Madiran a des réflexions très intéressantes, ces jours-ci, au moment où l'on s'apprête à fêter le centenaire de l'accession au trône du saint pape.
On se rappelle que dans un éditorial de l'Aurore (je crois), Mauriac s'était exclamé, à l'annonce de la canonisation de Pie X, "ce saint-là n'est pas de ma paroisse !".
Maurras, dans son "bienheureux Pie X", relevait que déjà en 1923, l'abbé Bremond, reçu à l'Académie Française, fit dans son discours cette étrange réflexion :"J'ai vécu sous quatre pontifes, Pie IX, Léon XIII, Benoît XV et Pie XI". Sorte de sédévacantisme rétroactif qui supprimait de l'Histoire des successeurs de ST Pierre le pape Pie X.
Madiran remarque que dans la dernière note doctrinale de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur les catholiques dans la vie politique, on relèvera plus particulièrement la note 11 :
[11] Dans les derniers siècles, le Magistère de l’Eglise s’est occupé plusieurs fois des questions principales qui regardent l’ordre social et politique. Cf. LEON XIII, Encycl. Diuturnum illud, ASS 14 (1881/82) 4ss; Encycl. Immortale Dei , ASS 18 (1885/86) 162ss; Encycl. Libertas praestantissimum, ASS 20, (1887/88) 593ss; Encycl. Rerum novarum, ASS 23 (1890/91) 643 ss; BENOIT XV, Encycl. Pacem Dei munus pulcherrimum, AAS 12 (1920) 209ss; PIE XI, Encycl. Quadragesimo anno, AAS 23 (1931) 190 ss; Ep. Encycl. Mit brennender Sorge, AAS 29 (1937) 145-167; Encycl. Divini redemptoris, AAS 29 (1937) 78 ss.; PIE XII, Encycl. Summi Pontificatus, AAS 31 (1939) 423ss; Radio-messages de Noël 1941-1944; JEAN XXIII,Encycl. Mater et Magistra, AAS 53 (1961) 401-4634; Lett. Encycl. Pacem in terris, AAS 55 (1963) 257-304; PAUL VI, Lett. encycl. Populorum Progressio, AAS 59 (1967) 205-299; Lett. apost. Octogesima adveniens, AAS 63 (1971) 401441.
Une fois de plus, où est passé le pape Saint Pie X ? On sait que la lettre sur le Sillon de 1910 était beaucoup plus qu'une condamnation mais établissait aussi les conditions religieuses et morales de l'action politique et sociale des catholiques...Apparamment, "Notre charge apostolique" ne figure plus dans les archives du Vatican. Trop gênante, sans doute... Le Vatican entre donc dignement dans l'année Saint Pie X. On se prépare donc à un silence assourdissant qui fêtera le saint pape, non seulement pourfendeur du modernisme, mais restaurateur de la liturgie, gardien des principes de liberté de l'Eglise (refus des cultuelles en France), réformateur de la communion eucharistique, modèle de prêtrise et de sainteté.
Aux catholiques de prendre la relève des Eminences à la mémoire courte ou au Magistère "sélectif"...
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