Je tenais à vous faire lire quelques textes à propos du nouveau mystère (lumineux)
Une année du Rosaire...et de nouveaux mystères
Une année du Rosaire t motif de joie pour toile chrétien. A cette occasion, dans sa récente encyclique, Jean-Paul II «propose» tout en «laissant à la libre appréciation des per sonnes et des communautés «—l’ajout de mystères lumi-neux, Il est irai que le peuple chrétien finit par être circonspect. On lui a changé son Pater, on parle de changer son Ave, on lui u changé ses autels, tes statues, sa liesse, ses cantiques, son catéchisme, son Droit Canon, son martyrologe... Si la vie apparaît comme une vallée de larmes, le chrétien possède l’Espérance qu’il enracine sur les repères surnaturels : qu‘arrive-t-il si on les lui supprime ? Le fait d’avoir tout changé, sans exception, et de continuer à le faire aurait suffit à rider les églises, à faire de l’homme moderne un être errant sans espoir dans un désert privé de points de repère. La Révolution universelle le sait ; elle qui déracine l’homme, lui modifie sans cesse son entourage, change ses habitudes, sépare les générations... Est-il urgent d’ajouter au désarroi ? L ‘abbé de La Rocque répond avec des arguments circonstanciés. Il nous invite cependant, comme te demande le Pape, à nous appuyer plus fortement sur le Rosaire, solution à tous nos maux
Abbé J-P BOUBEE ____________________________________________________________________________________________________________
C’est de manière étonnante et sur plus d’un point réjouissante, que Jean Paul II a marque l’aube de sa vingt-cinquième année de ministère pétrinien. Elu pape le 16 octobre 1978, il signait le 16 octobre 2002 la Lettre apostolique Rosacium Virginis Mariae, en laquelle il proclame »l’année qui va d’octobre 2002 à octobre 2003 Année du Rosaire» (§3). De cette Lettre apostolique, beaucoup n’ont retenu qu’un aspect pourtant accidentel l’ajout, «laissé à la libre appréciation des personnes et des communautés" (§19), des mystères de la vie publique du Christ appelés mystères «lumineux». S’il faudra rendre compte de cette nouveauté pour tenter de l’apprécier à sa juste valeur, il parait important de souligner en premier lieu le message central du document pontifical, qu’il serait regrettable de passer sous silence.
En proclamant cette année « année du Rosaire «, le pape Wojtyla se situe ouvertement dans la ligne de son prédécesseur Lion XIII qui, par son encyclique Supremi apostolatus officio, fit de l’année 1883-1884 la première année du Rosaire. Etait alors donné le motif de cette innovation «Ce fut toujours le soin principal et solennel des catholiques de se réfugier sous l’égide de Marie et de s’en remettre à sa maternelle bonté dans les temps troublés et dans les circonstances périlleuses. Cela prouve que l'Eglise catholique a toujours mis, et avec raison, en la Mère de Dieu, toute sa confiance et tout son espérance". Le geste de Jean Paul II s’explique de la même manière. «1es difficultés que la perspective mondiale fait apparaître en ce début de troisième millénaire conduisent à penser que seule une intervention d’en haut, capable d'orienter les cœurs de ceux qui vivent des situations conflictuelles et de ceux qui régissent le sort des Nattons, peut foire espérer un avenir moins sombre» (§40) Si les termes de la présente Lettre apostolique sont des plus timides, si on regrette que la notion de paix y soit fortement imprégnée de relent onusien, si l’ajout des mystères lumineux viennent apporter une sérieuse ombre à ce texte, le geste n’en demeure pas moins là, qui mérite d’être salué : le pape nous invite cette année à la prière du Rosaire.
UN GESTE AUDACIEUX
A lui seul, le geste est audacieux, et cette audace mérite d’être saluée.
A l’heure où la récitation privée du chapelet est des plus mal considérée dans nombre de nos séminaires européens – au point de devenir un motif d’expulsion pour «faiblesse psychologique» - le pape souligne combien cette prière est destinée apporter, même dans le troisième millénaire commençant, des fruits de sainteté «. Elle est en effet source «d’abondantes grâces «reçues comme « des mains même de la Mère du Rédempteur» (~ 1).
