Au sacerdoce chrétien convient une sublime pureté comme une exigence morale qui ressort de l'Évangile et de la prédication apostolique, en parfaite conformité avec les désirs du Sauveur et à ses desseins sur les âmes sacerdotales. En effet, Notre-Seigneur lui-même a manifesté pour la chasteté une haute estime en l'exaltant comme un idéal qui dépasse les forces ordinaires; fils d'une mère vierge et élevé depuis l'enfance dans la famille virginale de Marie et Joseph, il n'a pas caché sa prédilection pour les âmes innocentes. Voilà la meilleure apologie, par la parole et par les actes, en faveur de cette condition du célibat attachée à l'état ecclésiastique, mais ce n'est pas le seul argument. Le pape Pie XI, dans son encyclique de 1935 Ad catholici sacerdotii fait remarquer que l'obligation de la chasteté parfaite pour les clercs de l'Église latine a trouvé depuis toujours d'ardents défenseurs. Mais la lumière de la raison ne suffit-elle pas à faire discerner le lien évident entre la chasteté et le ministère sacerdotal? Puisque Dieu est esprit, il convient que celui qui se consacre à son service « se dépouille de son corps » en quelque sorte. Déjà les Romains avaient su entrevoir cette convenance et une de leurs lois demandait: «qu'on s'approche chastement des dieux », Cicéron lui-même en a fait le commentaire suivant: « La loi ordonne de s'approcher chastement des dieux, c'est-à-dire avec une âme chaste, puisque c'est en elle que tout réside, et cela ne dispense pas de la pureté du corps; celle-ci est supposée, puisque l'âme l'emporte de beaucoup sur le corps. » Immédiatement après les apôtres et surtout saint Paul, d'illustres Pères orientaux ont exalté la beauté et l'excellence du célibat ecclésiastique et ont révélé ainsi que, pendant toute une période au moins, il y eut accord entre l'Église latine et l'Église orientale sur ce sujet capital. Dès les premiers siècles du christianisme, saint Épiphane, saint Éphrem et saint Jean Chrysostome ont fourni la plupart des arguments qu'on utilise d'ordinaire en cette matière: celui qui doit remplir un office supérieur à celui des anges, n'est-il pas juste qu'il vive, autant que possible, comme un pur esprit? - celui qui doit être tout appliqué aux affaires du Seigneur, n'est-il pas juste qu'il soit entièrement détaché des choses terrestres? - celui qui doit être sans cesse préoccupé du salut éternel des âmes, n'est-il pas juste qu'il se libère des sollicitudes d'une famille propre? Aujourd'hui encore, le célibat ecclésiastique reçoit de magnifiques témoignages en sa faveur et spécialement de la part de ceux qui cèdent à ses attraits plutôt qu'ils ne subissent ses exigences: n'est-ce pas un ravissant spectacle que de voir de jeunes lévites recevant le sous-diaconat et, librement, renoncer dès ce moment-là aux joies et aux satisfactions qu'ils pourraient légitimement se permettre dans un autre genre de vie? Quelle glorieuse victoire de la grâce divine sur ce monde de licence et de sensualité! Ces futurs prêtres sont du nombre de ceux auxquels il a été donné de comprendre que la chasteté représente « le plus bel ornement de l'ordre sacerdotal; car, par la beauté de cette vertu, le prêtre devient semblable aux anges, apparaît plus digne de la vénération du peuple chrétien et produit en plus grande abondance des fruits de salut », comme le chante avec enthousiasme le pape saint Pie X.
Abbé Pierre-Marie LAURENÇON Supérieur du District de France
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