leur dit plus rien ; ils n’en ont jamais entendu parler et ne la comprennent plus. Il s’agit pourtant d’un dogme de foi catholique, rappelé dans Quas Primas : "Car sa dignité royale (du Christ) exige que l’Etat tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l’établissement des lois, etc." Et plus loin : "La plupart des hommes ont banni Jésus-Christ et sa foi très sainte de leur coutumes et de leur vie particulière, comme de la société familiale et de l’Etat." Que dirait le pape Pie IX de nos jours ! Pourquoi chacun de nous, constatant qu’avec la fumée de Satan (le Prince de ce monde !), l’esprit du monde a pénétré "dans le temple de Dieu", ne méditerait-il pas, à partir de ce que dit le cardinal Ratzinger : "Il est temps que le chrétien retrouve la conscience d’appartenir à une minorité et d’être souvent en opposition avec ce qui est évident, logique, naturel pour ce que le Nouveau Testament appelle – et certes pas dans un sens positif – "l’esprit du monde". Il est temps de retrouver le courage de l’anticonformisme, la capacité de s’opposer, de dénoncer bien des tendances de la culture ambiante, en renonçant à une certaine solidarité euphorique post-conciliaire"28. Il suffit d’appliquer ces paroles à la culture conciliaire ambiante, ce que nous nous efforçons de faire ici.
La théologie de la girouette On dira volontiers qu’actuellement, il n’est plus possible de parler de Règne social de Jésus-Christ ou d’Etat confessionnel, car ce n’est plus du tout dans l’esprit de notre époque29. On aboutit alors à la théologie de la girouette, condamnée par Pie XII dans Humani Generis30 : "Dieu, Souveraine Vérité, a créé l’intelligence humaine et la dirige, il faut le dire, non point pour qu’elle puisse poser chaque jour des nouveautés à ce qui est solidement acquis, mais pour que… elle élève progressivement le vrai sur le vrai"… "C’est pourquoi un chrétien, qu’il soit philosophe ou théologien, ne peut se jeter à la légère, pour les adopter, sur toutes les nouveautés qui s’inventent chaque jour"… Et à plus forte raison s’il s’agit des multiples contradictions avec la doctrine constante de l’Eglise. Saint Paul nous avait pourtant prévenus : "Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine du salut, ayant aux oreilles la démangeaison d’entendre du neuf, il se choisiront au gré de leurs passions une foule de maîtres. Ils détourneront l’oreille de la vérité et se jetteront sur les fables"31. Mais si la vérité d’hier est devenue erreur, pourquoi la nouvelle vérité ne serait-elle par l’erreur de demain ?
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