Alors que depuis 40 ans le dénigrement caricatural de «la-vieille-dame-récitant-son-chapelet-pendant-la-messe» est l’universel argument destiné à promouvoir la participation extérieure des laïcs dans la liturgie, le pape explique placidement que "cette prière non seulement ne s ‘oppose pas à la liturgie mais en constitue un support, puisqu‘elle l’introduit bien et s’en fait l’écho, invitant à la vivre avec une plénitude de participation intérieure» (§4).
A l’heure enfin où l’intercession des saints est délaissée - pour ne pas dire ouvertement méprisée - quelle joie d’entendre rappeler que «l’implora-tion insistante de la Mère de Dieu s’appuie sur la certitude confiante que son intercession maternelle est toute puissante sur le cœur de son Fils [...] Dans le Rosaire, tandis que nous la supplions, Marie, sanctuaire de l’Esprit Saint, se tient pour nous devant le Père qui l’a comblée de grâce et devant son Fils qu‘elle a mis au monde, priant avec nous et pour nous « (§16).
Dénonçant donc par ce seul geste "une certaine crise de cette prière qui, dans le contexte historique et théologique actuel, risque d’être à tort amoindrie" (§4). Jean-Paul II sait qu’il n’emportera pas l’adhésion de tous, loin s’en faut. Puisse-t-il néanmoins être assuré qu’en cette croisade du rosaire, nous entendons bien compter parmi ses troupes.
DANS LA LIGNEE DE FATIMA
Car c’est bien d’une nouvelle croi-sade du rosaire dont il est question. A la suite du pape Léon XIII et de nombre de ses prédécesseurs, Jean Paul II justifie sa décision par le fait que "l’Eglise a toujours reconnu à cette prière une efficacité particulière, lui confiant les causes les plus difficiles. En des moments où la chrétienté elle-même était menacée, ce fut à la force de cette prière qu’on attribua l’éloignement du danger, et la Vierge du Rosaire fut saluée comme propitiatrice du salut» (§ 39).
Or, continue Jean-Paul II, «les diffi-cultés que la perspective mondiale fait apparaître en ce début de troi-sième millénaire conduisent à penser que seule une intervention d’en haut, capable d’orienter les cœurs de ceux qui vivent des situations conflictuelles et de ceux qui régissent le sort des Nations, peut faire espérer un avenir moins sombre» (§40). Aussi le pape souligne-t-il "l’urgence d'implorer de Dieu le don de la paix" par la prière du Rosaire (§6).
N’est-ce pas là ce que depuis près d’un siècle la Vierge avait expliqué aux petits bergers de Fatima ? Loin de je ne sais quel «dialogue interreligieux», c’est par le règne de son Cœur Immaculée que Marie nous ferait triompher des difficultés présentes et accorderait la paix au monde. L’ombre de Fatima est d’ailleurs présente tout au cours du document, depuis le paragraphe 7 où cette apparition est mentionnée jusqu’au paragraphe 35 encourageant implicitement l’ajout de la prière de l’ange : "O Mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés..."
LE ROSAIRE ET POUR LA FAMILLE
Plus que la société civile, c’est la cellule familiale elle-même qui hélas est désormais atteinte par les puis-sances du mal. Aussi Jean-Paul II souhaite-t-il le "renouveau du Rosaire dans les familles chrétiennes "comme" aide efficace pour endiguer les effets dévastateurs de la crise actuelle» (§6). En la matière, l’appel se fait vibrant, et c’est avec grande joie que nous répercutons ces demandes depuis longtemps connues de nos fidèles, mais désormais pontificales : "Il faut se remettre à prier en famille et à prier pour les familles, en utilisant cette forme de prière [le Rosaire]." Et de souligner tous les bienfaits que cette dévotion apportera aux familles, comme décomposées par le rythme de vie actuel : "On ne parvient plus à rester ensemble, et les rares moments passés en commun sont absorbés par les images de la télévision. Recommencer à réciter le Rosaire en famille signifie introduire dans la vie quotidienne des images bien différentes, celles du mystère qui sauve : l’image du Rédempteur, l’image de sa Mère très sainte. La famille qui récite le Rosaire reproduit un peu le climat de la maison de Nazareth : on place Jésus au centre, on partage avec lui les joies et les souffrances, on remet entre ses mains les besoins et les projets, on reçoit de lui espérance et force pour le chemin". (§41). Le pape invite donc chacun des parents à "prier le Rosaire pour ses enfants, et mieux encore avec ses enfants, en les éduquant depuis leur plus jeune âge à ce moment quotidien de «pause priante» de la famille» (§42).
