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JUIN 2001 A JUILLET 2003

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Liberté de Perdition... Imprimer
Auteur : catsor junior
Sujet : Liberté de Perdition...
Date : 2003-03-02 23:25:20

Voila un article dont vous m'en diré des nouvelles :

Chaque année, un non événement se déroule à Lourdes : La conférence épiscopale française se réunit pour réfléchir et prendre des décisions communes. Le cru 2002 aurait pu être aussi insignifiant que les précédents si une dépêche de l’A.F.P., en date du 7 novembre, et relevée seulement dans le « figaro » par Elie Maréchal, signalait une prise de position atterrante de nos évêques. Je cite : « Contrairement à leurs collègues polonais, ils ne demandent pas que le nom de Dieu soit invoqué dans la futur constitution de l’Union Européenne, conscients qu’une telle revendication serait irrecevable en France ». Et les évêques de demander que soit soulignée l’importance « de l’héritage religieux et spirituel de l’Europe » et de préciser que cet héritage concerne « les grandes religions monothéistes et singulièrement le christianisme ainsi que l’humanisme issu de la Renaissance ».
Je ne résiste pas à l’envie de confronter ce texte inacceptable à ces quelques lignes de Léon XIII extraites de son encycliques Libertas proastantissimum : « La société civile, en tant que société, doit nécessairement reconnaître Dieu comme son principe et son auteur et, par conséquent, rendre à sa puissance et à son autorité l’hommage de son culte. Non, de par la justice ; non, de par la raison, l’Etat ne peut-être athée ou, ce qui reviendrait à l’athéisme, être animé à l’égard de toutes les religions, comme on dit, des mêmes dispositions, et leur accorder indistinctement les mêmes droits ».

La déclaration des évêques est en rupture totale avec l’enseignement traditionnel de l’Eglise. Elle va jusqu'à préciser que les religions ne peuvent prétendre « exercer une quelconque pression politique ». Cette déclaration refuse à l’Eglise un pouvoir indirect sur la société civile. Ainsi sont rejetés deux mille ans d’enseignement constant de l’Eglise. Je citerai ce texte de Saint Augustin tiré des « rétractations » (L II chap. V patrologie latine, T.32, colonne 632) : « Il y a deux de mes livres dont le titre est {Contre le parti de Donat} ( Les donatistes faisaient dépendre la validité des sacrements de la moralité du prêtre, ce qui est une hérésie). Or, dans le premier livre de ces livres, je n’approuvais pas que l’initiative d’une puissance séculaire contraigne des schismatiques à la communion de l’Eglise par la force. En fait, je n’approuvais pas cela parce que je n’avais pas encore constaté ni la grandeur du mal que leur impunité entreprendrait, ni la grandeur de ce que le zèle pour l’ordre pourrait apporter à leur correction ».

Il est consternant de constater qu’aucun évêque ne se démarque de la déclaration de Lourdes. Tous sont phagocytés par la tyrannie de la collégialité épiscopale. Prenez le cas de Mgr Barbarin, nouveau primat des Gaules, annoncé par une certaine presse comme un conservateur. Il va célébrer l’anniversaire de la radio catholique locale (R.C.F.ancienne radio Fourvière) et annonce, pour cette occasion, une grande cérémonie oecuménique dans la cathédrale primatiale Saint-jean. De plus, il y a quelques jours, il rendaient visite au grand rabbin de Lyon et avait, pour l’occasion, comme l’ont souligné les médias : « rentré sa croix pectorale ». Je vous pose alors cette question : comment voulez-vous que, dans un tel climat de démission, les catholiques, découragés, n’abandonnent pas leur religion, augmentant ainsi le nombre des « croyants mais non pratiquants » ? IL faut bien constater que cette débâcle dépasse largement les frontières de l’hexagone. Ainsi, comme l’annonçait l’agence Zénit, 25 évêques de l’Inde se sont rendus récemment sur le lieu le plus sacré du bouddhisme. L’un d’eux alors déclarait : « combien les évêques ressentaient un grand privilège de pouvoir se rencontrer sous l’arbre où le mystère de la paix a été révélé à Bouddha » et de continuer dans son délire oecuménique : « Les grandes religions universelles doivent jouer un rôle spécial dans la promotion d’un dialogue inter-religieux et dans la guérison libératrice de la violence et des conflits « . Voilà à quoi est réduit le rôle de l’Eglise...