Tel est donc le contenu essentiel de cette Lettre apostolique, celui qui constitue l’ossature de son introduc-tion comme de sa conclusion : la situation dramatique du monde et de la famille réclame que nous repre-nions la prière du Rosaire, car seule une intervention d’en haut semble désormais capable de conjurer les puissances du mal. Qui ne souscrirait à un tel appel ?
L’OMBRE DU TABLEAU : DE LA NOTION DE MYSTERE AUX MYSTERES LUMINEUX
Si l’introduction et la conclusion du document résument l’essentiel du message pontifical, le corps du texte se présente comme une explication de type apologétique, destinée à faire accepter de tous la demande formulée par Jean-Paul II. En cette longue exposition, le Pape engage beaucoup moins l’autorité de son magistère que dans les parties introductives et conclusives : le mandement disciplinaire cède le pas à l’affirmation doctrinale, mais plutôt à l’explication patiente de la méthodologie du rosaire.
Or, c’est précisément dans ce déve-loppement que le document présente des faiblesses certaines. Y est en effet pris pour instrument explicatif une théologie bien particulière - de type casélienne - qui n’est pas sans reproche, loin s’en faut. C’est de ce choix partisan que va découler l’ajout des mystères lumineux dans la prière du Rosaire. Conscient d’avoir délaissé la sobre et saine théologie romaine d’antan au profit d’une théorie plus discutable du mystère, Jean-Paul Il ne peut imposer à tous les conséquences de son choix, à savoir la méditation mariale des mystères lumineux. Cet "ajout" sera donc "laissé à la libre appréciation des personnes et des communautés" (§19).
UNE NOUVELLE NOTION DE MYSTERE
L’efficacité particulière du Rosaire contre les hérésies tient à ce que, à travers l’intercession mariale, les quinze mystères rappellent les divers aspects des trois grands mystères du salut : celui de l’incarnation, celui de la Rédemption et celui de la vie éternelle. De la sorte, nous disent les théologiens, "c’est tout le Credo qui passe sous nos yeux, non pas d’une façon abstraite par des formules dogmatiques, mais d'une façon concrète par la vie du Christ : c’est tout le dogme chrétien dans son élévation et sa splendeur, pour que nous puissions ainsi tous les jours le pénétrer, le savourer et en nourrir notre âme « (Garrigou-Lagrange, La mère du Sauveur et notre vie intérieure). En cette optique traditionnelle, le mystère se définit donc comme une vérité surnaturelle inaccessible par elle-même à notre intelligence, mais que le dogme met à notre portée. Dès lors, les vertus théologales de foi, d’espérance et de charité peuvent s’exercer et transformer le Rosaire en école de contemplation.
Une vérité hors de portée de notre entendement, que seule la formulation dogmatique transmise par l’Eglise nous permet d’atteindre : voilà qui ne peut plaire aux adeptes de l’immanence religieuse, à ceux pour qui l’homme est apte à découvrir au plus profond de lui-même, par une expérience personnelle, l’intimité du visage de Dieu. En cette dernière optique, fondatrice de la liberté religieuse, la nécessaire médiation d’une formula-tion dogmatique pour accéder à la Révélation est considérée comme un scandale. Aussi les nouveaux «théologiens», à la suite d’Odon Casel, préfèrent-ils affirmer que Dieu ne se révèle pas à nous au moyen d’un corps de doctrine, mais plutôt à travers l’expérience personnelle de sa présence.
Le retournement alors opéré est de taille : la prière ne consiste plus dans l’exercice des vertus théologales à partir d’une vérité de foi préalable-ment connue, mais se résume à une expérience religieuse en laquelle Dieu se rend mystérieusement présent pour se faire connaître de nous. En un mot, le «mystère» n’est plus une vérité surnaturelle devenue sienne par l’adhésion de foi, mais le «lieu» d’une rencontre intime entre Dieu et l’homme, où Dieu se révèle à ce dernier par delà toute formulation humaine - d’où sa qualification de «mystérique». Il lui révèle son visage. Le mystère est alors le Christ lui-même, atteint par une expérience mystique désengagée de toute formulation. Si ce n’est sur le dogme, sur quel donné premier s’appuiera cette expérience mystique ? Sur le souvenir des «hauts faits de Dieu» : ce souvenir d’épisodes passés est en effet censé rendre présent l'auteur même de ces événements, pour qu’à nouveau celui-ci se révèle à nous à travers une expérience qui nous soit propre. Cette supposée force de «présentification» transforme alors le souvenir en mémorial.
UN CHAPELET «à MYSTERES»
La manière dont la Lettre apostolique décrit la prière du Rosaire est fortement empreinte de la théologie d’Odon Casel. Si le chapelet est magnifiquement décrit comme union à la prière de Marie, est aussitôt ajouté : «La contemplation de Marie est avant tout dans le fait de se souvenir. Il faut cependant entendre ces paroles bibliques dans le sens de mémorial (zakar) qui rend présentes les œuvres accomplies par Dieu dans l’histoire du salut « (§13). Grâce à cette présentification, nous pourrons "Fixer les yeux sur le visage du Christ, en reconnaître le mystère dans le chemin ordinaire et douloureux de son humanité, jusqu’à en percevoir la splendeur divine définitivement manifestée dans le Ressuscité". (§9)
La succession des différents «mystères» du Rosaire est alors considérée comme un parcours que l’on pourrait qualifier d’initiatique et dont l’aboutissement est la connaissance [gnosis] de l’unique et véritable mystère : le Christ au visage dévoilé.
-Le Rosaire est un parcours, que la citation suivante permet d’assimiler aux parcours initiatiques : "Le Rosaire est aussi un long parcours d’annonce et d’approfondissement, au long duquel le mystère du Christ est constamment représenté [rendu présent] aux divers niveaux de l’expérience chrétienne" (§17). Assimilation légitimée par la Lettre elle-même, lorsqu’elle affirme plus loin que» le Rosaire se situe dans le cadre universel de la phénoménologie religieuse" commune à ces autres religions "qui, pour parvenir à une haute concentration spirituelle, se préva[lent] de techniques répétitives et symboliques, à caractère psychologique et physique» (§28). Parcours initiatique donc, ou encore "chemin d’assimilation du mystère" ainsi que l’indique un sous-titre du document. -Le Rosaire a un but «gnoséologique», délivrant un «secret» : "Le Rosaire se met au service de cet idéal [nous remplir de la plénitude de Dieu] livrant le «secret» qui permet de s’ouvrir plus facilement à une connaissance du Christ qui est profonde et qui engage" (§24). La finalité «cognocitive» du Rosaire est ainsi mentionnée 19 fois, tandis que sa finalité laudative première n’est jamais mentionnée : jeter des «roses» spirituelles à Marie, en renouvelant le geste de l’Ange Gabriel qui fit la génuflexion devant «Notre Dame».
- Cette connaissance n’est pas celle de vérités discursives ou dogmatiques, mais d’ordre expérimental : elle permet de découvrir le «visage» du Christ. Le Rosaire est là pour »nous laisser intro-duire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l’expérience de la profondeur de son amour «(§1). Le terme de «visage», qui révèle quelque chose de la personne indépendamment des mots, revient par 16 fois, tandis que le mot «expérience» est utilisé 22 fois. La fin d’un extrait déjà cité est à relire en ce sens : «Fixer les yeux sur le visage du Christ, en reconnaître le mystère […] jusqu‘à en percevoir la splendeur divine définitivement mani-festée dans le Ressuscité « (§9).
Nous le constatons : cette «théologie des mystères», développée par Odon Casel à partir de l’intuition que la prière chrétienne s’était originellement inspirée des «religions à mystères» païennes (Mystère d’Eleusis ou autres), a fortement imprégné le document pontifical. C’est encore elle qui est à l’origine des mystères «lumineux», dont l’ajout nous paraît désormais logique.