Le pape Léon XIII, dans l’encyclique Libertas, s’est élevé avec vigueur contre le respect de toutes les religions : « respecter toutes les religions, c’est une insanité et un crime car c’est respecter également la vérité et l’erreur, le bien et le mal, la sainteté et la pourriture morale, le vrai progrès et la décadence mortelle. Respecter toutes les religions c’est formellement l’athéisme ».
Mais comment en est-on arrivé là ? Ces événements sont-ils des initiatives particulières ou ont-ils une source d’inspiration commune ? Tout cela provient de la déclaration conciliaire, Dignitatis Humanae, signée à la hâte le 7 décembre 1965 à la veille de la clôture du concile. Il y est dit que la liberté religieuse « consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte (...)de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience, ni empêcher d’agir dans les justes limites selon sa conscience. (...) Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil ». Il faut confronter ce texte avec l’encyclique Quanta Cura où Pie IX reprend les paroles de Grégoire XVI condamnant la thèse suivante : « La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme. Ce droit doit être proclamé et garanti par la loi dans toute société bien organisée ». Cette sentence, condamnée par Pie IX, est reprise mot à mot par le magistère de Vatican II et louée. Ce n’est pas seulement un changement de cap mais une révolution dans le sens littéral du terme, à savoir que ce qui était le mal hier devient le bien et vice versa. Le cardinal Congar, inspirateur de ce document, avait tout a fait conscience des conséquences qui s’en suivraient. Il dit ainsi dans ses mémoires : « Notre déclaration sur la liberté religieuse (...) va avoir des conséquences imprévisibles pendant deux ou trois siècles (...) mais il ne faut pas nous illusionner : elle apportera pratiquement de l’eau au moulin de l’indifférence religieuse et de cette conviction aujourd’hui si répandue que toutes les règles de la moralité sont dans la sincérité et l’intention objective ».

La vérité n’est pas subjective mais objective ; elle est en Dieu qui Se communique par Notre-Seigneur et par son Eglise. La sincérité de la conscience ne fait pas la vérité et peut entraîner l’âme vers la perdition . Ainsi, un chrétien qui cesserait de pratiquer et qui aurait la conscience en paix doit craindre pour son salut et se convertir. L’Eglise, dans son histoire, a revendiqué la liberté religieuse, MAIS POUR ELLE SEULEMENT, afin qu’elle puisse exercer librement son rôle de mère et maîtresse de vérité et d’éducatrice des nations. Quant aux autres religions, pour préserver la paix sociale, l’Eglise ne demandait que la tolérance dans certains cas. La liberté que les évêques conciliaires revendiquent aujourd’hui, est selon les mots de Saint Augustin : « une liberté de perdition »...
Vous comprendrez, mes amis, combien il faut tenir bon dans le combat et ne pas nous laisser tenter par des sirènes qui voudraient nous en détourner. Comme nous le dit Notre-Seigneur, « Seul celui qui aura persévéré jusqu’au bout sera sauvé »


Abbé Christian Bouchacourt


La discussion

      Liberté de Perdition..., de catsor junior [2003-03-02 23:25:20]
          sources SVP : date, publication... [NT], de cathether (195.101.138.xxx) [2003-03-03 08:43:23]
              sources, de catsor junior [2003-03-03 19:57:16]
          Sont-ce des évêques ?, de Matthieu [2003-03-03 09:05:58]