LES MYSTERES «LUMINEUX»
L'introduction des mystères de la vie publique du Christ est nettement expliquée par Jean-Paul II : «C’est dans l’espace de ces mystères que nous contemplons des aspects importants de la personne du Christ en tant que révélateur définitif de Dieu« (§19). «En tant que révélateur définitif de Dieu« : n’est-ce pas là le but ultime de l’expérience mystérique ? Si donc nous considérons le Rosaire sous l’angle de la «théologie des mystères», les mystères de lumière prennent une place importante. Ils deviennent même comme une signature, une invitation à considérer les quinze autres mystères sous cet angle méthodologique caractéristique des religions à mystères ne pas s’arrêter à l’événement "Il ne s‘agit pas de faire revenir à sa mémoire une information" (§30) mais n’en retenir que la dimension symbolique apte à nous élever à l’expérience mystérique : «Par ces mystères, tout en respectant la nature de cette prière [le Rosaire], je voudrais aider les fidèles à la comprendre dans ses aspects symboliques» (§28).
LIBERTE LAISSEE ET UTILISEE
Ajout caractéristique donc, mais dont Jean-Paul Il a laissé l’usage à la libre discrétion de chacun : «tout en le laissant à la libre appréciation des personnes et des communautés» (§19). Il pouvait difficilement en être autrement, sans quoi, c’eut été imposer à tous les fruits d’une théologie particulière, fort récente et des plus discutables. Pour notre part, nous ne prierons pas ces «mystères de lumière», parce que nous ne pouvons accepter la théologie casélienne des mystères qui lui est sous-jacente. Longuement déjà, la Fraternité Saint Pie X a exposé et réfuté cette théologie (Le problème de la Réforme liturgique, Etude théologique et liturgique, ch. 5 et 8).
UN ESPRIT DE NOUVEAUTE QUI N’EST PAS CELUI DE L'EGLISE
Outre l’irrecevabilité de cette théologie qualifiée "d’obscure" par Pie XII, nous regretterons également en cet ajout un esprit de nouveauté qui a changé toutes choses. Après les modifications de tous les rituels par Paul VI, nous avons assisté depuis le pontificat de Jean-Paul II à la publication d’un nouveau code de droit canon (1983), d’un nouveau catéchisme de l’Eglise catholique (1992), d’un nouveau martyrologe (2000), d’une nouvelle édition typique du missel romain (2001) etc. Aujourd’hui, c’est un nouveau rosaire qui nous est proposé. Souffle de l’Esprit qui renouvelle la face de la terre ? Nous nous croyons bien plutôt obligés d’y lire un manque de piété filiale à l’endroit de ceux qui nous ont précédés... En contrevenant de manière répétée à cette vertu fondamentale du christianisme (qui est Tradition), les princes ecclésiastiques ne réalisent-ils pas que c’est leur propre autorité qu’ils discréditent ? Comment exercer cette même vertu à l’endroit du Saint-Siège, lorsque nous voyons celui-ci y contrevenir de manière si patente ?
CONCLUSION
La Lettre apostolique Rosanum Virginis Mariae, bien qu’elle contienne des faiblesses certaines, surtout lorsqu’elle s’appuie sur une théologie déficiente du mystère, ne peut pas nous laisser indifférents. Rejetant d’autant plus volontiers les «mystères lumineux» que leur usage a été laissé «à la libre appréciation des personnes et des communautés» et manifestant par là notre désaccord profond avec la théologie des mystères déjà dénoncée à propos du Nouvel Ordo Missae, nous ne pouvons que retenir le message essentiel de ce document pontifical et répondre généreusement à l’appel de Jean-Paul II : faire de cette année une Année du Rosaire, pendant laquelle nous implorerons le Ciel pour que Paix soit donnée au monde et à la famille, Paix qui ne pourra être que le fruit du triomphe du Cœur Immaculé de Marie dans le monde et la famille, grâce à une Eglise redevenue fidèle à sa mission.
Abbé P. de la Rocque.
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